Télécharger
l’édition n°814
au format PDF
Région Lausanne Région Lavaux Région Riviera Région Chablais Région Oron
Dernière minute
La semaine prochaine
Bonus du net

La complainte des architectes

Oron La Municipalité a choisi de mandater une entreprise générale pour l'agrandissement du collège, évitant l'étape du concours d'architecture. Motif: un gain de temps et d'argent pour ce projet devisé à 35 millions. Bien que la loi n'impose pas une telle procédure, cette décision ne plait pas à la Société des ingénieurs et architectes. Explications.

«Un concours d'architecture aurait pris facilement deux ans et l'option sans un tel concours est un peu meilleur marché», explique Philippe Modoux au sujet du 3e agrandissement de ce collège.

Texte et photo: Valérie Blom

Le collège d'Oron-la-Ville doit être agrandi. Mais pour y parvenir, il existe plusieurs stratégies. Ici, les autorités ont opté pour une variante sans concours d'architecture, en mandatant directement une entreprise pour le travail. Une option qui déplait fortement à la Société des ingénieurs et architectes (SIA) Vaud, qui s'est exprimée dans le courrier des lecteurs du quotidien 24 Heures. «Elles avaient à l'origine opté pour un concours d'architecture, qui permet de choisir le meilleur projet», argumente Enrique Zurita, vice-président de la SIA.

Ce dernier critique notamment le manque de transparence. «Une entreprise générale va forcément chercher à faire du bénéfice, aux dépens de la qualité. Le diable se trouve dans les détails.» Le risque étant qu'elle opte pour du matériel ne garantissant par forcément une durabilité optimale. Cette variante ne permettant pas à ses membres de participer à l'élaboration du projet d'agrandissement, la SIA ne prêche-t-elle pas pour sa propre église? «Evidemment nous défendons la culture du mandat. Avec cette variante, l'architecture passe au second plan.»

Choix mûrement réfléchi

Syndic d'Oron, Philippe Modoux n'envisage pas la situation de cette manière. «Si nous avons pris cette décision, c'est que nous avons pesé les pour et les contre!» Tout n'est pas parfait en optant pour les concours d'architecture. «Nous avons connu des architectes qui imposaient leurs choix, ou des défauts demeuraient malgré nos remarques», ajoute-t-il.

La commune pourrait également faire appel à une entreprise totale, qui comprend architectes et ingénieurs. Au contraire d'une entreprise générale, où ces derniers sont indépendants. Au plan légal, «nous sommes soumis à la loi sur les marchés publics, une fois au début, mais pas besoin de faire signer chaque contrat, avec à chaque fois des possibilités de recours», complète celui qui est aussi député au Grand Conseil.

Pas de rush, pour le moment

Philippe Modoux comprend toutefois les réticences de la SIA. «Elle préfère les concours car c'est plus intéressant pour elle. Mais dans notre cas, avec une petite parcelle, et des besoins précis, il est plus simple de mandater une entreprise.»

Le projet, estimé entre 30 et 35 millions de frs, pourrait être mis à l'enquête à la fin de l'année déjà. «Un concours d'architecture aurait pris facilement deux ans et l'option sans un tel concours est un peu meilleur marché.» Même si Oron n'est pas encore pressée par le temps. «Mais il suffirait que le plan de quartier de la gare de Palézieux – concernant une augmentation par étapes de près de 2'000 habitants – avance pour que nous devions nous exciter un peu plus.»

Date:21.07.2016
Parution: 814

Dans ce dossier

Documents

En images

Vidéo
Documents audio