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Acheter en montagne : un marché en pleine mutation

Résidences secondaires Qui ne rêve pas d'être propriétaire d'un petit chalet ou d'un appartement dans les Alpes pour échapper aux tumultes de la plaine, changer d'air et avoir l'impression d'être en vacances le temps d'un week-end ? Après la Lex Weber et la Lex Koller, où en est le marché et est-ce le bon moment pour acheter ou pour vendre ?

Acheter en montagne : un maché en pleine mutation

Magaly Mavilia

Devenir propriétaire d'une résidence secondaire en montagne, un parcours du combattant? Oui et non. Hormis dans certaines stations phares, pour les objets de grand luxe et ceux qui possèdent des critères spécifiques, le prix de l'immobilier en montagne a considérablement chuté. Surtout pour les objets datant des années 70. Ce serait donc le bon moment pour investir dans la pierre et le bois.

«L'ascenseur ne peut que remonter»

«Logiquement, ce qui va devenir rare va devenir cher dans quelques années, présuppose Dominique Degaudenzi, président de la Fédération vaudoise des associations de propriétaires de résidences secondaires. Avant la Lex Weber, il y a eu un afflux de propositions sur le marché qui sont aujourd'hui en partie consommées. Cela a créé une légère baisse des prix. Mais, à long terme, Monsieur Weber va rendre service aux propriétaires; les objets se raréfient mais la demande étant toujours là, l'ascenseur ne peux que remonter.»

En effet, la Lex Weber et la Lex Koller ont mis un frein impérieux au développement de la construction dans ce secteur. «En montagne, nous nous dirigeons vers un marché de reventes. En raison de la limitation des résidences secondaires suite à l'acceptation du peuple suisse de la Lex Weber, certaines stations voient leurs derniers projets neufs en résidences secondaires sortir de terre, constate Fabrice Gay-Balmaz, directeur de Cardis Sotheby's International Realty à Lausanne. La limitation des résidences secondaires couplée à la vigueur du franc induisent forcément une baisse du marché sur le luxe, puisqu'il y a moins d'étrangers non-résidents, et des prix qui redeviennent plus accessibles pour la clientèle résidant en Suisse.»

Coup de frein des banques

Chaque établissement bancaire a sa propre politique, mais la tendance générale va à une prudence générale et à l'augmentation des exigences. Certaines banques ne financent plus les objets en montagne et la plupart d'entre elles prêtent moins, mais elles prêtent toujours si les fonds propres sont augmentés. Le ratio peut atteindre 40% tandis que le bien devra être remboursé plus vite qu'en plaine.

Il reste des banques plus «souples» et l'on ne peut que conseiller aux futurs propriétaires de comparer les propositions. Par ailleurs, les agences immobilières et les notaires sont de bons conseils et parfois acteurs pour faciliter le volet financier. (lire Le Régional 822).

Temps incertains

La Loi sur l'aménagement du territoire (LAT), la Lex Weber et la Lex Koller de même que la quatrième adaptation du Plan directeur cantonal vaudois (PDCn) sont des éléments d'incertitude qui figent le secteur. Entre le dézonage partiel et l'impossibilité de construire présumés, de nombreux paramètres sont difficilement prédictibles à l'heure actuelle. Et cela affecte aussi bien les propriétaires que les acquéreurs potentiels, de même que les communes, les PME et tous les milieux de la construction, du promoteur à l'agence immobilière en passant par les entreprises. Mais cela est aussi valable pour les résidences principales.

Une décision très attendue

On attend donc avec impatience la décision du Grand Conseil, qui va se mettre à l'ouvrage fin mai, et l'approbation par le Conseil fédéral sur cette 4e adaptation du PDCn. «Cette révision, dont l'entrée en vigueur est prévue pour la fin 2017, début 2018, et l'introduction d'une taxe sur la plus-value dans la LATC permettront au canton de sortir de la période transitoire actuelle, qui gèle la surface totale des zones à bâtir au niveau cantonal», estime le Canton.

Une valeur sûre

Malgré l'incertitude et les restrictions, l'immobilier reste un placement sûr par rapport à la volatilité des valeurs boursières. «Même si l'on ne gagne pas, on ne perd pas», ont l'habitude de dire les spécialistes. Une chose est sûre, la valeur immobilière suivra le cours de la valeur de la station.

Aux futurs propriétaires de considérer leurs priorités avant d'acheter: l'ambiance de la station, le paysage, les infrastructures sportives, le site, l'objet en lui-même pour son charme ou sa valeur. S'enquérir des plans et prévisions de développement du village permet d'avoir une vue à plus long terme.

Si un objet a tous les paramètres recherchés par la clientèle, qui sont souvent en premier lieu la situation au centre de la station, les facilités pour atteindre les pistes, la fiscalité et l'ensemble des services, sa valeur a toutes les chances de grimper.

Au contraire, un appartement ou un chalet des années 70 qui n'aura pas été remis au goût du jour va voir son prix considérablement chuter. C'est ce que l'on observe aujourd'hui dans de nombreuses stations, ce qui permet à une clientèle moins fortunée d'accéder à la propriété tout en planifiant des rénovations échelonnées (lire Le Régional 822).

Date:18.05.2017
Parution: 853

Propriétaires unis

La Suisse compte quelque 400'000 résidences secondaires, dont le quart est en Valais et 43'000 côté vaudois (source: DETEC 2000). «Quand on sait que chacune d'elle contribue en moyenne avec 25'000 frs par année à l'économie touristique locale avec ses achats, impôts et contributions diverses, cela représente une manne de 2,5 milliards pour le Valais, selon l'enquête de l'Observatoire valaisan du tourisme qui va prochainement d'ailleurs publier un nouveau questionnaire», se réjouit André Gossauer, président de la Fédération valaisanne des associations de résidences secondaires (FVSR2). Forte de cet apport à l'économie régionale et cantonale, la FVSR2, tout comme son pendant vaudois, entendent bien être consultées et entendues par les autorités cantonales tout en apportant leur soutien à la promotion d'un tourisme de qualité. Ces organes regroupent les associations locales et tentent de fédérer le plus possible de propriétaires de résidences secondaires afin de défendre leurs intérêts communs.

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