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Jonas Schneiter cultive les voyages pour l'âme

Série d'été Jonas Schneiter, animateur de la RTS (notamment de C'est ma question) raconte que ses plus belles vacances se sont tenues en Inde, pays si différent des habitudes occidentales, au point qu'une cellule psychologique est présente à l'aéroport. Après deux voyages pendant Noël 2014 et 2015, il espère y retourner bientôt.

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Valérie Blom

«J'ai décidé d'évoquer mes voyages en Inde parce que bon, tout le monde se fout de mes séjours de branleur en Grèce!» s'exclame en rigolant Jonas Schneiter avant de s'asseoir dans l'un des canapés de la cafétaria de la RTS. Il est parti deux fois en Inde, dix jours à Noël/Nouvel An 2014 et 15 jours à la même période l'année suivante. D'abord seul, puis en couple. «C'est une grosse claque de découvrir ce pays!»

Son excursion à Bombay n'était pas planifiée de longue date. L'animateur de la RTS comptait à l'origine découvrir Dubaï. «Après m'être renseigné sur cette ville, je n'avais plus envie de m'y rendre. Ainsi, cinq jours avant mon départ, en surfant sur le site de la compagnie Emirates, j'ai appris que je pouvais changer mon billet sans frais supplémentaires pour l'Inde.» A la dernière minute, il se prépare à prendre l'avion pour un pays qui va changer sa vie. «J'ai payé pour un VISA rapide à Genève, et j'ai dû faire les vaccins deux jours avant mon départ. Du coup, les doses étaient doublées pour garantir l'effet. J'étais complétement shooté dans l'avion!»

Le choc face au bidonville

La claque se prend dès l'atterrissage. Il y a foule autour de la piste, composée de personnes qui vivent à cet endroit. Une cellule psychologique est présente à l'aéroport pour les gens pour qui le choc des cultures est trop difficile. «L'une des premières choses que l'on voit dans cette ville est une immense tour détenue par l'homme le plus riche de la région et qui est constamment éclairée. Une maison démesurée, mais où il vit tout seul.»

A cet instant, Jonas Schneiter est loin de deviner tout ce qui va le surprendre durant ce voyage. Mumbai est en effet connue notamment pour son énorme bidonville, l'un des plus grands d'Inde. «Ils sont plus d'un demi-million, entassés ensemble sur deux km2, une densité incroyable! Tous avec un smartphone dernier cri, mais éteint car pas de moyen de le charger...» Et face à eux, la tour du riche industriel. «Mais ils ne l'envient pas. Leur mentalité diverge beaucoup de la nôtre, ce qui m'a d'ailleurs inspiré. Il n'y a pas de jalousie. On n'envie pas la position de l'autre. C'est très différent de ma propre existence où j'étais davantage dans la frustration.»

Un poulet comme peluche

Il se souvient de ces enfants qu'il voit jouer avec ce qui lui semble être une peluche. En s'approchant, il découvre qu'il s'agit en fait d'un poulet crevé. «Il y a un rapport différent à la mort là-bas. Il n'est pas rare de croiser un cadavre.» Avec les trains bondés, il arrive que des gens en tombent, ou s'endorment sur les rails. «Un corps n'est plus incarné. Il n'y a plus l'âme et ne représente plus rien à leurs yeux.»

Jonas est venu chercher cette confrontation en Inde. «Il y a de nombreuses galères. On revient néanmoins changé de ce voyage, confie-t-il. Bon, j'admets qu'une partie des effets sont de courte durée. Je suis rentré déstressé, mais j'ai vite retrouvé mes habitudes d'hyperactif. Tout ce qui concerne le questionnement profond par contre demeure. Mon rapport à la mort a changé et j'en suis durablement imprégné.»

Le Taj Mahal, poétique et magique

Le voyage est vécu différemment en étant seul ou en couple. «On s'inquiète facilement pour l'autre, mais aussi pour lui assurer un minimum de confort. Tout seul, on est confronté uniquement à ses propres limites.» Ce qui ne signifie pas qu'il n'y a pas de stress. «Les craintes sont surtout liées à la santé. Entre les personnes qui ont la lèpre et ce qu'on mange, il y a de quoi avoir peur. Je me suis mouché noir durant tout mon séjour. Je me souviens du mail du Département des affaires étrangères qui nous avertit avant le départ qu'il faut se méfier de la nourriture justement, et qu'une prostituée sur deux a le SIDA. Bon voyage!»

Le plus bel instant? Devant le Taj Mahal. «Une révélation. Nous avons dormi – c'était le voyage avec ma copine – dans un hôtel très cher mais situé juste en face. Se réveiller avec cette bâtisse blanche immaculée, merveilleux! Et très romantique, puisqu'elle a été construite pour une femme.» Souvenir poétique, très éloigné d'autres, plus fous: «Lors de ma première excursion, j'ai visité le temple de Shiva. Il y avait une énorme pierre noire où nous pouvions appliquer du lait. Je me suis exécuté soigneusement, avant d'apprendre en sortant que cela symbolisait son pénis et que je l'avais ainsi branlé. Mon plus gros fou rire de mes pérégrinations!»

Date:13.07.2017
Parution: 861

Les pires vacances, la rupture à Venise

En ayant la vingtaine, Jonas Schneiter est parti à Venise en couple. On ne l'y reprendra plus. «Nous nous sommes séparés là-bas, sur une gondole! Le gondolier n'avait jamais vécu ça.» Il était depuis quatre ans avec la même personne. «Arriver dans cette ville romantique où tout devait être simple et rien ne l'était a été le constat de l'échec. Nous avions donc décidé de nous arrêter là.» Aucun des deux n'a voulu rentrer. «Non, à cet âge au moment d'avoir payé le voyage, on tente d'en profiter, ce qu'on a fait chacun de son côté. Mais nous étions côte à côte pour le vol retour...»

Vacances de rêve, seul sur une île

«J'irais bien seul sur une île. Vivre pleinement la solitude ou en couple, une à deux semaines, dans un endroit isolé. J'ai un petit problème d'hyperactivité et le véritable isolement, sans natel, me ferait du bien.» Jonas accepterait les restaurants, mais pas d'endroit à visiter. «L'expérience seul, sans livre, rien. Ou juste un carnet. Sinon c'est trop facile. Pouvoir se concentrer sur autre chose. J'ai un peu pratiqué du yoga en Inde, je m'y attèlerais certainement dans cette situation. Un bon moyen de se rééquilibrer dans cette société où l'on est l'exact inverse.» S'il pouvait choisir, il partirait avec l'aventurière suisse Sarah Marquis, pour découvrir un pays sans avoir besoin de réserver hôtels et restaurants. «J'adorerais, car c'est éloigné de ma vraie vie! Bon deux jours maximum», rigole-t-il. Toujours dans le même ordre d'idées, il ne s'envolerait par contre surtout pas avec l'humoriste Thomas Wiesel. «Il déteste voyager et râle tout le temps. Pas mon style!»

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