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Transports publics: L'hôpital Riviera Chablais va tout changer

Transports La construction de l'Hôpital Riviera-Chablais à Rennaz entraîne un vaste développement de la mobilité dans toute la région: une réflexion globale a été menée par le canton de Vaud pour garantir sa desserte, mais aussi améliorer les déplacements des habitants. Les lignes de transports publics - bus, trolleybus et trains - seront modifiées et multipliées de manière à garantir l'accessibilité du site, qui devrait ouvrir à fin 2018-début 2019. À l'horizon 2020, l'offre sera doublée en gare d'Aigle. Celles de Bex, Villeneuve et Saint-Maurice bénéficieront aussi de ces changements. Toutefois, l'inquiétude est encore de mise pour certaines communes du Chablais valaisan. A l'image de Port-Valais ou Saint-Gingolph, situées loin de la ligne ferroviaire du Simplon, qui gagneront une liaison vers l'hôpital, mais peut-être au détriment de la ligne de bus directe Evouettes-Monthey. Décryptage.

Transports publics: L'hôpital Riviera Chablais va tout changer

Texte et photos: Valérie Passello

«Entre 2010 et 2020, plus de 300 mios, issus de fonds publics, auront été investis pour la mobilité dans la région, si l'on tient compte des trains, des bus et des routes. L'arrivée du futur Hôpital Riviera-Chablais (HRC) à Rennaz est l'opportunité de développer une vision globale afin de renforcer la mobilité de manière durable: il va y avoir un saut d'offres quantitatif et qualitatif important». Le 5 novembre, la Conseillère d'Etat vaudoise Nuria Gorrite, cheffe du Département des infrastructures et des ressources humaines, saluait les efforts consentis par tous les acteurs concernés - autorités locales, associations, hôpital, services cantonaux, entreprises de transports - pour aboutir à une démarche commune de développement des transports publics en lien avec le futur hôpital, dont l'ouverture est prévue à la fin 2018-début 2019.

Un plan de mobilité a été élaboré, touchant principalement la Riviera et le Chablais vaudois, mais qui aura aussi une incidence sur le Chablais valaisan. Les lignes régionales seront financées par les cantons concernés et la Confédération, selon une répartition différente: en Valais, deux tiers des prestations seront couvertes par la Confédération et un tiers par le canton, alors que Vaud participera pour moitié. Si Nuria Gorrite articule des chiffres en matière de futurs investissements dans les transports sur l'Est vaudois, le directeur de la section transports du Service valaisan des Routes, Transports et Cours d'eau, Stefan Burgener est plus prudent: «Nous ne sommes pas allés dans le détail du financement, car tout n'est pas défini quant aux lignes et cadences à mettre en place. Nous avons collaboré avec Vaud pour les lignes communes aux deux cantons, mais en ce qui concerne les prestations qui ne touchent que le Valais, nous n'en avons pas encore discuté avec la Confédération».

Trains prolongés et bus renforcés

Avec l'HRC, on estime à quelque 3'500 les départs et arrivées quotidiens. «Notre objectif est d'amener 30% des utilisateurs du futur établissement hospitalier - personnel, patients et visiteurs - à fréquenter les transports en commun, soit environ 640 personnes par jour», relève Gael Vietti-Violi, chef de projet planification à la Direction générale de la mobilité et des routes (DGMR) du canton de Vaud. Pour ce faire, les lignes de bus régionales seront réorganisées. Le tracé du trolleybus VMCV 201, en provenance de Vevey, sera prolongé jusqu'à Rennaz. Sept nouveaux arrêts seront aménagés, dont un terminus en gare de Villeneuve. La ligne de bus actuelle TPC (Transports publics du Chablais) Aigle-Villeneuve sera maintenue, mais sa cadence améliorée, jusqu'à la demi-heure aux heures de pointe. En outre, trois nouvelles lignes de bus régionales seront créées: Villeneuve-Vouvry-Vionnaz-Monthey (cadence horaire), St-Gingolph-Rennaz-Villeneuve (aux heures de pointe) et Aigle-Monthey-Bex. En raison d'un coût trop élevé pour une efficacité similaire à celle d'une desserte en bus, l'option d'un transport hectométrique, sorte de tram léger entièrement automatisé, reliant la gare de Villeneuve à l'hôpital, a été abandonnée. Enfin, un fort développement de l'offre ferroviaire est annoncé. Depuis le nouvel horaire du 13 décembre, la desserte de Bex et Villeneuve est renforcée aux heures de pointe. Fin 2018, le RegioExpress en provenance de Genève, qui s'arrête aujourd'hui à Vevey, sera prolongé jusqu'à Saint-Maurice. Et à l'horizon 2020, le RER Vaud arrivera à Aigle, doublant l'offre de la gare du chef-lieu, avec des trains tous les quarts d'heure.

