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Taxi : Un pour tous !

Vevey-Montreux Ebranlés par le phénomène Uber, les taxis concessionnaires A de la Riviera viennent de s'unir, bon gré mal gré, en constituant une association. Objectifs: être entendus dans le cadre de l'actuel tournant législatif dans le monde des taxis vaudois, établir une charte déontologique et mettre en place une centrale d'appels.

Le Comité de l'ATACON, avec son président Jorge Maldonado (tout à droite), concessionnaire A,  et son secrétaire Francis Baud (3è depuis la gauche), tous deux conseillers communaux Vevey Libre. DR

Priska Hess

Dix-neuf sociétés et raisons individuelles de taxis veveysans et montreusiens réunissant leurs forces au sein d'un même groupement professionnel: il y a quelques années encore, la chose aurait semblé impensable. Pourtant, le 1er juin dernier, sous l'impulsion de Francis Baud et Jorge Maldonado de Vevey Libre, tous les détenteurs de concessions A (avec enseigne jaune, autorisés à stationner devant la gare), sauf un, ont adopté les statuts de l'Association Taxis Concessionnaires Riviera Vaudoise (ATACON). «Les taxis existent sur la Riviera depuis plus de 60 ans et ce sont des gens profondément indépendants. Le phénomène Uber aura au moins permis de faire évoluer l'esprit “chacun pour soi” vers celui de “un pour tous”», commente avec fougue Francis Baud, secrétaire de la nouvelle association. «Notre première tâche consiste à mettre en place, à nos frais, une centrale d'appels avec numéro de téléphone unique, ce que nous impose le règlement sur les taxis de Sécurité Riviera entré en vigueur en 2015. Nous estimons dès lors que l'éventuelle non-participation à cette centrale par un concessionnaire A récalcitrant doit entraîner instantanément un retrait de sa concession A, et allons négocier dans ce sens avec le Comité directeur de Sécurité Riviera», indique Francis Baud. Coût du fonctionnement de cette centrale d'appel : environ 750 frs par mois, répartis entre les membres de l'ATACON. La mise en service est prévue au 1er août.

Tarifs inchangés

Durant ces premières semaines d'été, l'ATACON aura également à se pencher sur l'avant-projet de modification de la loi vaudoise sur l'exercice des activités économiques mis en consultation jusqu'au 31 août, visant à réglementer les activités de transport professionnel de personnes suite à l'arrivée d'Uber dans le canton en 2015 (voir encadré). Objectif: rédiger un avis circonstancié pour que la voix des taxis de la Riviera puisse être entendue. Enfin, la nouvelle association s'attellera à l'élaboration d'une charte déontologique: «L'idée est que tous nos membres appliquent les mêmes règles en ce qui concerne la qualité du service. Comme donner un coup de main pour charger les bagages, ne pas fumer dans la voiture, être vêtu correctement et poli vis-à-vis du client, respecter la commande etc.», énumère Francis Baud. Des recommandations d'ailleurs prescrites par le règlement sur le service des taxis de Sécurité Riviera, mais que certains peinent encore, semble-t-il, à respecter.

A noter que la création de cette association n'aura pas d'influence sur le prix des courses, puisque c'est Sécurité Riviera qui édicte le tarif maximum, chaque concessionnaire restant libre de pratiquer des tarifs inférieurs. L'initiative d'offrir une réduction de 20% aux clients indigènes, lancée par deux compagnies qui entendaient s'associer pour cela (Le Régional n°850) mais qui ont finalement choisi de le faire chacune de leur côté, ne semble donc malheureusement pas prête de se généraliser.

Date:13.07.2017
Parution: 861

Les UberPop bientôt hors-la-loi ?

Actuellement, il n'existe pas de législation cantonale sur le transport des personnes à titre professionnel. Cette compétence relève des communes et leurs règlements concernent les taxis officiels. Or, le nouveau modèle économique mis en place suite à l'arrivée d'Uber s'intègre difficilement, voire échappe aux dispositions légales existantes (voir Le Régional n°850). Afin de prendre en compte cette évolution, le Département de l'économie et du sport (DECS) a mis en consultation jusqu'au 31 août un avant-projet de modification de la loi sur l'exercice des activités économiques instaurant de nouvelles règles pour les taxis. Tel que mis en consultation, cet avant-projet prévoit que tous les chauffeurs seront soumis aux mêmes conditions et auront l'obligation de posséder un permis professionnel. Ce qui impliquera l'interdiction des chauffeurs sur le modèle d'UberPop (conducteurs occasionnels, sans permis professionnel). Deux catégories de véhicules substisteront: les taxis A et les véhicules de transport avec chauffeur (VTC) et en particulier tous les véhicules utilisant l'application Uber. En cas de non-respect, les amendes pourront se monter jusqu'à 20'000 frs, et 50'000 frs en cas de récidive dans les deux ans. En outre, il est prévu que le diffuseur de courses ou l'entreprise de transport devra avoir son siège en Suisse et s'assurer que le chauffeur remplit ses obligations légales, notamment ne matière d'assurances sociales. Une fois la nouvelle loi entrée en vigueur, les communes devront adapter en conséquence leurs règlements sur les taxis.

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