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17 millions, sans filtre

Collombey-Muraz Un crédit d'engagement de 17 mios passe la rampe du Conseil général pour l'extension et l'adaptation de la station d'épuration : les élus ont débattu longtemps sur l'opportunité d'installer directement un système de filtration des micropolluants, avant d'opter pour la solution d'une conduite d'évacuation jusqu'au Rhône.

Construite en 1979, la STEP actuelle de Collombey-Muraz a fait son temps.

Texte et photo: Valérie Passello

«Avec ou sans filtre à micropolluants ? » C'est cette question qui a occupé les élus du Conseil général de Collombey-Muraz pendant une bonne partie de leur séance du 19 juin. Relevons que le projet d'extension et d'adaptation de la STEP, devisé à 17 mios - soit environ 12 mios une fois les subventions fédérale et cantonale obtenues - met tout le monde d'accord. Le municipal des infrastructures Mickaël Vieux détaille: «Le concept retenu prévoit d'agrandir la STEP sur les installations existantes. Le travail se déroulera en deux phases: trois quarts de la nouvelle STEP seront réalisés pendant que l'ancienne, construite en 1979 et dont la dernière amélioration a été réalisée en 1994, tournera encore. Puis nous ouvrirons la nouvelle, qui fonctionnera déjà mieux que la première, même sans être terminée. Ensuite, nous démolirons et renouvellerons de manière adaptée les anciens bassins. Il y a de la place pour l'extension. Nous pouvons en doubler la capacité».

Le hic, c'est la solution retenue par la Municipalité quant à l'évacuation des eaux, après leur passage par les futures installations. Deux options se présentaient: l'installation d'un système de filtration des micropolluants sur le site, permettant d'en éliminer 80% et de rejeter l'eau traitée dans le canal du Bras-Neuf, qui jouxte la STEP, ou alors la construction d'une conduite d'évacuation de l'eau dans le Rhône, sans traitement préalable des micropolluants. C'est cette dernière qui a été choisie, car le débit du Rhône, 300 fois plus important que celui du canal, garantit «une excellente dilution des micropolluants», selon le rapport de l'exécutif. Le prix est aussi un argument de poids: la conduite de rejet jusqu'au Rhône coûtera 780'000 frs, alors qu'un système de filtration était devisé à 2 mios. Quelle que soit l'option arrêtée, cela n'aurait pas changé le montant des subventions.

«À notre conscience de décider»

Pour les Verts, la solution de rejet au Rhône n'est pas acceptable, puisque les micropolluants ne seront que dilués et pas dissous. «Dans son rapport, la Municipalité est laconique par rapport à l'alternative du filtre», critique Nathalie Cretton, proposant dans la foulée un amendement visant à augmenter le montant du crédit d'engagement à 18,3 mios pour l'installation d'un filtre, «Afin d'assurer à nos descendants un meilleur avenir. Ce sera à notre conscience de décider», ajoute-t-elle. Sa camarade de parti Carole Morisod encourage l'assemblée: «Faisons cet effort: nous serions en outre une commune pionnière dans le domaine».

Rien n'y fait: le plénum se prononce finalement majoritairement pour la solution telle que présentée par la Municipalité, non sans avoir émis le souhait, tant du côté de l'UDC que du PDC, de prévoir une filtration sur place dans les 10 à 15 ans, quand la commune en aura les moyens. La nouvelle STEP permettra de traiter les eaux usées pour 15'000 équivalents-habitants, un chiffre qui correspond à l'augmentation projetée de la population jusqu'en 2042. Le début des travaux est prévu en septembre et la mise en service complète devrait avoir lieu en décembre 2020.

Date:06.07.2017
Parution: 860

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