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l’édition n°773
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Le Régional accusé de censure

Editorial Nos récentes révélations sur l'Association Police Lavaux (APOL) prennent une tournure qui nous oblige à cette mise au point: Le Régional a proposé à deux reprises une longue interview aux dirigeants d'APOL, proposition refusée par ces derniers.

Policiers et journalistes sont des métiers nécessaires au bon fonctionnement de notre démocratie. Et quand l'un n'a plus confiance en l'autre, c'est le signe d'un dysfonctionnement. Depuis plusieurs années, Le Régional, notamment sous la plume de Nina Brissot, journaliste chevronnée (et co-fondatrice du Régional), s'est fait l'écho des actualités de l'APOL, au même titre que nous suivons la vie des communes et de leurs autorités. Des articles toujours informatifs, mettant souvent en avant les compétences d'APOL (Association de Police de Lavaux), seule police accréditée du Canton, basée à Lutry et qui regroupe six communes, Lutry, Bourg-en-Lavaux, Puidoux, Chexbres, Rivaz et St-Saphorin, pour un bassin de 20'500 habitants.

Suite à l'arrestation médiatisée par Le Régional (lire l'article), Lausanne Cités et 20 minutes, d'un cycliste de 65 ans, qui se serait fait maltraiter au Poste de Lutry, des réactions et des témoignages, nombreux et crédibles, sont parvenus à la rédaction du journal. Le Régional a alors publié le 20 août un article critique sur l'APOL, première synthèse des informations récoltées (lire l'article).

L'APOL a réagi la semaine suivante, en demandant au Régional de diffuser une annonce payante d'une pleine page, réalisée par leurs soins, qui dément certains points de l'article et qui critique nommément Nina Brissot. Nous avons été très surpris par cette annonce, qui tombait avant même de demander un droit de réponse (gratuit) ou un article en retour. Le Régional a refusé cette annonce, qui de plus laissait croire visuellement qu'il s'agissait de l'un de nos articles, ce qui contrevient aux directives du Conseil suisse de la presse.

En revanche, nous avons immédiatement proposé à l'APOL de pouvoir s'exprimer sur une double-page - soit deux fois la place utilisée dans notre premier article - sous forme d'interview, avec un autre journaliste de la rédaction. Ceci a été accepté, une date a été fixée, un photographe a été mandaté par la rédaction. Le titre de l'article, le chapeau et les encadrés ont même été envoyés à l'APOL. Nous avions aussi assuré APOL qu'elle pourrait relire et amender l'interview avant sa publication si souhait. Arrivé sur place, notre photographe a été renvoyé, et il a été posé à notre journaliste, en préambule à cette interview, pas moins de sept conditions à celle-ci, qu'il n'a pas eu le droit d'enregistrer. Parmi ces exigences, nous devions nous engager à ne plus publier une ligne sur cette affaire de l'APOL après l'interview en question.

Ceci n'est tout simplement pas acceptable. Il en va de notre liberté d'expression. Notre journaliste est donc reparti sans avoir réalisé l'interview, mais fort d'une belle leçon de morale de la part d'APOL et de son communicateur.

En réponse, Le Régional a réitéré par courriel sa proposition d'interview, mais en refusant cette condition. Sans succès non plus. Nous avons dès lors publié un rectificatif sur les éléments factuels effectivement erronés dans l'enquête, à savoir la fermeture de la route pour le slow up et les compétences en matière de contraventions à la taxe au sac.

APOL a alors choisi d'imprimer son annonce sous forme de prospectus, à 12'000 exemplaires, de le diffuser dans les journaux communaux de Bourg-en-Lavaux et de Lutry et de l'envoyer par courrier à toutes les municipalités des communes que couvre Le Régional, en indiquant que cette annonce avait été refusée par la rédaction. Le Matin Dimanche de cette semaine s'est fait l'écho de cette «bisbille» (télécharger l'article ci dessous).

Ce sont des méthodes fortes et totalement inhabituelles destinées à montrer qui est le chef. Corroborant ainsi ce que nous avons publié, et corroborant ainsi les témoignages reçus.

Nous déplorons que cette option ait été choisie, nous déplorons également que l'APOL n'ait pas souhaité répondre sur le fond, via une interview, permettant à nos 100'000 lecteurs de se faire leur propre idée de la situation. Ceux-ci réagissent en tous les cas, le nombre de courriers reçus le prouve. Nous en publions certains (à lire ci dessous).

Dans notre serein Lavaux, la douceur de vivre va reprendre le dessus et les discussions se tariront. Beaucoup de bruit pour rien? Pas sûr, car nous sommes certains que les Municipalités des différentes communes chercheront à s'informer sur le fond plutôt que de se laisser distraire par la forme. Et comme on ne musèle pas la presse, Le Régional continuera d'écrire sur APOL, si l'actualité le nécessite.

Date:30.09.2015
Parution: 773

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