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Fronde anti-densification balayée

Epalinges La Municipalité juge irrecevables les arguments des pétitionnaires dénonçant une augmentation abusive des zones à bâtir dans la commune. Les deux plans de quartier concernés - plus de 250 nouveaux logements prévus - ne sont pas remis en question.

Xavier Crépon

Le débat est animé en cette fin d'année 2016. Depuis septembre, le dépôt de deux pétitions contre la densification du territoire fait beaucoup parler au sein du législatif palinzard qui doit prendre en compte la grogne d'une partie de la population. Avec ces armes démocratiques, les signataires montent au créneau pour contester les plans de quartier de «La Possession/Bois-de-Ban» – 20 habitations collectives pour une centaine d'appartements – et du «Closalet» – 165 logements pour 365 nouveaux habitants. La Municipalité s'est vu officiellement remettre au Conseil communal du 13 décembre la première de ces pétitions.

Non à une banlieue urbaine

«Trop, c'est trop». Voici le cri alarmant d'un groupe de citoyens concernés par les enjeux urbanistiques de leur ville. Les signataires, plus de 800, dénoncent une augmentation abusive des zones à bâtir sur leur commune qui serait quatre fois supérieure aux normes. Leur demande est simple: ne légaliser sous aucun prétexte de nouvelles zones à bâtir.

Certains élus, eux aussi signataires, sont même allés jusqu'à refuser de se prononcer sur un quelconque plan de quartier tant qu'une réponse ne serait pas donnée par la Municipalité. Cette dernière est accusée de vouloir aller trop vite, sans prendre le temps de considérer l'avis des élus. «Il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs, lance par exemple le PLR Félix Schmidt. Le Conseil communal a un rôle important à jouer concernant l'avenir de notre commune. Nous devons d'abord traiter de l'adaptation du Plan Général d'Affectation et arrêter de saucissonner les plans de quartiers». Face aux accusations, le syndic Maurice Mischler (Les Verts) ne se démonte pas et légitime l'action des opposants. «Il n'est pas étonnant qu'il y ait des pétitions. Les habitants ont le droit de se faire entendre. Cela permet d'élargir le débat sur toute la population d'Epalinges. Ce n'est pas un problème et ça nous donne également l'occasion de nous justifier».

Un coup dans l'eau

Belle joueuse et soucieuse de faire avancer ses dossiers, la Municipalité a répondu récemment aux arguments des pétitionnaires par un communiqué. Elle y rappelle qu'aucune légalisation de nouvelles zones à bâtir n'est programmée sur le territoire palinzard. «Les plans de quartiers contestés ne sont pas nouveaux, rappelle Maurice Mischler. Celui du Closalet par exemple a commencé en 2008». Les deux projets de développements de la commune sont donc déjà légalisés et ne peuvent être considérés comme «nouvelles zones». L'argument de la zone à bâtir quatre fois supérieure aux normes est également considéré comme irrecevable. Selon la Municipalité, cette estimation ne concerne pas la totalité du territoire de la commune d'Epalinges mais uniquement la partie du territoire «hors périmètre compact du Projet d'Affectation Lausanne-Morges». L'information est donc erronée et la requête des opposants ne peut pas s'appuyer dessus, estime l'exécutif.

L'exécutif entend la leçon

Forts de cette réponse, les conseillers communaux acceptent de se prononcer sur les plans de quartiers. Celui de «La Possession/Bois-de-Ban» a d'ores et déjà été approuvé en novembre, celui du «Closalet» sera quant à lui normalement soumis au vote en avril prochain. Une date assez éloignée que le syndic tient à justifier: «Nous avons été accusés de vouloir aller trop vite. Nous n'avons pas envie de précipiter les choses. Cela pourrait amener à un vote de mécontentement de la part du Conseil communal ce qui serait dommage». Signe que la Municipalité a pris note des reproches qui lui ont été faits et qu'elle ne devrait plus être accusée de vouloir mettre la charrue avant les bœufs.

Date:22.12.2016
Parution: 834

Les promoteurs ne doivent pas s'en mêler

Face aux pétitions lancées par une partie de la population d'Epalinges, les promoteurs immobiliers ont décidé de réagir. Par le biais de leurs avocats, ils ont demandé la récusation de certains membres du Conseil communal, une grande première dans la vie politique de la commune. L'argument avancé est celui de l'objectivité. Certains élus sont accusés d'avoir des intérêts personnels qui vont à l'encontre des plans de quartiers. Après moult débats, Anton Epp, un des élus signataires, se voyait récusé de vote en novembre, lors de l'adoption du préavis sur le plan de quartier «La Possession/Bois-de-Ban» (lire Le Régional 830). Rebelote au Conseil communal du 13 décembre, où les élus devaient se prononcer à nouveau sur la récusation de deux politiciens PLR, membres de la Commission d'urbanisme. Mais cette fois-ci, la donne a changé, et la majorité des élus s'insurgent face à cette menace. A commencer par les intéressés, dont Félix Schmidt, qui se défend vigoureusement: «Je trouve malsain que des promoteurs immobiliers tentent d'interférer dans les procédés démocratiques. Ils devraient porter le cas devant le tribunal et non déranger à chaque fois de la sorte le Conseil communal. Ma position n'est pas de l'ordre de l'intérêt personnel. Je défends les intérêts publics de la commune d'Epalinges». Il est alors défendu par les autres élus qui jugent qu'il n'y a aucune matière à récusation, car les membres de la commission ne donnent que leur avis et ne délivrent pas une décision imposée. Fabien Loi Zelda, élu PLR participe à la lévée de boucliers. «Il y a un signal fort à donner ce soir, un signal politique. Je vous encourage à vous opposer à cette intimidation d'un privé qui n'aurait jamais dû arriver jusqu'ici». Au final, le vote est sans appel: par 53 refus, 8 acceptations, 7 abstentions, les élus ne sont pas récusés.

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