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La vraie histoire du roi de Thaïlande à Lausanne

Situé dans le parc de Denantou le Pavillon royal thaïlandais est très admiré et attire plusieurs centaines de visiteurs par semaine.
Date:06.02.2008
Parution: 406

Au sommaire cette semaine

Opinion

Naissance d'une civilisation

Il y eut les années 60. Et l’émergence d’une génération en rupture. A coup de pavés, elle voulait révolutionner les fondements de la civilisation industrielle. Mais elle ne put rien, contre l’avènement de la société capitaliste. Elle était en avance sur son temps. L’humanité devait aller au bout de sa logique de croissance. Pour prendre conscience des multiples crises qu’elle engendrerait. Financière, démographique et alimentaire; énergétique, environnementale et climatique; sécuritaire, sanitaire et spirituelle...
Mais la graine était semée, qui continua à grandir. Jusqu’aux années 2000, où se dessine la naissance d’une nouvelle civilisation. Une civilisation de l’acquis plutôt que l’acquérir, de la qualité contre la quantité, du «mieux être» au lieu du «tout avoir». Une civilisation qui oppose la réflexion à la production, la répartition à l’accumulation, le long terme au court terme. C’est le cadeau du passé, au bientôt quarantième anniversaire de mai 68.
Incarnée par les adeptes de la «simplicité volontaire» et de la décroissance, cette civilisation inexorablement grandit. Rien qu’en Australie, 23% des adultes auraient «décéléré» au cours des dix dernières années. Et de par le monde, ils seraient déjà des centaines de millions, selon de récentes études.
Loin de la polarisation et des clivages, ils prônent la complémentarité des contraires. Ce n’est plus gauche ou droite, mais gauche et droite; écologie et économie, richesse et partage, matière et esprit. Leurs pensées et leurs actions ne se fondent plus sur l’hyperconsommation et l’expansion, la dépendance et la domination, mais sur le respect de l’environnement et la protection de la biodiversité, la conscience de l’interdépendance et le développement spirituel, la volonté d’équilibre et le désir d’harmonie.
Certes, les crises amorcées provoqueront encore de nombreux drames. Mais elles sont autant d’aubaines, car l’essence même de la remise en question. Ce sont d’ailleurs elles qui aujourd’hui permettent au génie humain de prévenir les catastrophes, réparer les corps, dépolluer l’environnement et combler les pénuries, par des énergies renouvelables ou des matériaux de synthèse.
La connaissance des lois fondamentales de l’univers est acquise et les technologies sont maîtrisées; les mécanismes de régénération sont connus et les consciences sont prêtes. Une conjonction unique qui permet les plus fous espoirs. Dont celui d’un basculement global de l’humanité vers un autre niveau de conscience, une pleine fréquence, une nouvelle dimension. Certains l’annoncent même pour bientôt... Malraux avait vu juste, le 21è siècle sera spirituel.

Serge Noyer

Serge Noyer