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Le navire du tourisme change de cap

Monthey Arrivé en octobre aux commandes de Monthey Tourisme, Samuel Carraux souhaite en épurer le cahier des charges et définir clairement le rôle de l'office. Ses buts: créer des liens, favoriser la communication et les synergies, afin de mieux mettre en valeur le patrimoine de la ville.

Pour le futur de Monthey Tourisme, le credo de Samuel Carraux se résume en trois mots: prioriser, se positionner, se vendre.

Texte et photo: Valérie Passello

Enfant de Collombey-Muraz ayant suivi sa scolarité à Monthey, Samuel Carraux connaît bien la région. Mais aussi la problématique identitaire du Chablais valaisan, car son parcours l'a amené à réaliser un travail de diplôme en marketing et communication au sein de Chablais Tourisme, ainsi qu'à travailler pour l'office du tourisme (OT) de Saint-Maurice. «Quand j'ai vu que Monthey Tourisme cherchait un directeur, j'ai tout de suite été interpellé, car je suis très intéressé à faire avancer ma ville», raconte-t-il.

Ce qui l'a le plus frappé à son entrée en fonction le 1er octobre? «L'étendue du cahier des charges et un spectre de tâches beaucoup trop large pour une petite équipe de trois personnes à plein temps et de deux apprentis.» Le problème est posé, il faut donc revoir la structure de base: «Il y a beaucoup d'attentes venant de toutes parts. Un OT doit prendre en considération le patrimoine et mettre en valeur le tissu social et économique, mais ce n'est pas une société de développement. Cela dit, comme tout gros navire qui change de cap, la manœuvre prend du temps et ne se fait pas sans provoquer quelques vagues», sourit le nouveau directeur. Pour lui, l'avenir se joue en trois actions: prioriser, se positionner, se vendre.

Des offres « emballées »

Depuis les travaux de refonte du cœur de Monthey, la ville peine encore à attirer le chaland ou, du moins, à le faire rester pour consommer sur place. Différentes mesures ont déjà été prises dans le but de redynamiser le centre-ville, comme la création d'un comité stratégique avec la société des artisans et commerçants, la nomination d'un coordinateur pour le marché du mercredi ou encore le développement de visites guidées. Si une visite historique est déjà proposée depuis longtemps, les curieux pourront dès le mois de mai suivre un guide sur les traces du patrimoine industriel, ainsi que des blocs erratiques de la commune.

Samuel Carraux analyse: «La transition de grand village à ville n'a pas encore été intégrée par tous. Il faudrait que de nouveaux concepts apparaissent afin de varier l'offre, mais le contexte économique favorise peu la nouveauté. Nous devons prendre le temps d'emballer les choses, de mettre en relation les acteurs existants et d'améliorer la communication, pour que les visiteurs puissent profiter d'un paquet de produits variés.»

Une place à prendre

Le directeur de l'OT en est convaincu, Monthey a des cartes à jouer. «Géographiquement, nous avons une position stratégique, proche de tout. Un accès à la nature et aux stations environnantes, une offre sportive intéressante, ainsi qu'une vie culturelle et artistique très riche. L'histoire de l'industrie mérite aussi d'être mise en valeur. En se positionnant différemment des autres villes, Monthey peut trouver sa place.»

Et pour drainer davantage de monde dans la cité, il est crucial de veiller à la clientèle de Monthey et environs: «80% des personnes qui s'informent chez nous viennent du Chablais. C'est notre cœur de cible. L'essentiel des mesures à prendre doit être axé sur la population locale. Nous pourrions par exemple aller plus loin dans ce que nous proposons en matière de randonnée, de cyclotourisme ou de gastronomie. Sans oublier de maintenir nos manifestations fédératrices, comme la Fête du Jeu, les marchés du mercredi, celui de Noël ou la Foire du 31, entre autres.» En soignant l'offre destinée aux habitants de la région, Monthey Tourisme devait attirer d'autres visiteurs venus de plus loin: «L'un n'empêche pas l'autre, au contraire», conclut Samuel Carraux.

Date:15.03.2018
Parution: 892

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