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«En cas d’erreur, on ne nous rate pas»

Oron Syndic, Philippe Modoux l’était déjà pour l’ancienne commune d’Oron-la-Ville. Après la fusion, il a logiquement été réélu à ce poste qui le place parfois en cible des mécontentements. Mais cela n’enlève rien à sa passion de la politique.

Philippe Modoux: «Il faut relativiser, sinon on ne fait pas long».

Pourquoi vous êtes-vous engagé en politique?

> Houla! C’est vieux! C’est un peu l’aléa de la vie. J’avais rejoint la fanfare et les pompiers et j’ai ensuite pris part au Conseil communal en 1986. C’était presque normal. Pour l’exécutif, ce fut un peu différent. Je m’en étais relativement bien sorti au premier tour des votes pour le législatif en 1989, tandis que seules trois personnes sur les 5 avaient été élues pour la Municipalité d’Oron-la-Ville. L’idée était de proposer un réel choix pour le second tour et on est venu me chercher. Je me souviens que je partais pour le comptoir de Bulle et au moment de prendre de l’essence, j’ai été embarqué dans un carnotzet pour discuter. A 16 heures, j’avais signé et j’ai ensuite été élu. Je suis donc arrivé en politique quelque peu par hasard, mais je me suis vite passionné. Après douze ans, je suis devenu syndic. 


Syndic est une position exposée où l’on prend souvent des coups, vous aimez ça?

> Nous sommes évidemment la personne ciblée. En cas d’erreur, on ne nous rate pas. Et même si ce n’est pas directement notre faute, nous représentons la commune et la Municipalité. Il y a peut-être moins de respect qu’il y a quarante ans en arrière, mais c’est la situation qui évolue. Elle le fait plutôt dans le bon sens car les gens s’expriment plus aisément. En soutenant un gros dossier, on prend des coups mais on gagne aussi l’appui de la population. Il ne faut pas tout prendre au premier degré. Il y a eu récemment trente tags en une nuit, dont un qui survenait après le vote sur la vidéosurveillance disant «nique le syndic». Cela ne va pas m’empêcher de dormir. Il faut relativiser, sinon on ne fait pas long.


Que devez-vous sacrifier au plan privé pour assumer votre fonction?

> La famille souffre toujours un peu dans ces choses-là. J’ai toujours mon téléphone avec moi, et même en week-end je reçois des appels. Sans compter les manifestations où j’estime que le syndic doit être présent. Il faut savoir jongler, mais les fêtes de famille ne tombent jamais au bon moment. J’ai de la chance d’être indépendant et les vacances ne sont pas trop ma tasse de thé. 


Un syndic doit souvent avoir le dernier mot. Quelles sont les limites de la démocratie selon vous?

> Il ne s’agit pas forcément d’avoir le dernier mot. Si au moment d’échanger le ton se durcit, je m’affirme par rapport au collègue, le rôle est davantage celui de porte-parole, sans être une dictature. Celui qui veut envoyer «bouler» le syndic le fera! Cela reste très démocratique. Au sein même de la Municipalité, les décisions se prennent souvent à l’unanimité. Sinon je suis la tendance. Il s’agit de réfléchir à la bonne gestion d’une commune. Si j’impose à tout prix mon idée, je perds la confiance de mes collègues. Mais jusqu’à présent, nous avons peut-être eu recours seulement dix fois au vote. Une fois fait, on y va, on avance. 


Le pouvoir, selon vous, une drogue dure? Une illusion?

> Plutôt une drogue dure, mais par passion des choses entreprises. On se lance dans des projets et on veut les mener à bien. Dans mon cas, il y a aussi eu toute la mise en place de la nouvelle commune. Je ne sais pas si je siègerais encore s’il s’agissait toujours d’Oron-la-Ville. 


Entre vos idéaux et la réalité de la fonction, avez-vous déchanté?

> J’ai toujours rêvé de pouvoir mettre sur pied une salle de spectacle, et ce n’est toujours pas le cas. Pour le reste, c’est cyclique. Il y a des périodes d’investissements et d’autres où il faut amortir. C’est forcément plus intéressant d’être dans une phase de construction, plutôt que celle où il faut désendetter. Mais à un moment il faut payer. 


Si vous n’étiez pas ou plus syndic, qu’aimeriez-vous être?

> Il y aura la retraite après la syndicature! (rires) J’ai aussi mon entreprise et je pourrai peut-être finir par récupérer les vacances que je n’avais jamais prises. Mon vœu serait de pouvoir passer une saison dans un chalet d’alpage. Mais je crains qu’il reste pieu. 

 

Date:13.07.2016
Parution: 813

Ses valeurs

Votre devise

Bien faire et laisser dire. Rester
à l’écoute des gens, même si dura lex, sed lex. 


Une réussite (personnelle ou politique)

J’en compte trois, d’avoir été président et fondateur de la Jeunesse d’Orsonnens, d’avoir pris part à la mise en place du centre de renfort d’Oron et d’avoir été son commandant, ainsi que la fusion. En outre, il s’agit de trois choses qui fonctionnent encore bien aujourd’hui. 


Un échec

La salle de spectacle, mais qui dépend surtout des priorités de la commune. 


Un lieu pour vous ressourcer

Fumer le cigare dans la forêt ou au bord de la Broye. J’aime les gens, mais c’est agréable d’être parfois un peu tranquille, dans la nature.

Entre casquettes multiples et tronche de cake

Né le 24 mai 1960 à Orsonnens (FR), Philippe Modoux a finalement opté pour le canton de Vaud au moment de sa recherche d’apprentissage. Il a trouvé une place à Oron-la-Ville, et n’est jamais reparti. Au moment de finaliser sa maîtrise fédérale de ramoneur, son patron décède. Il met les bouchées doubles afin de réussir, et reprend l’affaire le 3 août 1976. Il rejoint la fanfare et les pompiers, et se marie à 36 ans. A 16 ans, il avait déjà pris part à la fanfare en tant que baryton. Sa fille, âgée de 20 ans, fait aussi partie du monde de la musique. «Je la vois davantage aux répétitions qu’à la maison», rigole-t-il. Philippe Modoux a toujours cumulé les casquettes (syndic, musicien, député, pompier, etc.). Il a été commandant major des pompiers jusqu’en 2000. Philippe Modoux se décrit comme quelqu’un «d’assez têtu, ma femme dirait plutôt une tronche de cake!», assène-t-il en rigolant. Il aime la discussion et l’échange. «Je suis, du coup, toujours en retard! Avec moi, le quart d’heure vaudois est une réalité.»

 

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