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«Il faut avoir des idéaux»

Savigny Si elle n'y est pas née, le cœur de Chantal Weidmann Yenny n'a jamais réellement quitté Savigny. Même après avoir habité en Asie durant presque deux ans, elle a retrouvé avec plaisir la campagne vaudoise. Elle espère pouvoir également mettre son talent au service du Grand Conseil.

L'accueil parascolaire ou l'hôpital de Lavaux sont des sujets chers à Chantal Weidmann Yenny.

Entretien et photo: Valérie Blom

Pourquoi vous êtes-vous engagée en politique?

> Après un long séjour au Viêt-Nam dans le cadre de mon activité professionnelle, j'ai pu mesurer la chance que nous avions d'évoluer dans un contexte démocratique exemplaire. En revenant m'installer définitivement à Savigny, il me paraissait évident de consacrer du temps à ma commune en reconnaissance du cadre de vie privilégié qu'elle offrait. J'ai intégré le Conseil communal en 2001 puis la Municipalité début 2010. J'ai le privilège d'être syndique depuis 2015 dans un collège exécutif très solidaire.

Le pouvoir selon vous, une drogue dure? Une illusion?

> Heureusement nous ne vivons pas dans des contextes d'autocratie. Alors le pouvoir comme une drogue dure, certainement pas. En revanche, j'ai toujours une volonté de propositions qui ne s'altère pas même s'il faut composer avec un contexte légal de plus en plus contraignant et qui manque parfois de cohérence. Mais au final, le pouvoir de décision, c'est le législatif qui le détient.

Syndique est une position exposée, où l'on prend des coups, vous aimez ça?

> Bien sûr que la position de syndique est exposée et je l'assume pleinement. Nous avons une fonction dans laquelle il faut prendre des décisions qui ne sont pas toujours convergentes avec certains intérêts particuliers. Mais elles sont prises dans un cadre clairement identifié, celui du droit public et répondant à l'intérêt de la majorité de la population. Lors d'un débat d'idées, une opinion divergente n'est pas un coup si elle est une opinion étayée, mais peut au contraire offrir un regard croisé constructif. En revanche, ce qui peut être désagréable, c'est lorsque quelqu'un vous fait endosser certains propos que vous n'avez pas tenus ou de façon détournée afin de servir sa propre cause.

Que devez-vous sacrifier au plan privé pour assumer votre fonction?

> Par exemple les rencontres imprévues avec les amis. Les agendas sont très remplis et ne laissent que peu de place à l'improvisation. En revanche, je ne sacrifie jamais le retour de l'école de mon fils, un moment d'échange privilégié dans la journée car je suis souvent absente le soir. Les instants en famille sont dès lors précieux et souvent teintés d'humour, permettant de prendre de la distance.

Un syndic doit souvent avoir le dernier mot. Quelles sont les limites de la démocratie selon vous?

> Herbert von Karajan disait: «L'art de diriger consiste à savoir abandonner la baguette pour ne pas gêner l'orchestre». Il y a en effet ceux qui dirigent par le contrôle et ceux qui orientent par la confiance. Je me situe plutôt dans la deuxième catégorie. On peut en effet donner le tempo, affiner l'interprétation d'une partition, en améliorer la précision, mais chacun doit pouvoir s'exprimer au sein du collège exécutif car c'est l'ensemble des musiciens qui produit le son de la musique. J'ai à cœur de créer un cadre stimulant en favorisant le dialogue permettant aux autres de s'affirmer de façon positive. Les décisions sont alors rarement conflictuelles. J'ai comme tout le monde des sujets qui me touchent, comme l'accueil préscolaire et parascolaire ou l'hôpital de Lavaux. Je les défends, car je les estime importants pour la commune et la région. Mais il ne s'agit pas d'imposer mon idée.

Entre vos idéaux et la réalité de la fonction, avez-vous déchanté?

> Il faut toujours avoir ses idéaux en ligne de mire, sinon on ne fait que de la gestion et on s'essouffle. Il faut toutefois les construire, les partager, les confronter à d'autres, puis convaincre. Ensuite, il s'agit de les poursuivre dans les marges de manœuvre communales existantes, qu'elles soient légales ou financières. Un processus qui nécessite de la persévérance. Donc déchanté non, mais amélioré mon aptitude à ne pas m'énerver face aux difficultés, oui.

Si vous n'étiez pas ou plus syndique, qu'aimeriez-vous être?

> Même si cette fonction occupe une part importante dans ma vie, je ne me définis pas uniquement à travers elle. Ma profession première est architecte EPFL. Les deux s'enrichissent l'une l'autre.

Députée?

> C'est la deuxième fois que je suis engagée pour la campagne au Grand Conseil. Oui, je suis très intéressée par cette fonction. En tant que syndique, on est de plus en plus confronté au volet légal. La députation permettrait d'avoir une vue d'ensemble. Et il est important que le législatif du canton compte quelques syndics.

Date:27.04.2017
Parution: 850

SAVIGNY

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Au 31 décembre 2016: 
3’276 habitants

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Une réussite (personnelle ou politique) 

A titre personnel, de petites réussites quotidiennes qui permettent d’avoir une famille soudée et un cercle d’amis de longue date. 

Au niveau communal, la mise en place d’une structure d’accueil de presque 100 places pour le préscolaire et le parascolaire en transformant le bâtiment de l’Ancien Collège et un passage au système proportionnel réussi au sein de notre Conseil communal.


Un échec

Pas d’échecs, mais peut-être quelques erreurs. Mais on apprend toujours de ses erreurs, elles renforcent.


Un lieu pour vous ressourcer

Une ville et ses monuments. L’architecture n’est jamais loin dans ma vie… Et les balades dans le vignoble de Lavaux ou les forêts du Jorat. Il n’est pas toujours nécessaire d’aller si loin…

 

L'architecture, l'aviron et le violoncelle

Chantal Weidmann Yenny n'est pas née à Savigny, mais à Lausanne en 1977, avant d'emménager à ses huit ans dans le village vaudois. Diplômée en tant qu'architecte EPFL, elle trouve du travail à Berne. Son mari, partageant la même profession, a un poste à Genève. Savigny est alors à mi-chemin de leurs parcours. En 2000, ils partent 18 mois en Asie, pour le développement durable du tourisme au Viêt-Nam. En revenant, ils décident de retrouver l'endroit qu'ils connaissent bien. «Entre temps, mon père, qui lui aussi avait siégé au Conseil communal savignolan, est décédé. J'ai voulu retrouver mes racines.» Elle est maman d'un garçon, aujourd'hui âgé de 14 ans. Elle a pratiqué longtemps de l'aviron, et a joué du violoncelle.

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