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Halte aux pneus dans le foot

Lutry-Pully Dans une action concertée, des élus des deux communes demandent un moratoire de cinq ans sur l'installation de nouveaux terrains synthétiques utilisant des micro-billes en pneus recyclés, afin de privilégier des alternatives inoffensives. Un même postulat a été déposé au Grand-Conseil.

A Lutry, proposition est faite d'avancer d'un an la réfection du terrain du Grand Pont en remplaçant le caoutchouc par d'autres matières. DR

Nina Brissot

Imaginez un terrain de football recouvert de pneus. En pagaille. Des milliers de pneus. 23'000 pour être précis. Une montagne de pneus. Impensable? C'est pourtant une réalité sur les terrains synthétiques. A un détail près, les 23'000 pneus ont été transformés en granulés et déversés sur l'ensemble du terrain entre les fibres vertes de polymère, constituant ainsi un remplissage souple. Ça colle assez bien. Mais qu'est-ce qui entre dans la composition de ces micro-billes? Des pneus broyés bien sûr, composés entre autres d'arsenic, de plomb, de chrome, d'hydrocarbures... Autant de substances – il y en aurait 190 en tout – qui insidieusement peuvent s'introduire dans le sang par la peau, la bouche, les poumons, les muqueuses. Et des particules en suspension inhalées qui, «potentiellement» car les études se contredisent, pourraient être cancérigènes, attaquant plus particulièrement la lymphe. Interdire ces granulés sur ces terrains synthétiques, comme la ville de New York? Se fier à la réglementation européenne, qualifiée de stricte, qui encadre l'utilisation des substances chimiques dans tous les composants d'un terrain synthétique?

Agir ensemble

Ces questions ont donné l'occasion à des Conseillers communaux de Lutry et Pully de s'unir pour sensibiliser leurs Municipalités respectives au problème. C'est Lutry qui a ouvert les feux le 12 mars avec le dépôt d'un postulat signé par Vincent Hofer, du nouveau groupe «Indépendants et Vert'Libéraux». Son objectif: voter moratoire de cinq ans sur l'installation de nouveaux terrains synthétiques utilisant ces micro-billes en pneus recyclés, en privilégiant des alternatives inoffensives. Postulat qui a suscité un bon débat dans l'assemblée tous groupes confondus. Dans un long plaidoyer qui en a énervé quelques-uns, la PLR Ricci-Bovier a défendu le point de vue scientifique basé sur plusieurs dizaines de recherches, qui prouveraient la non nocivité des terrains installés en Suisse. Plusieurs élus se sont toutefois alarmés, dont Philippe Sordet, qui propose d'avancer d'un an la réfection du terrain du Grand Pont en remplaçant le caoutchouc par d'autres matières. Un avis partagé par Claude Weber (PS). «On veut le meilleur pour nos enfants, on va changer ça, réagit Charles Monod municipal des travaux. Avec un moratoire, vous enfoncez des portes ouvertes puisque c'est déjà dans le plan des investissements et que nous allons le faire.» Mais le Conseil a voté le moratoire par 44 oui contre 29 non et 3 abstentions.

En parralèle, le député Jean-François Chapuisat, également conseiller communal à Lutry (Indépendants et Vert'Libéraux), a déposé un postulat au Grand Conseil demandant que tous les terrains synthétiques en caoutchouc soient remplacés. Il a été soutenu par tous les partis.

Date:29.03.2018
Parution: 894

Pully mise sur le principe de précaution

A Pully, c'est le PLR Jean-Luc Duvoisin qui le 21 mars a déposé un postulat de la même teneur ne demandant pas de moratoire mais de privilégier l'utilisation de liège, coco ou autres matières non dangereuses ou polluantes sur de futurs terrains. Selon Lydia Masmejean, municipale, la Commune s'est déjà préoccupée de la chose, d'autant que trois terrains devront être refaits. Comme à Lutry, il a été relevé que les différentes études menées n'arrivent pas toutes aux mêmes conclusions et qu'actuellement les normes européennes sont appliquées et qu'elles ont prévalu jusque-là. Mais Lydia Masmejean a fait appel au principe de précaution qui prévaut dans le doute. Sur les trois offres reçues, une utilise encore le caoutchouc. Elle sera éliminée. Les deux autres demandent une attention particulière, car l'une utilise des matériaux nouveaux qui doivent être étudiés en profondeur et l'autre table sur le liège qui, par rapport au caoutchouc, a une durée de vie plus courte et est moins souple. Mais le sujet est maitrisé. C'est donc d'une quasi seule voix avec 3 abstentions que le Conseil a accepté de le renvoyer à la Municipalité qui y donnera suite.

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