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Le vrac symbolise le retour à l'humain

Monthey/Vevey Châtel-St-Denis Plusieurs enseignes proposant de la marchandise en vrac ont ouvert leurs portes ces derniers mois entre le Chablais et la Riviera. Un succès qui pourrait bien perdurer, grâce à une prise de conscience générale et un retour à l'échange au moment de faire ses courses.

Il est nécessaire de stocker les marchandises livrées en gros dans un endroit sec, avant de les proposer à la vente. DR

Valérie Blom

Marre du plastique destructeur et mortel pour la planète? Il existe une solution: le vrac. Le concept s'impose petit à petit en Suisse romande, avec une floraison de magasins, jusqu'à Châtel-St-Denis et Monthey. L'enseigne «chez Mamie» existe par exemple de Lausanne à Zurich, en passant par Bienne et Payerne. «Nous avons découvert qu'il s'agissait d'une franchise, et nous nous sommes lancés», raconte Daniel Jeanneret, cogérant avec sa femme de la boutique montheysanne, ouverte le 4 février dernier.

Les premiers retours sont excellents. «Les gens sont au rendez-vous, on ne s'attendait pas à avoir autant de clientèle dès le début, ajoute-t-il. Mais le concept était déjà connu.» Bien sûr, le couple craint que le soufflé retombe. «Nous avons décidé de prendre le risque, en sachant que le phénomène est déjà bien installé en Suisse romande.»

Inspirée de la télévision

A Châtel-St-Denis, le magasin Naturellement Vrac a pu ouvrir grâce au financement participatif. «J'ai eu l'idée en regardant une émission de télévision, confie Valérie Stillavato, l'une des trois propriétaires de l'enseigne. La concrétisation a été très rapide, car à peine avoir lancé la proposition sur les réseaux sociaux, des amis se sont engagés à mes côtés.» Elle a encore peu de recul – la boutique existe depuis le 10 mars – mais ne minimise pas les retours positifs. «Je suis optimiste, il y a de quoi faire entre Châtel-St-Denis et la Veveyse.»

Chez Quinte & Sens, à Vevey, le concept est différent, puisque la démarche l'est. L'enseigne bio avait déjà ouvert ses portes lorsque, à la suite d'une forte demande, elle a commencé à proposer du vrac. «C'est une bonne solution alternative pour les familles, commente Nancy Bader, propriétaire. Il est aussi possible d'avoir accès à certaines denrées à des prix plus bas.» Elle confie être également surprise de constater que de nombreux clients choisissent de consommer une petite quantité de la marchandise. «Je m'imaginais qu'ils profiteraient de prendre en gros, mais au contraire, de nombreuses personnes âgées par exemple sont ravies de pouvoir repartir avec un petit peu de riz. Et puis, cela permet de goûter. Les gens l'apprécient.»

Organiser le stock

Le succès de cette méthode ne réside pas uniquement dans ces atouts. «C'est le retour à l'humain qui à mes yeux garantit que le vrac va durer», confie Nancy Bader. «Les clients discutent, prennent le temps, c'est une autre manière de faire ses courses», déclare Valérie Stillavato. Une philosophie qui fait écho à une prise de conscience. «Ma femme m'avait ouvert les yeux lorsqu'elle a entassé tout le plastique que je pouvais utiliser, livre Daniel Jeanneret. De nombreuses personnes ont déjà fait ce pas, et je suis d'ailleurs persuadé que nous aurons bientôt de la concurrence.» Et Nancy Bader de renchérir: «il n'y a pas d'étiquette, les gens sont donc obligés de poser des questions sur la cuisson, les recettes, etc. Le vrac pousse à l'échange.»

D'autant que si le concept exige une certaine organisation, ce n'est pas plus compliqué que de tenir une boutique d'alimentation standard. La différence est que la livraison est faite en gros: il faut donc pouvoir s'assurer du stock des matières premières, pour les transporter ensuite à l'intérieur du magasin. «Nous avons dû louer un local dans cette optique», précise Nancy Bader.

Date:20.04.2017
Parution: 849

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