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Les Mosses font encore jaser

Ormont-Dessous Malgré l'octroi par le Conseil communal d'un crédit de 107'000 frs pour l'étude d'un avant-projet de développement d'infrastructures aux Mosses, quelques élus et citoyens émettent toujours des réserves quant aux véritables motivations de la Municipalité dans ce dossier.

Si tous ne sont pas d'accord quant à la manière de faire, autorités et citoyens sont par contre unanimes sur la nécessité de développer le tourisme sur le plateau des Mosses. Suisse Tourisme

Valérie Passello

Retiré une première fois le 5 avril en raison de réactions particulièrement négatives et d'incompréhensions (voir Le Régional n°848), le préavis pour l'étude d'un avant-projet de développement d'infrastructures sur le plateau des Mosses est finalement validé à une large majorité, par 20 oui, 4 non et 3 abstentions, à la séance du Conseil communal du 22 juin. Non sans avoir encore fait discuter les élus. Étant donné le climat tendu, le plénum a d'ailleurs préféré se prononcer à bulletins secrets.

Parmi les plus réticents, le conseiller communal Christopher Watts, déplorant un manque de précisions dans le préavis, propose un amendement demandant que l'analyse de marché, comprise dans le préavis et devisée à 9'548 frs, soit faite dans un premier temps et que l'objet repasse devant le législatif avant l'étape de l'avant-projet. Cette 2ème phase, estimée à 96'984 frs, doit définir les principales caractéristiques et estimer le budget pour une prise de décision sur la suite à donner au projet. Regrettant que le préavis soit trop orienté vers la réalisation d'un spa et d'un hôtel, Armand Lugrin soumet un autre amendement: accorder une somme maximale de 30'000 frs à l'exécutif pour une analyse qui soit la plus exhaustive possible, le solde pouvant être utilisé pour la 2ème étape. Les deux sont rejetés.

Un hôtel sort du chapeau

Juste avant le vote, Christopher Watts intervient une dernière fois, brandissant devant l'assemblée les plans d'un hôtel qui serait, d'après lui, déjà prévu dans le projet. Deux citoyens présents dans le public et auteurs de courriers jugés calomnieux par la Municipalité (voir encadré), abondent dans son sens. L'un d'entre eux, Jean-Daniel Perroset, précise: «Ce n'est pas tant la construction d'un hôtel aux Mosses qui me pose problème, mais bien plutôt le fait que son implantation puisse le cas échéant être organisée et en partie financée par des deniers publics, au profit de privés connus, à qui la commune remettrait pour le surplus gratuitement un terrain communal qui, par définition, appartient en substance à chacun d'entre nous».

Gretel Ginier reconnaît que la Municipalité a sans doute commis des erreurs dans sa manière de communiquer et promet d'en tenir compte pour la suite. Mais concernant le fameux projet d'hôtel, elle affirme ne pas en avoir eu connaissance: «J'ai été surprise de voir ces plans, je ne sais pas d'où ils sortent. Bien sûr, nous avons vu passer des esquisses et des idées, car nous y avons réfléchi, mais rien de tel. Nous ne voulons pas construire d'hôtel, rappelle l'élue, l'idée est de créer des infrastructures pour développer le tourisme 4 saisons. Or, pour qu'elles tournent, il faudra probablement davantage de lits chauds aux Mosses. Nous pourrions envisager un partenariat public-privé en attirant un investisseur qui construirait un hôtel sur la parcelle de 4'327 m2 dont il est question». En clair, l'investisseur bénéficierait d'un droit de superficie, mais la commune n'engagerait pas un sou.

Malgré plusieurs tentatives de contact, Le Régional n'a pas réussi à obtenir des précisions de la part de la propriétaire du Relais Alpin, l'unique hôtel des Mosses, Nathalie Bürgisser Scheurlen, qui affirmait à l'issue de la séance du conseil communal que les élus avaient «offert un blanc-seing à la Municipalité» pour réaliser ledit projet hôtelier.

Des idées tous azimuts

Le groupe de travail «Développement touristique» s'est constitué en 2016 pour l'étude d'avant-projet. Il compte parmi ses membres le gérant hôtelier Jean-Claude Bonelli, ancien propriétaire du Relais Alpin. C'est justement ce qui fait bondir les opposants. Mais ce dernier se défend: «Il n'y a pas de projet, ces gens confondent tout. Ce qu'ils ont montré au Conseil communal est sûrement un exemple sorti d'une vieille brochure, qui peut donner une idée sur ce que pourrait être le projet, mais ça pourrait aussi bien ne pas ressembler à ça du tout! C'est pour cette raison que nous lançons une étude d'avant-projet. De plus, je ne suis absolument pas un investisseur potentiel», ajoute-t-il.

Parallèlement au groupe de travail officiel, d'autres citoyens ont aussi planché et élaboré un dossier sur le développement touristique aux Mosses. Jean-Daniel Perroset en fait partie: «Je reproche à la Municipalité de ne pas avoir fait référence à ce projet, en main du municipal du tourisme depuis quelques semaines. Il y est question d'un terrain de football, d'un court de tennis, d'un terrain multi sports, d'une patinoire et d'un espace wellness, comprenant des bains, mais parfaitement indépendant de tout intérêt privé, le tout basé sur des devis concrets et sérieux». Sur ce point, un terrain d'entente pourra peut-être être trouvé, selon Gretel Ginier: «Nous avons traité ce dossier en Municipalité le 27 juin. Nous sommes contents que des citoyens soumettent des idées et nous les intégrerons dans nos réflexions. Nous leur avons écrit pour demander des précisions chiffrées: s'ils peuvent étayer leurs propositions, nous y sommes tout à fait ouverts».

Date:13.07.2017
Parution: 861

Plaintes non-recevables

Ayant reçu des courriers qu'elle jugeait diffamatoires, la Municipalité d'Ormont-Dessous a déposé deux plaintes pour calomnie. Mais le Ministère public de l'Est vaudois n'entrera pas en matière, pour deux raisons: «les collectivités publiques et les autorités ne bénéficient pas du droit à l'honneur», déclarait l'ordonnance qui nous a été fournie par Nathalie Bürgisser Scheurlen. L'autre raison de ce rejet est que les propos tenus se bornaient «à mettre en garde les autorités sur les conséquences pénales que leur comportement pourrait avoir». La seconde plainte, contre Jean-Daniel Perroset, a été rejetée pour les mêmes motifs.

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