Télécharger
l’édition n°862
au format PDF
Région Lausanne Région Lavaux Région Riviera Région Chablais Région Oron
Dernière minute
La semaine prochaine
Bonus du net

« Je voulais être policière »

Veytaux Châtelaine de Chillon depuis 2014, Marta dos Santos vit sa saison estivale avec sérénité. La fréquentation est excellente et plusieurs projets vont amener du renouveau au sein de cet édifice séculaire. Prochain événement en vue, la représentation de l'Histoire du soldat du 27 au 30 juillet. Rencontre avec la maîtresse des lieux dans son bureau qui surplombe le Léman.

Marta dos Santos, directrice du château de Chillon a découvert l'intérieur du monument juste avant de se présenter comme directrice adjointe en 2002.

Texte et photo: Sandra Giampetruzzi

Il est 8h55 du matin. Les premiers rayons du soleil réchauffent les pierres du château de Chillon et les premiers visiteurs attendent l'ouverture des portes pour découvrir de plus près à quoi ressemblait la vie de château. À l'intérieur, le personnel et prêt et Marta dos Santos, directrice du château, nous accueille dans la cour principale dans une petite robe fleurie qui tranche avec l'austérité du lieu. Il faut dire que plus grand-chose ne ressemble au Moyen Âge.

Marta dos Santos, aviez-vous imaginé avoir un jour un bureau dans un château?

> Non, pas du tout. Quand j'étais jeune, je voulais être policière parce qu'à l'époque la seule vision que nous avions d'une femme indépendante passait à travers une série TV Les Drôles de dames. Dans mon esprit de petite fille, je trouvais ça génial. Elles avaient une vie palpitante et étaient libres. J'ai toujours été marquée par cette idée. Je suis l'aînée de 4 filles, quand on jouait dehors au Portugal, j'étais un peu la meneuse et bien sûr, on jouait aux gendarmes et aux voleurs. Mon père a ensuite émigré en France pour avoir un meilleur travail. C'est là que j'ai appris la langue. Puis nous sommes arrivés en Suisse. Au début, ma mère n'a pas pu travailler, alors qu'elle l'avait toujours fait au Portugal. C'est à ce moment que je me suis rendu compte que si on n'a pas d'argent, on ne peut rien faire. Elle était dépendante de mon père. Moi, je ne voulais surtout pas connaître ça. Je voulais un travail qui me plaise mais par-dessous tout être indépendante financièrement. C'est ce qui a défini mes choix de carrière.

Vous avez exercé des métiers différents, qu'est-ce que vous recherchez dans un métier?

> La vie professionnelle a toujours été importante pour moi. Ça fait partie de mon identité et j'aime relever les défis. J'ai fait le gymnase à St-Maurice en section économie car il y avait plus de débouchés par la suite. Ne pas avoir la certitude d'un salaire était très angoissant pour moi. J'ai fait ensuite une licence en Lettres à l'université. En parallèle, je travaillais chez H&M à Lausanne et j'ai eu la possibilité d'être responsable et de gérer une équipe. J'y ai beaucoup appris. J'ai ensuite répondu à une annonce pour devenir secrétaire de direction dans un bureau fiscal qui se formait. Il fallait tout mettre en place, c'était un vrai défi pour moi. J'ai adoré. J'y ai travaillé pendant deux ans avant de tomber sur l'annonce d'une directrice adjointe pour le château. Ils cherchaient quelqu'un avec deux profils, comptabilité et gestion de projet, avec un goût pour l'histoire, allier les chiffres et la culture, c'était pour moi. J'adore l'histoire, le récit. En lisant, on peut s'évader, devenir n'importe quel personnage et se projeter sur le héros. Il y avait tout à mettre en place ici.

Justement, des défis il y en a encore au château?

> Derrière chaque objet, chaque salle, il y a une histoire à raconter. C'est ce qui rend ce travail si passionnant. Je peux participer à la mise en place d'une exposition, définir quelle histoire on va raconter, trouver des idées d'exposition. Mais il y a encore d'autres défis à relever avec notamment la mise en place des aménagements extérieurs et de la nouvelle cafétéria. Il faut aussi penser à apporter de la nouveauté à l'intérieur du château en améliorant encore le parcours et les outils d'aide à la visite. Cela va m'occuper pour les 3 à 4 prochaines années, après on verra. J'aime les défis intellectuels, aller chercher l'information. La billetterie en ligne, par exemple, vient d'être mise en place et ce n'était pas une mince affaire.

Date:20.07.2017
Parution: 862

Un spectacle musical atemporel

Cette année marque le centenaire de l'Histoire du soldat. Ce chef-d'œuvre d'Igor Stravinsky et Charles-Ferdinand Ramuz, sera représenté au château de Chillon du 27 au 30 juillet. L'Histoire du soldat, c'est affronter un dilemme humain : être ou avoir ? Le diable s'amuse d'un militaire en permission et rit d'avance. Il fait de la tentation une proposition fort alléchante. Le soldat saura-t-il la refuser? Des projections quasi diaboliques de Nicolas Wintsch, une mise en scène de Benjamin Knobil et Michel Voïta dans le rôle du lecteur vont se jouer de la temporalité. «Au château, on a un lieu bavard qui raconte l'histoire. Le mapping vidéo projeté contre son mur contrebalance cela en créant du mouvement, des sensations et des textures qui nous ramènent à aujourd'hui et pas seulement en 1917», précise le metteur en scène. Infos complètes et billetterie sur www.chillon.ch.

Dans ce dossier

Documents

En images

Vidéo
Documents audio