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Même alité, il faut bouger

Prévention L'hôpital Riviera-Chablais lance la campagne «Faisons rempart à l'escarre», proposant une marche à suivre pour éviter cette détérioration des tissus due à une pression prolongée sur un même endroit du corps.

Stimuler le patient à se mouvoir ou à faire quelques pas est déjà un acte préventif important. DR

Valérie Passello

Réduire de 50% l'apparition d'escarres lors d'hospitalisations: tel est l'objectif de la campagne lancée dans les établissements membres de la Fédération des hôpitaux vaudois (FHV), dont fait partie l'Hôpital Riviera-Chablais (HRC). Selon des chiffres publiés en 2014 par l'association nationale des hôpitaux helvétiques, parmi les patients examinés ayant été hospitalisés en stationnaire dans notre pays, 4,3% ont vu apparaître une escarre lors de leur séjour. Le problème ne touche pas uniquement les personnes âgées; dès qu'il doit rester allongé sur un matelas, tout patient peut y être exposé, dans la mesure où plusieurs facteurs sont réunis (voir encadré).

Ce nouveau thème de prévention s'inscrit dans le programme «Sécurité des patients» de la FHV. Infirmière clinicienne responsable du projet à l'HRC, Nicole Robain explique: «Cette problématique est prise au sérieux depuis longtemps, mais la façon de la gérer évolue constamment. La procédure de prévention a été remise à jour, tant au niveau de la manière d'agir qu'en termes de matériel». Tout le personnel soignant concerné a suivi une formation spécifique. Il s'agit d'évaluer le risque plus rapidement par le biais d'un nouveau formulaire dans le dossier du patient, de procéder à des inspections régulières, de diminuer les points de pression en utilisant du matériel adapté et de gérer l'humidité du lit –en cas d'incontinence par exemple- ainsi que de surveiller l'hydratation et la nutrition du patient.

L'importance des proches

Afin d'éviter à une personne hospitalisée de souffrir d'une plaie supplémentaire, ce qui est non seulement douloureux mais aussi psychologiquement difficile à vivre, la sensibilisation des proches est cruciale. Ceux-ci peuvent encourager le patient à bouger, l'accompagner pour faire quelques pas, lui rappeler de faire des exercices de mobilisation, lisser son oreiller, l'inciter à boire et à manger correctement et signaler les éventuelles rougeurs au personnel soignant. «Nous distribuerons des brochures d'information à tous les patients à risques, et nous avons lancé une campagne dans chaque unité de soin, via des affiches qui disent: «Bougez et faites bouger». Il y a également des rappels à l'intérieur des chambres pour les patients, ainsi qu'une campagne pour les soignants, qui leur rappelle les bons gestes de prévention», indique Nicole Robain.

Date:10.08.2017
Parution: 863

Une plaie longue à soigner

L'escarre est une plaie qui apparaît en raison de la compression prolongée d'un endroit du corps contre un plan dur. La circulation sanguine étant entravée, les tissus finissent par se détériorer, car ils manquent d'oxygène. Très douloureuse, l'escarre présente plusieurs stades. Aussi appelée «ulcère de pression», elle se développe depuis l'intérieur: «Une rougeur ne sera que la pointe émergée de l'iceberg, témoignant de la présence d'une plaie plus profonde», précise Nicole Robain. La guérison est très longue, elle peut durer plusieurs semaines et prolonger une hospitalisation. Les personnes susceptibles d'en être atteintes sont le plus souvent limitées dans leurs mouvements, présentent un mauvais état de santé général, souffrent de problèmes circulatoires ou de troubles de la sensibilité. Une alimentation riche en protéines, une hydratation suffisante, une surveillance attentive et le fait de se mouvoir le plus possible sont des facteurs qui contribuent à la prévention des escarres.

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