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Balayé, l'écoquartier rebondira

La Tour-de-Peilz Refusé, le plan qui aurait permis la construction de quinze bâtiments sur les hauts de la commune. Mais ses concepteurs, qui auraient déjà investi près de 500'000 frs dans ce projet, ne baissent pas les bras. Ils promettent des adaptations en tenant compte des critiques.

Les accès au site et le bruit lié au surcroit de trafic suscitent la critique. DR

Priska Hess

«Il est encore trop tôt pour dire ce qu'il adviendra de ce projet, réagit le syndic Alain Grangier. Mais si nous revoyons ce plan d'affectation, cela impliquera de le soumettre à nouveau aux services de l'Etat, puis à l'enquête publique, avant de déposer un nouveau préavis au Conseil communal». Au lendemain du refus du plan de zones qui devait permettre la construction d'un écoquartier de quinze «villas urbaines» à la Combe de Villard, près de la maison bioclimatique Guisan (voir Le Régional 850 et 855), le patron de l'Exécutif analyse ce vote avec sérénité. Ce PPA représentait pourtant «l'aboutissement de neuf ans d'un travail minutieux en étroite collaboration avec les services cantonaux ainsi qu'avec la Section vaudoise de Patrimoine suisse» et contenait «des principes longuement et soigneusement étudiés, discutés et validés». Les élus auraient dû se prononcer fin juin 2017 déjà mais la Municipalité avait préféré retirer son préavis. En cause, une commission ad hoc unanimement opposée... Six mois plus tard, le préavis revient tel quel. «Notre préoccupation était que les commissaires puissent faire leur rapport en toute connaissance de cause. Une longue séance a donc été organisée début novembre en présence d'un représentant du bureau d'étude, qui a répondu en détail à toutes leurs questions», explique le syndic.

Silo à voitures

Rebelote ce mercredi 21 mars, une majorité des commissaires y sont opposés. Bien que favorables à l'organisation des zones constructibles, ceux-ci estiment notamment excessives les dimensions autorisées, nuisant à la bonne intégration des bâtiments dans le site. Autre grief, la question des accès. Jean-Yves Schmidhauser (PS) met le doigt sur «deux points importants» restés flous. Dont la possibilité de construire un «silo à voitures» pour l'accès aux parkings souterrains. «Imaginez ce dans ce site paysager sensible!». Et le degré III de sensibilité au bruit attribué «comme au centre-ville alors que l'on est en zone résidentielle et que toutes les autres parcelles autour sont en degré II.» S'ils reconnaissent la qualité du rapport justificatif, le règlement est selon eux «trop général et trop peu contraignant à bien des égards». Auteur d'un rapport de minorité, Kurt Egli (PLR), plaide avec conviction en faveur du projet, le qualifiant d'exemplaire, visionnaire et conçu dans un souci de préservation du site. «Refuser un PPA issu d'une telle démarche de qualité serait un non-sens eu égard aux autres récentes planifications adoptées sur le territoire boéland». Mais cela n' a de loin pas suffi à convaincre les élus. A bulletins secrets, ils balaient le projet par 44 voix contre 21 et 3 bulletins blancs.

Date:29.03.2018
Parution: 894

«Nous allons réfléchir à nouveau»

«Je n'ai pas l'impression d'un blocage complet contre ce projet et nous avons bon espoir qu'il aille de l'avant. Nous allons nous remettre à disposition de la commune pour y réfléchir à nouveau et l'adapter en tenant compte des critiques», réagit François Guisan, responsable du développement durable chez Implenia, entreprise qui a conçu ce quartier, et fils des propriétaires à l'origine du projet, pour lequel près de 500'000 frs auraient déjà été investis. «Je comprends les soucis exprimés quant au règlement. S'il était davantage contraignant, le risque serait que les prescriptions pourraient un jour être en décalage avec l'évolution de la société ou des pratiques, au cas où ce projet prendrait du temps. Et surtout, les propriétaires (réd: les Guisan) ont lié la vente de leur terrain à la signature d'une charte de qualité impliquant des engagements très forts, comparables à ceux qui ont prévalu pour leur maison bioclimatique. Ce document, de l'ordre du contrat privé, offre des garanties encore plus fortes que le règlement.»

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