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L'idée d'une fusion séduit de nombreux élus

Monthey et Collombey-Muraz Les deux communes veulent évaluer les avantages et inconvénients d'un éventuel rapprochement en créant une commission d'étude. À ce stade, les voyants semblent au vert au sein de leurs législatifs respectifs. Prise de température et analyse de leurs finances.

Symbolique échange de drapeaux entre les présidents et vice-présidents de Collombey-Muraz et Monthey (de g. à d.): Olivier Turin, Yannick Buttet, Stéphane Coppey et Eric Borgeaud.

Textes et photo: Valérie Passello

Police intercommunale, projet de caserne de pompiers commune, bus urbain, territoires contigus et parfois imbriqués, collaborations en termes d'énergies, de services des eaux et d'affaires sociales: les liens entre Monthey et Collombey-Muraz sont déjà nombreux. «On entend de plus en plus parler de fusion au sein de la population. Pour ne pas être en retard sur ce que les citoyens attendent de nous, nous voulons mettre sur la table un dossier qui leur permettra de débattre et de décider en toute connaissance de cause», argumente Yannick Buttet, président de Collombey-Muraz.

Le 5 mai, les présidents et vice-présidents des deux communes ont donc annoncé la création d'une commission chargée d'étudier l'opportunité d'une fusion. Elle sera composée de quatre municipaux de chaque commune, des présidents des deux législatifs et d'un secrétaire. Quatre sous-commissions de professionnels des domaines abordés seront aussi constituées afin d'évaluer les conséquences d'une fusion dans les secteurs des finances, des services à la population, de l'aménagement du territoire et des institutions. Le président montheysan Stéphane Coppey précise: «Ce n'est qu'après cette étape que la population sera impliquée à travers des ateliers citoyens dont la forme reste à définir. Nous attendrons les conclusions de l'étude, fin 2018, pour nous positionner».

L'esprit d'ouverture règne

Tant auprès des membres du législatif de Collombey-Muraz que de Monthey, l'idée d'une fusion est accueillie avec sérénité, même si certains estiment encore qu'il est trop tôt pour en parler. Pour le conseiller général socialiste collombeyroud Daniel Schmid, une fusion semble logique: «Elle tombera comme un fruit mûr: les nombreuses collaborations existantes nous y amènent. Mais il ne faut pas précipiter les choses, ni tomber dans l'émotionnel. Quant à l'identité villageoise, selon moi, c'est du passé: les gens n'y sont plus du tout attachés». Son homologue PLR Cédric Zürcher se dit très favorable à une fusion: «Nous observons que les communes du Haut-Lac ont tendance à se regrouper pour collaborer dans différents domaines, alors que nous sommes de plus en plus tournés vers Monthey», remarque-t-il.

Conseiller général de l'Alternative pour Monthey, Damien Raboud estime: «Une fusion demandera mûres réflexions et concertations, mais dans le fond, nous sommes tout à fait ouverts à la question». À l'Alliance de gauche, Joseph Marie Oberholzer essaie depuis longtemps de convaincre ses concitoyens du bien-fondé d'une fusion: «Je suis né à Collombey, j'ai vécu 40 ans à Muraz et maintenant j'habite Monthey. Alors pas de frontières!», lance-t-il.

Laisser le temps au temps

Parmi les conseillers généraux interrogés, seule la montheysanne PLR Fabienne Rime se montre sceptique: «Pour divers projets, le rapprochement a été discuté et parfois très difficilement». Elle peine à imaginer une fusion avec Collombey-Muraz, aussi en regard de la situation financière de cette dernière (voir encadré). À Monthey toujours, le conseiller PDC Joseph Calamo imagine qu'il faudra 10 à 15 ans pour concrétiser une union, même s'il y est favorable: «Il est évident que ce processus n'a pas du tout un caractère urgent. Les deux communes sont parfaitement viables sur le très long terme. Il convient d'abord de développer des synergies et d'intensifier les collaborations. C'est lorsque le mariage sera naturel que nous pourrons convaincre les citoyens».

Joseph Marie Oberholzer ajoute: «Les commissions à mettre en place se doivent d'être occupées par des membres de la société civile, 80% au moins». Le vice-président de Monthey Eric Borgeaud abonde dans ce sens: «Dans la mesure du possible, il est préférable de ne pas politiser la démarche».

Le débat est d'ores et déjà lancé sur le nom de la commune fusionnée. Yannick Buttet préférerait qu'un nouveau nom soit trouvé, plutôt que de reprendre celui d'une des deux communes actuelles. Sur l'aspect identitaire et souvent émotionnel, le vice-président collombeyroud Olivier Turin rappelle: «Le nom de la commune changera, mais pas celui des villages». Si l'union est scellée, avec près de 30'000 habitants, la nouvelle commune deviendra la 2e du Valais en termes de population.

Date:18.05.2017
Parution: 853

Des finances inégales

Monthey:

• 17'644 habitants au 31.12.2016

• Marge d'autofinancement 2015: 14,7 mios

• Dette par habitant en 2015: Fr. 2'363.–

Collombey-Muraz:

• 8'860 habitants au 31.12. 2016

• Marge d'autofinancement 2015: 5,1 mios

• Dette par habitant en 2015: Fr. 4'758.–

La marge d'autofinancement (MA) est un indicateur essentiel de la santé financière d'une collectivité, puisque c'est le montant qui lui permet d'investir sans avoir recours à l'emprunt. Si les deux communes se portent bien, les finances de Collombey-Muraz sont toutefois moins bonnes que celles de Monthey, avec une MA moins élevée au prorata du nombre d'habitants, ainsi qu'une dette plus importante. Ce point pourrait peser dans les débats si un processus de fusion est lancé. Les chiffres présentés sont tirés des comptes 2015. Le Régional publiera son traditionnel dossier sur les comptes communaux 2016 le 29 juin.

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