Ça coince au bout du lac

Si la desserte du futur hôpital en transports publics semble en bonne voie, tout n'est pas encore résolu. Les communes de Port-Valais et de St-Gingolph sont perplexes face aux solutions proposées et se sont associées pour négocier avec le canton du Valais: «C'est la gabegie, car les personnes qui s'en occupent ne connaissent pas notre région. Nous sommes satisfaits par le projet de ligne de bus St-Gingolph-Rennaz, qui nous permettra d'avoir une liaison avec le canton de Vaud, ce qui nous manque actuellement, à part par le lac. Par contre, il est prévu de supprimer le bus direct pour Monthey depuis les Evouettes: c'est un retour en arrière d'un bon siècle. Ce point doit être discuté et nous comptons bien nous faire entendre», lance le président de Port-Valais Pierre Zoppelletto. Le problème: le bus devrait passer par Villeneuve avant de rejoindre Monthey. Les voyageurs souhaitant se rendre directement à Monthey devraient dès lors prendre le train sur la ligne du Tonkin, mais les cadences sont insuffisantes pour les pendulaires. Depuis les Evouettes, le premier train du matin en direction de Sion part à 6h59, le suivant une heure plus tard. «La situation peut être améliorée, par exemple en créant une station aux Evouettes, où les gens pourraient changer de bus pour se rendre à Monthey. Ou alors en augmentant les cadences du train, notamment aux heures de pointe», considère Pierre Zoppelletto. Pour traiter de ce sujet avec le canton, une séance de négociation est prévue au début de l'année prochaine. Mais Stefan Burgener tient à clarifier les choses: «Nous avons présenté à ces communes le résultat d'une étude: aucune décision n'a été prise, nous pouvons encore en discuter avec elles. Il y a parfois d'énormes différences entre la théorie et la pratique, alors il ne faut pas paniquer. Par contre, une double desserte train-bus cadencée à la demi-heure est exclue, en raison des normes fixées par la Confédération: il n'y a actuellement pas la demande suffisante». Toutefois, d'ici à l'ouverture de l'HRC, des changements vont encore intervenir, indique le délégué valaisan à la mobilité Pascal Bovey: «En 2019, le train depuis St-Gingolph devrait être cadencé à la demi-heure, au moins aux heures de pointe, notamment pour des raisons scolaires. Même si nous n'arriverons pas à contenter tout le monde avec des cadences au quart d'heure en direction du futur hôpital, nous tâchons de trouver les solutions les plus adéquates en développant des prestations que nous pouvons nous payer».

Date:17.12.2015
Parution: 784

Bex prise au sérieux

En raison de travaux effectués en gare de Lausanne dans le cadre du projet «Léman 2030», les CFF doivent supprimer l'arrêt de huit trains InterRegio en 2016 à Bex. Modification qui devrait s'étaler sur environ 3 ans. Mais le canton de Vaud et les CFF engageront 950'000 frs par an afin de ne pas léser les usagers bellerins, notamment les étudiants se rendant à Burier ou Saint-Maurice. Depuis le 13 décembre, des navettes ferroviaires circulent pour desservir Aigle, Bex et Saint-Maurice, assurant une cadence horaire et même à la demi-heure aux heures de pointe. 3 ou 4 ans gagnésLes Transports Publics du Chablais (TPC) prévoient en 2019-2020 des travaux de réaménagement de la halte du train Bex-Villars-Bretaye. Les autorités bellerines se sont battues pour obtenir que les CFF coordonnent leurs travaux de mise en conformité de la gare (rehaussement des quais, rampe d'accès pour handicapés, etc...) avec ceux des TPC. Le principe semble aujourd'hui acquis, selon le syndic de Bex Pierre Rochat: «Nous avons gagné trois ou quatre ans, car le délai de mise en conformité pour les CFF était fixé en 2023». À ce jour toutefois, les détails des aménagements ne sont pas encore définis, mais selon nos sources, la gare de Bex pourrait bien prendre celle d'Aigle pour modèle. En outre, les rumeurs qui annonçaient une fermeture de la gare peuvent définitivement se taire, si l'on en croit Nuria Gorrite: «Une cadence à la demi-heure devrait se mettre en place à Bex d'ici à 2025».

Mobilis jusqu'à Saint-Maurice

En décembre 2016, la CTV (communauté tarifaire vaudoise) étendra le réseau Mobilis à l'Est vaudois, incluant la commune valaisanne de Saint-Maurice, qui a accepté de jouer le jeu, puisque les usagers résidant à Lavey-Morcles (VD) doivent passer par Saint-Maurice pour prendre le train. Le syndic d'Aigle et conseiller national Frédéric Borloz s'est employé à fédérer les communes concernées afin d'étendre Mobilis aussi jusque dans les stations: toutes ont donné leur feu vert. À l'instar de tous les Vaudois, les Chablaisiens pourront dès lors emprunter les moyens de transport de n'importe quelle entreprise avec un unique ticket. Pour ce qui est du Chablais valaisan et notamment des zones couvertes par les Transports Publics du Chablais, par exemple la ligne Aigle-Ollon-Monthey-Champéry, des discussions sont actuellement en cours.

Rabais aux employés de l'hôpital

Bien que l'Hôpital Riviera-Chablais ne soit pas encore terminé, son directeur général Pascal Rubin compte mettre sur pied dès avril 2016 un plan de mobilité sur les six sites occupés actuellement par l'entité. Parmi les mesures prévues: un octroi équitable des autorisations de stationner, certains parkings étant saturés, à Monthey notamment, tant pour la clientèle que pour le personnel. De plus, «l'utilisation des transports publics sera encouragée auprès des collaborateurs par une indemnité de 15% sur les trajets pendulaires, ajoute le directeur, et nous subventionnerons jusqu'à 600 frs l'achat de vélos électriques». Le covoiturage sera également promu auprès du personnel.

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