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Le droit d'eau n'existe pas

Bourg-en-Lavaux Reportée dans nos colonnes le 25 janvier, l'explication municipale liée à une suppression du droit d'eau, qui offrait la gratuité à partir d'un certain volume pour les propriétaires, a fait bondir pas mal de monde. Incriminées, les autorités refusent de s'exprimer. Explications.

«On invente des taxes pour faire rentrer l'argent et le citoyen trinque», accuse Daniel Porta, ancien syndic de Villette.Z. Decker

Propos recueillis par Nina Brissot

Lors du Conseil du 9 décembre, le syndic de Bourg-en-Lavaux, Jean-Pierre Haenni, annonçait, au nom de l'égalité de traitement, la suppression du droit d'eau de certains propriétaires sur les anciennes communes de Villette et Epesses. Une décision qui doit générer un revenu de 60'000 frs par an pour la commune. Or, les intéressés ne semblent pas connaître ce «droit d'eau» qui ne figure dans aucun document officiel. Intrigués, certains ont fait des recherches restées infructueuses. D'autres ont pris un avocat pour tenter de comprendre le message subliminal se cachant derrière le jargon municipal. Certains ont interpellé Le Régional pour une explication de texte. Enfin, d'autres, dans l'incompréhension, s'en sont pris à l'ancien syndic de Villette qui s'est vu accusé d'avoir donné des droits à certains habitants. Pour en avoir le cœur net, nous avons appelé ce dernier, Daniel Porta, qui fut syndic de Villette, avant la fusion, durant 26 ans.

Pouvez-vous nous expliquer ce que sont ces droits d'eau dont bénéficient certains propriétaires des anciennes communes de Villette et Epesses? A qui les aviez-vous donnés et pourquoi?

> Oui, cette missive laisserait entendre que des droits d'eau ont été octroyés à certains propriétaires et j'en suis profondément heurté . Ce droit d'eau n'existe pas et n'a jamais existé. La Municipalité de Villette n'a jamais donné de droit d'eau à ses citoyens. Au contraire, le droit forfaitaire de 50 m3 par an et par appartement pour 110 frs était plus cher que le prix usuel. Je n'ai pas compris moi-même cette lettre.

Alors d'où vient cette perte sèche des finances communales de 60'000 frs l'an pendant 5 ans?

>Pour tenter de comprendre, j'ai contacté Jean-Christophe Schwaab, municipal en charge de l'eau. Après études comparatives, il a fallu admettre que la facture d'eau a été mal transposée et surtout mal contrôlée tout ce temps. Il y a là un gros problème de gestion de la part de son prédécesseur, municipal de la première législature de Bourg-en-Lavaux pour les eaux et des finances, lui-même utilisateur du réseau. Lors de la fusion, la boursière de l'époque n'a pris que la taxation du forfait des 50 m3 par an, oubliant le surplus qui devait être facturé à 2 frs le m3. Par conséquent, la partie excédentaire du forfait n'a pas été facturée pendant tout ce temps. Il me semble qu'après une année, les autorités auraient pu s'en rendre compte. Mais, dans le même temps, la Municipalité a ajouté une taxe de base exorbitante pour l'eau potable qui double pratiquement le prix du m3, les factures sont restées élevées et personne n'a rien vu. Il s'agit bien d'une perte sèche de 60'000 frs par année à la charge des contribuables de Bourg-en-Lavaux.

Cette taxe ajoutée ne couvrait pas la différence?

>Cette taxe est perçue sur tout le territoire et non seulement sur Villette et Epesses. On invente des taxes pour faire rentrer l'argent et le citoyen trinque. Idem pour l'épuration où l'on a rajouté une taxe d'épuration qui a fait passer le prix du m3 à 2,10 frs contre par exemple, 0,70 cts à Lutry.

Par ailleurs l'impôt foncier qui comprend aussi les vignes a augmenté de 50% passant à 1 fr pour 0/oo. Elle n'est que de 0,70 cts à Lutry, commune bien gérée. C'était certes une condition de la fusion, mais elle peut être discutée en tout temps. De fait, je veux dire que si l'on veut garder nos jeunes dans une commune où la majorité des habitants sont des propriétaires, des efforts sont à faire.

Vous voulez dire que Bourg-en-Lavaux est mal gérée?

>Regardez où nous en sommes. Au moment de la fusion, j'ai laissé la commune de Villette bien équipée, sans aucune dette et avec une salle, "Les Mariadoules", que tout le monde s'arrache. J'étais un promoteur de la fusion et si c'était à refaire, je revoterais pour. Il faut ensuite se donner les moyens d'aller au bout des choses. Il y a encore du travail pour terminer cette fusion. Trop d'objets immobiliers sont inutilisés et mal exploités, il y a d'autres solutions que de taxer en tous sens. Il est temps que la nouvelle équipe remette les choses en ordre.

Etes-vous nostalgique ou aigri de ne plus gouverner?

>Non pas du tout. Après 36 années de Municipalité j'ai fait mon temps et comme on est au début de la législature, je forme des vœux à la nouvelle Municipalité rajeunie ainsi qu'au Conseil communal de gérer au mieux nos anciennes communes que nous ont laissé nos aïeux.

Date:09.02.2017
Parution: 839

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