Télécharger
l’édition n°765
au format PDF
Région Lausanne Région Lavaux Région Riviera Région Chablais Région Oron
Dernière minute
La semaine prochaine
Bonus du net

Castagne pour un sms à vélo

Lutry Interpellé pour avoir écrit un sms sur son vélo dans la Grand-rue à Lutry, un citoyen se fait pousser et blesser par la police. D'origine asiatique, il soupçonne un délit de faciès allié à un abus de pouvoir.

Tombé de son vélo lors de l'altercation, le cycliste s'est blessé à plusieurs endroits. DR

Nina Brissot

Est-ce que l'Apol (Associaliton Police Lavaux) regarde trop les séries américaines ou y a-t-il dans les rangs de la police de Lutry et quelques autres communes «des zélés prêts à tout pour prouver leur pouvoir»? C'est la question que se pose un habitant de Paudex où il réside depuis 22 ans, honorablement connu depuis 38 ans en Suisse mais... d'origine asiatique. Sa mésaventure, qu'il conte calmement, énerve aussi quelques habitants des environs, également enclins à penser que certains agents de l'Apol ont une tendance marquée à se prendre pour Rambo et qu'ils ne sont pas assez cadrés. Ecoutons la «victime» narrer son histoire: «Vendredi 17 juillet entre 17h30 et 18h, je rentrais d'une balade à vélo en passant par le Bourg. Je me trouvais à la Grand-Rue, sur les pavés à allure zéro, lorsque j'ai entendu qu'un sms entrait. J'ai sorti mon téléphone, encore sur mon vélo, pour le lire et j'ai vu que des amis m'attendaient pour diner en me demandant mon horaire. J'ai donc mis les 2 pieds à terre et commencé à répondre. C'est alors qu'un agent est intervenu en me disant, je peux vous amender, montrez-moi vos papiers. Je lui ai répondu que je terminais mon sms et serai à lui. Ce qui l'a passablement énervé. Vous obtempérez ou je vous emmène au poste a-t-il commencé à crier. Bien, allons au poste, c'est à 150 m. L'agent, également à vélo, m'intime alors de marcher devant lui, nous partons un bout puis je lui dis: Vous êtes à vélo, moi aussi, montons nos montures et retrouvons-nous au poste. Pas question, vous allez me suivre. S'ensuivent alors quelques noms d'oiseaux de part et d'autre et je monte sur mon vélo. Il me saute dessus, me pousse, je tombe au bord de la route cantonale, suis blessé au visage, aux mains et aux jambes, je commence à saigner de partout. Il m'entrave solidement, me menotte, appelle des collègues pour une «arrestation d'un récalcitrant».... Une voiture de police et un motard arrivent en renfort pour arrêter un vieux cycliste, menotté et saignant de partout. On m'emmène au poste. En cellule. On veut me faire souffler! Emotionné et blessé, je n'arrive pas à souffler les 10 secondes demandées. Finalement à la 3e reprise, je tiens assez longtemps pour qu'ils puissent constater que je n'ai rien bu. Je demande un verre d'eau et la possibilité de laver mes blessures, je suis encore menotté comme un criminel. Cela m'est refusé sous prétexte de procédure. Je demande à téléphoner, égal refus. Puis, à bout d'arguments, on me libère et on me rend mes affaires personnelles. Je dois insister lourdement pour obtenir le nom imprononçable de l'agent qui m'a arrêté. On refuse de me donner son prénom. Je considère ce fait comme un abus de pouvoir et, avec constat de mes blessures par un médecin et déposition de témoins, je vais déposer plainte pénale contre ce jeune sergent qui dessert la cause de la police de proximité».

Le point de vue policier

Contacté, le Commandant de police Eugène Chollet déclare: «Dans ce genre de situation, la version des faits diverge souvent. Je confirme qu'un policier cycliste a conduit une action de prévention auprès d'un cycliste sur la territorialité de Lutry. Après avoir quitté les lieux, l'agent est retourné auprès du citoyen à la suite d'un comportement qualifié par notre collaborateur de non approprié. Cette action a nécessité la conduite dans les bureaux de police du cycliste pour identification. Durant cette action, la personne interpellée s'est causé quelques ecchymoses en mettant pied à terre de son deux-roues. Elle a été laissée aller au terme des contrôles d'usage».

Le Commandant de police «conduira des vérifications complémentaires auprès de son collaborateur qui est en congé et invitera le citoyen à échanger de la situation rencontrée, notamment de la dénonciation découlant de la seconde intervention». Le commandant Chollet ajoute: «Bien évidemment que chaque citoyen a la liberté d'ouvrir une action en justice s'il estime avoir été lésé, y compris par les forces de l'ordre».

En conclusion

S'agit-il d'une action de prévention mal perçue? En plus, le cycliste interpellé voulait se rendre à l'ancienne adresse de la Police au château, d'où une confusion qui a mal tourné et nécessité l'intervention des deux autres agents. L'homme interpellé s'est énervé et les choses ont dégénéré. Une enquête est ouverte.

Date:22.07.2015
Parution: 765

En images

Documents

Vidéo
Documents audio

Dans ce même dossier