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« Sur scène, je suis comme à la maison »

Vevey - Montreux Le Septembre musical vient de révéler l'affiche et le programme de sa 72e édition. Fin août, l'événement fera rêver les amateurs de musique classique avec la venue du Royal Philharmonic orchestra de Londres, du Russian national orchestra, du violoniste star Renaud Capuçon et de l'un des plus jeunes chefs d'orchestre de sa génération, Lorenzo Viotti. Il s'est livré au Régional.

A seulement 27 ans, Lorenzo Viotti a remporté de nombreux prix.

Valérie Blom

Fils du chef d'orchestre Marcello Viotti, Lorenzo a baigné dans l'univers de la musique classique dès sa plus tendre enfance. Mais il le confie, ce n'est pas ce qui déterminera sa future carrière. Le directeur de 27 ans s'est distingué en remportant en 2013 le Concours international de Cadaquès et celui du MDR (Mitteldeutscher Rundfunk) de Leipzig, puis en 2015 le Young Conductors Award de Salzbourg. Le Lausannois d'origine est à l'affiche du prochain Septembre musical qui se tient entre fin août et début septembre. Interview.

En étant l'un des plus jeunes chefs d'orchestre en vogue, vous êtes très demandé. N'est-ce pas épuisant d'être constamment en route?

> Non, car c'est un choix. Pour l'instant, j'adore voyager, c'est très enrichissant. A chaque fois, je découvre de nouvelles cultures qui jouent un rôle dans le langage musical. C'est beau à découvrir. Je n'ai pas encore de famille, je préfère donc apprendre en partant à gauche et à droite, et à voir plus tard si je m'installe quelque part. La route est de toute manière une facette du métier et si elle ne nous plaît pas, alors dans ce cas c'est difficile.

C'est votre première venue au Septembre musical. Quel effet cela vous fait-il?

> J'ai l'impression de faire de la musique entre amis. Avec Tobias Richter, Danilo Pia ou Renaud Capuçon, c'est du partage, pas de stress, ni pression, nous pratiquons ce que nous aimons ensemble. Je n'ai pas imposé mon programme, nous avons longuement discuté pour trouver les bons morceaux et les bons solistes. Je peux promettre que ce sera très intéressant.

Etes-vous tombé dans la marmite de la musique classique en étant petit?

> Oui, nous sommes tous musiciens dans la famille. Mais je ne pense pas que j'ai suivi à tout prix les traces de mon père. Nous naissons avec cette vocation – de chef d'orchestre – ou non. J'ai d'abord été percussionniste, j'ai commencé avec d'autres choses afin d'enrichir mon bagage. Je me souviens de mon père en tant que papa, et non comme le directeur, ce qui à mes yeux est le plus important. J'ai toujours souhaité mener mon ensemble de musiciens. Ensuite, il y a aussi une histoire de timing et de travail. Et lorsque je me suis lancé dans les concours, je ne l'ai pas fait pour tester, mais bien pour gagner. J'ai cet esprit de compétition et j'ai beaucoup œuvré pour savoir m'y prendre. Sur scène, je me sens comme à la maison. Je fais abstraction du reste, je suis avec mon orchestre et je me sens bien. Je fais de la musique et ce pourquoi je suis vraiment né. Cet esprit m'a beaucoup aidé lors des concours. Mais les prix ne me sont pas montés à la tête, je ne suis pas friand des spotlights, bien au contraire. C'est agréable certes, mais ce n'était pas une priorité égocentrique.

Qu'est-ce qui vous inspire?

> Je dispose depuis toujours d'une grande curiosité. J'ai toutefois une attirance pour certains styles, ce pourquoi je me consacre actuellement à ceux-ci. La vie en général m'inspire et m'influence. Plus je grandis plus j'apprends des choses qui m'aident sur scène, comment gérer les tensions, parler aux musiciens, faire confiance et la créer en même temps. Tout se travaille en dehors des concerts et des répétitions également, dans la vie de tous les jours. Je suis autrement un grand amateur du romantisme en tout genre, allemand, italien ou français. Verdi, Puccini, Schönberg ou Strauss me parlent. J'ai grandi dans une famille qui n'a jamais compté l'amour pour nous, c'est peut-être ce qui m'a donné le goût pour ce style de musique.

Date:18.05.2017
Parution: 853

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