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Jardin Roussy : beaucoup de bruit pour rien ?

La Tour-de-Peilz Les élus balaient une motion demandant de protéger l'ensemble du Jardin Roussy. Motif, les craintes émises notamment quant à l'avenir du biotope sont jugées infondées. Reste que la tournure prise par la discussion interpelle sur la problématique du bruit dans ce type d'espaces, à l'heure où les nuisances sonores sont reconnues comme un fléau en termes de santé publique.

Le parc Roussy, un lieu à la fois prisé et paisible, accueille aussi chaque année le festival de musique Nox Orae. M. Bertholet

Priska Hess

Scène quasi surréaliste le 29 juin au Conseil communal de la Tour-de-Peilz. Parmi toute l'assemblée, il ne s'est trouvé qu'un seul élu à appuyer une motion d'Anne Marie Arnaud (Libre&PBD) demandant à la Municipalité d'entreprendre les démarches nécessaires pour la protection de l'ensemble du Jardin Roussy. C'est une phrase du rapport de gestion 2016 évoquant «un projet d'aménagement et de requalification» qui avait fait tiquer la conseillère. Dans le sillage de l'opposition au plan général d'affectation (PGA) déposée par l'Association Sauver le Jardin Roussy – dont elle est la présidente – elle s'inquiète des édicules envisagés et de l'avenir du «biotope» créé en 1983. Des craintes que balaie le syndic Alain Grangier, les jugeant totalement infondées. Les édicules? «Il s'agit de petites constructions comme une douche ou une cabine téléphonique pour échanger des livres, rien de plus. Le «biotope»? «Il n'est pas considéré comme tel par le Canton, mais notre volonté est de le maintenir, avec aussi l'idée d'en faire quelque chose de didactique». Quant à la protection du jardin, «elle existe déjà, puisque c'est une zone verte».

Le spectre du bruit

Autre point soulevé par Anne Marie Arnaud: l'attribution à ce lieu d'un degré de sensibilité au bruit III «incompréhensible et injustifiée, puisque les habitations qui jouxtent le jardin ont un degré II». «Cette démarche a un côté sournois, accuse Alain Grangier. Dans le fond, les personnes qui demandent un degré de sensibilité II veulent tout simplement exclure du jardin les concerts (réd: le festival annuel Nox Orae) et le théâtre! Alors que nous voulons un espace vivant dont puisse profiter la population». Renseignements pris par Le Régional auprès de l'Etat de Vaud, l'argument s'avère dénué de pertinence: «Les degrés de sensibilité au bruit sont définis par l'Ordonnance sur la protection contre le bruit qui fixe des valeurs limites pour les installations fixes (routes, voies ferrées, installations industrielles, etc.), afin de protéger la population contre les nuisances. Dès lors, pour un espace vert non construit, donc libre de toute installation fixe, le degré de sensibilité au bruit n'aura aucune influence sur les activités pouvant y être organisées de manière ponctuelle, explique Denis Rychner, en charge de la communication pour la Direction générale de l'environnement. Ces manifestations et leur autorisation sont sous la responsabilité des communes qui évaluent les éventuelles nuisances pour les riverains.»

Projet de skatepark abandonné

Si les explications du syndic convainquent sans peine l'assemblée, qu'en est-il finalement du mystérieux «projet de requalification»? Contacté par Le Régional, Alain Grangier indique que cela fait certainement référence au projet de skatepark, qui était encore d'actualité début 2016, sous la précédente Municipalité. «Mais il est définitivement abandonné, c'est clair et net, car ce n'est pas ce que veulent les skateurs de la région que nous avons rencontrés. L'idée est désormais d'aller de l'avant avec un projet de mobilier urbain «urban skate» inséré dans différents espaces existants».

Date:10.08.2017
Parution: 863

Doret et Rivage : deux jardins, deux sensibilités

L’ordonnance fédérale sur la protection contre le bruit définit quatre degrés de sensibilité : le degré I, pour les «zones qui requièrent une protection accrue contre le bruit, notamment les zones de détente. La Direction générale de l’environnement-ARC précise cependant que dans la pratique celui-ci n’est utilisé qu’à titre exceptionnel ; le degré II «dans les zones où aucune entreprise gênante n’est autorisée, notamment dans les zones d’habitation ainsi que dans celles réservées à des constructions et installations publiques» ; le degré III «dans les zones où sont admises des entreprises moyennement gênantes, notamment dans les zones mixtes avec habitation et activités artisanales ou commerciales» ; enfin, le degré IV concerne «les zones où sont admises des entreprises fortement gênantes, notamment dans les zones industrielles».

En jetant un coup d’œil sur le portail cartographique Cartoriviera, on découvre ainsi qu’à Vevey le jardin Doret sensibilité au bruit II, alors que le jardin du Rivage est en zone III. «Le jardin du Rivage est situé dans une zone «d’habitation, commerce et administration » de forte densité; le donc degré de sensibilité III a donc été attribué. Le jardin Doret, lui, se situe dans une zone «d’habitation dispersée» et s’est donc vu attribuer un degré II», explique Chargé de communication à la Ville de Vevey, Raphaël Delessert. Il précise encore: «Les normes de sensibilité au bruit ont été édictées en 1998 et attribuées sur la base du PGA rédigé, lui, dans les années 50 – avec quelques mises à jour et plans spéciaux. Il est cependant prévu de revoir tous nos plans communaux en matière d’urbanisme». Ces différents degrés de sensibilité n’ont cependant pas d’influence sur les manifestations et autres activités ponctuelles qui y sont organisées.

Problématique récurrente

La problématique des nuisances sonores est récurrente dès le retour des beaux jours, synonymes de grillades festives et concerts en plein air (Le Régional 855). Au point que souvent les riverains n'en peuvent plus, comme en témoigne la récente levée de boucliers d'habitants d'Ouchy suite aux nombreux concerts organisés sur la place de la Navigation, relayée par le journal 24 heures. Ou l'exaspération des riverains du Jardin Doret à Vevey, qui a incité la Municipalité à proposer un plan de pacification des lieux, tandis que le Festival Local a été prié de déménager au Jardin du Rivage.

«Le bruit perturbe le sommeil, entraîne des difficultés de concentration, augmente le risque de maladies cardiovasculaires et gêne la population dans son bien-être», rappelle pour sa part le Conseil fédéral, qui a publié fin juin un plan de mesures pour diminuer les nuisances sonores – les principales étant dues au trafic routier. Ce plan «mise avant tout sur la réduction des émissions à la source et sur la promotion de la tranquillité et de la détente dans le développement urbain.»

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