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L'armée s'adresse aux patrons

Pully Invité dans le cadre des rencontres de chefs d'entreprises, le commandant de corps Philippe Rebord, nouveau chef de l'armée suisse, s'est adressé aux patrons pour qu'ils comprennent l'importance de soutenir l'armée de milice même si cela engendre des absences au travail.

Pour l'instant, la Suisse est épargnée par le terrorisme djihadiste, mais rien ne permet de croire que ça va durer, a expliqué le cdt de corps Philippe Rebord, chef de l'armée.P. Steiner

Nina Brissot

Ancien président de la Fondation Henry Guisan et ancien pensionnaire de Champittet, le nouveau chef de l'armée Philippe Rebord a un côté pulliéran. C'est avec un plaisir non dissimulé qu'il a répondu présent le 7 mars à l'Octogone, à l'invitation de la Municipalité, pour parler de l'armée aux chefs d'entreprises. Et il ne s'est pas fait prier. Commençant par un portrait peu reluisant sur l'état des effectifs actuels et de leurs équipements, il a annoncé: «L'Armée est dans une situation telle qu'elle doit être réalignée. Nous sommes obligés de réussir». Pour la petite histoire, c'est à cet instant que l'informatique n'a pas suivi et que du renfort a été appelé. Ce qui a permis de rouvrir le diapositif sur une phrase de Paul Valéry: «Le chef est celui qui a besoin des autres»! L'ambiance était créée.

L'armée a besoin d'hommes...

Pour illustrer la difficulté à recruter, le Cdt de Corps a pris une seule tranche d'âge de la population, celle de 20 ans. Une fois comptabilisés les étrangers, les femmes, et quelques jeunes en voie de naturalisation (34% des soldats suisses sont des naturalisés), il reste 40% de cette tranche d'âge qui peut être appelée. 10% seront inaptes au service. M. Rebord a relevé que ce pourcentage est toujours le même depuis 1875 et que seules les raisons changent. Aujourd'hui, les inaptes le sont à la suite d'accidents de sport. «Autrefois il y avait les crétins des Alpes comme on les appelaient mais il n'y en a plus. Il reste quelques idiots mais ils ne sont pas exemptés», a humorisé le commandant.

...et de matériel

Outre les hommes, l'armée a besoin de matériel qui actuellement représente un gros problème. S'il fallait soudainement réunir 15'000 hommes équipés, il nous faudrait 3 mois pour y parvenir. Il faut actuellement, et jusqu'en 2020, au moins 20% du budget militaire pour les équipements. Et c'est sans compter sur les besoins des forces aériennes. Les FA 18 étant programmés pour 5'000 heures de vol, il va falloir dépenser 450 millions pour les pousser à 6'000 heures avant l'achat d'autres avions d'ici à 2020. Passés ces stades, il restera à changer ou rééquiper les chars, les obusiers et autre matériel roulant. Tout cela a un coût. Il est déjà anticipé que l'actuel budget de 5 milliards ne sera plus suffisant dès 2025-2030.

Cyber-risques

La question est venue de la salle. Quels sont les risques d'une cyber-attaque pour l'Armée? La Suisse est prête et même à la pointe, selon le Cdt Rebord. Une task force existe qui peut être renforcée en tout temps. Les cerveaux sont là, les spécialistes aussi. Nous pourrions même, selon le conférencier, en lancer une, sauf que notre état de neutralité nous l'interdit. Actuellement l'armée n'a jamais subi de cyber-attaques. Même dans l'attaque de Ruagg qui a 219 points d'entrée avec l'Armée, rien n'a pu être forcé. D'ailleurs l'Armée quitte Swisscom et construit son propre réseau.

Le militaire a terminé sa présentation en s'adressant directement aux patrons présents. Nous avons besoin de vous les employeurs. Les conditions changent, nous offrons des capitalisations sur des comptes pour une formation continue pour ceux qui s'engagent. Libérez vos jeunes pour qu'ils soient de bons miliciens, nous en avons besoin.

Date:16.03.2017
Parution: 844

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