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Yannick Buttet : « J'assume »

Collombey-Muraz De retour aux affaires depuis février, le président de Commune a enfin pris la parole publiquement devant le législatif. Très attendu, le débat n'a pourtant pas eu lieu. Récit.

Yannick Buttet a préféré lire un texte préparé, «afin d'éviter toute ambiguïté et toute interprétation, compte tenu de la sensibilité de la question»

Textes et photo: Valérie Passello

Il n'aura fallu qu'une quinzaine de minutes pour balayer le point «chaud» de la séance du Conseil général de Collombey-Muraz en ce 26 mars. «Reprise du travail du Président du Conseil municipal: prises de position et questions», annonçait l'ordre du jour. Une table supplémentaire est installée pour les journalistes, venus en nombre. Les appareils photo crépitent, à l'affût de la moindre expression sur le visage de Yannick Buttet, les caméras et autres enregistreurs tournent à plein régime, les stylos notent avidement. Pourtant, rien de bien sensationnel. De débat, aucun. D'échanges verbaux musclés, encore moins.

Devant une assemblée pieusement silencieuse, Yannick Buttet prend enfin la parole, lui qui s'était fait très discret depuis son retour à la tête de la commune le 1er février (voir Le Régional 888). «Ayant grandi à Collombey-Muraz, vivant nos sociétés locales depuis l'enfance, engagé dans la vie sociale de longue date et en politique depuis une vingtaine d'années, vous me connaissez par cœur. Vous savez par conséquent que l'un de mes traits de caractère est d'assumer mes succès et mes échecs. C'est de cette manière que j'assume et continuerai à le faire, les faits qui me sont reprochés», déclare-t-il. Mais il tempère: «J'avais effectivement des comportements à corriger, mais je ne suis pas le monstre que certains ont laissé entendre.»

«Plus jamais»

Faisant, une fois encore, amende honorable auprès des personnes qui auraient pu être heurtées par ses comportements, Yannick Buttet promet: «J'ai pris les mesures afin de corriger les points qui me sont reprochés et de vous garantir que dans le futur, vous n'entendrez plus jamais parler du moindre écart de ma part. Sans alcool, il n'y a jamais eu de problème. Vous n'êtes pas près de me revoir un verre à la main dans le cadre de mes fonctions. Une éventuelle consommation dans le cadre privé se fera sous suivi médical.» Il précise encore qu'aucune procédure pour harcèlement sexuel n'a été engagée à son encontre et que l'affaire pénale en cours concerne sa sphère privée (voir encadré). Enfin, le président collombeyroud affirme «avoir grandi» et «ne plus être le même» depuis cette affaire, remerciant ses proches et la population pour leur solidarité: «J'ai chuté par ma faute, je me suis relevé grâce aux autres. Pour tenir solidement debout, j'ai besoin de votre soutien», conclut-il.

Pour une nouvelle chance

Pour défendre son président, le chef de groupe PDC Emmanuel Gollut prend le micro. Il nomme Yannick Buttet par son prénom, rappelant ainsi la proximité de l'élu avec ses citoyens et la dimension émotionnelle de cette affaire au sein de la commune. Le conseiller général dénonce «le déchaînement médiatique qui a détruit l'homme politique, mais qui a sauvé l'humain, le mari, le père de famille». Il épingle aussi les réseaux sociaux, dont la lecture de certains commentaires prouve «que l'imbécilité et la méchanceté peuvent arriver à des sommets insoupçonnés», et interpelle l'assemblée: «Pouvons-nous juger un homme sans connaître les tenants et aboutissants des faits qui lui sont reprochés? Sommes-nous des juges professionnels? Non.» Enfin, Emmanuel Gollut salue la détermination de Yannick Buttet: «Après avoir fait face à tout ce qui a été dit, écrit, sous-entendu, il en faut de la volonté pour affronter les regards, nos regards. Une volonté qui démontre sa rigueur professionnelle.» Abondant dans le sens du PDC, Damien Vannay, au nom du groupe UDC, se montre toutefois plus laconique: «Nous suivons cette affaire de près, mais nous ne voulons pas juger à la place des juges.» Tous se sont exprimés, la page semble donc tournée au sein du législatif, qui désire unanimement aller de l'avant «pour le bien de la commune».

Date:29.03.2018
Parution: 894

Le PS et le PLR résignés

En février déjà, le PLR, le PS et les Verts tenaient le même discours. Tous attendent l'issue de la plainte pénale dont Yannick Buttet fait l'objet pour contrainte avant de se prononcer. Lors de la séance du Conseil général de décembre, le socialiste Daniel Schmid appelait néanmoins à sa démission. Ce 26 mars, il réitère: «Tout a été dit en décembre. «Une deuxième chance», c'est ce que l'on entend souvent pour justifier le retour de notre président. Que ce soit la deuxième ou la dixième chance durant ces dernières années, je crois personnellement que cela n'a rien à voir avec la chance. Les institutions permettent ce retour, nous devons donc faire avec.» Le PLR Thomas Birbaum ne se mouille pas davantage: «La décision de la reprise du travail du président du Conseil municipal n'appartient qu'à celui-ci. Ce n'est pas une question politique, mais une question de morale et ce n'est pas à notre groupe de se prononcer sur ce point.»

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