Télécharger
l’édition n°892
au format PDF
Région Lausanne Région Lavaux Région Riviera Région Chablais Région Oron
Dernière minute
La semaine prochaine
Bonus du net

Les déchets débordent du budget

Bourg-en-Lavaux Un groupe de citoyens lance un référendum contre l'investissement de 780'000 frs prévu pour l'implantation de sept écopoints. Outre un vice de forme, ils dénoncent un manque de consultation des riverains directs et une absence d'analyse approfondie, en regard des finances déficitaires. Pour l'exécutif, ce référendum sert des intérêts particuliers.

L'écopoint de Pra-Grana est l'un des emplacements contestés DR

Nina Brissot

Les reproches faits au projet d'implantation d'écopoints sur différents endroits de la commune fusionnée sont de natures diverses. La plus importante étant son prix, 1,1 million pour huit écopoints, qui a été réduit à 798'000 frs une fois amputé de celui de Cully (lire Le Régional 889). Si l'on compare au projet de base voté en 2016 et qui aurait implanté des moloks, l'augmentation du budget serait de l'ordre de 73%. D'où le grincement de dents. Mais dans leur argumentaire, les référendaires estiment que certains lieux ne sont pas appropriés, que les riverains directs n'ont pas été consultés, que le projet manque d'analyse approfondie et que la nouvelle mouture amputée d'un écopoint d'une valeur de 292'000 frs n'a pas été mise au pilier public après le refus du Conseil, ce qui représente un vice de forme. En bref, ils ont beaucoup de reproches contre ce projet qui arrive alors que la commune s'apprêterait à proposer une augmentation des impôts tant sa situation financière est délicate. Avec notamment une perte de 1,5 million en 2016.

Attendre des jours meilleurs

Les référendaires n'y vont pas par quatre chemins, ils demandent purement et simplement un « report de ces constructions à des jours meilleurs pour les finances de la commune ». Ils veulent une « analyse globale approfondie de ce projet ». Par ailleurs ils demandent « une réflexion détaillée pour la réalisation des points prévus à Cully et à Pra-Grana avec consultation des riverains, voire un déplacement de ces deux sites à des endroits plus appropriés. » En résumé un renvoi à l'expéditeur pour une étude qu'ils jugeraient plus appropriée et moins onéreuse.

Des intérêts particuliers

Contacté, le municipal de l'assainissement Raymond Bech est d'un tout autre avis et relève un certain nombre d'inexactitudes dans cet argumentaire. « Ces remontrances sur la totalité des points proposés ne sont pas correctes, assure-t-il. La Municipalité ne s'est pas empressée de décider cette mise en place. Nous l'étudions avec des bureaux spécialisés depuis plus de trois ans et demi et nous avons tenu compte de tous les paramètres nécessaires. La majorité des référendaires est opposée à une implantation spécifique et ce référendum, s'il aboutit il servira ses intérêts particuliers mais en stoppant tout, accuse l'édile. Par ailleurs, n'oublions pas que nous sommes classés au Patrimoine mondial de l'Unesco. Les habitants ont hâte de voir disparaitre ces containers verts ou bleus ou noirs qui fleurissent dans tous les quartiers. ». Quant au vice de forme, Raymond Bech l'estime « infondé ». Et selon lui, « il est faux de dire que la commission des finances a refusé ce préavis alors qu'elle en a recommandé l'acceptation. »

Dépense ou investissement ?

Sur le budget de l'opération et la comparaison du financement pour sept écopoints détaillés dans le préavis stratégique de 2016 avec celui de 2018, « ce n'est pas de 73 mais de 63% en plus, calcule Raymond Bech. Une augmentation due à des améliorations substantielles en matière d'intégration paysagère et de gestion du ramassage. » Quant au manque d'argent, le municipal rappelle qu'il ne faut pas confondre dépenses courantes et investissements nécessaires à long terme et financés par le crédit. Bien gérer, c'est aussi prévoir et Raymond Bech ne voit pas sa commune enlisée dans des déchets déposés dans des bennes multicolores enlaidissant le territoire. Et c'est sans compter les effets bénéfiques que le projet apporte sur l'impact environnemental grâce à une rationalisation des transports.

Date:15.03.2018
Parution: 892

581 signatures requises

Un référendum à Bourg-en-Lavaux doit être signé par 15% des votants ce qui représente 581 signatures valables. Autrement dit un gros travail pour la récolte d'autant de signatures. S'il aboutit, le peuple devra alors se prononcer. Si ce n'est pas le cas, seul le point de Cully, refusé par le Conseil et déjà en révision, sera revu.

Dans ce dossier

Documents

En images

Vidéo
Documents audio