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Les visiteurs verront enfin du sel dans les mines

Bex Après 17 mois de travaux pour un total de 5 millions, les Mines de Sel ont rouvert leurs portes le 24 mars. Parmi les améliorations apportées au parcours touristique, l'opportunité est donnée, pour la première fois, de visualiser la transformation de la saumure en or blanc.

À la fin de la visite, le public peut observer une ouvrière qui s'attèle à la tâche dans son unité de fabrication de sel artisanal.

Textes et photo: Valérie Passello

«Ce fut hélas la réalité depuis l'ouverture au public dans les années 1990. Après avoir parcouru les galeries pendant près de deux heures, impossible de mettre la main ou les yeux sur le moindre gramme de sel. C'est quand même un comble pour le berceau du sel en Suisse!», s'exclame Urs Christoph Hofmeier, directeur général de Salines Suisses SA. Désormais, cette lacune est bel et bien comblée.

À l'issue de la visite au cœur des entrailles salées de la montagne bellerine, une unité de production de sel artisanal est à découvrir. Derrière une vitre, une ouvrière s'affaire dans un laboratoire, permettant de comprendre facilement comment le sel est extrait de la saumure. Évidemment, il s'agit de la démonstration d'un savoir-faire d'antan, car aujourd'hui, le processus est entièrement mécanisé. Il faut bien quelques rouages à la Saline de Bex pour produire, loin des galeries touristiques, ses quelque 30'000 tonnes de sel annuelles.

Objectif: 80'000 visiteurs

Outre l'unité de production, le public profite de plusieurs autres nouveautés. Le spectacle audiovisuel, qui évoque l'histoire des lieux, a été entièrement revu. Il mêle «humour, dynamisme et créativité», assure le directeur Philippe Benoit. De plus, une galerie d'art accueille désormais des expositions dans les profondeurs rocheuses, à côté du restaurant. Enfin, le président de la Fondation des Mines de Sel de Bex, mais aussi de la Fondation Bex & Arts, François Cadosch, se réjouit d'une synergie entre les deux entités: «Le pavillon Montalba, conçu pour la triennale et qui abritait l'an dernier le «fab lab» de l'exposition, nous a été gracieusement offert par l'architecte.» Au sortir du petit train, les gourmands égaieront leurs papilles dans ledit pavillon, transformé en espace de dégustation.

En proposant régulièrement des nouveautés, les Mines de Sel espèrent attirer davantage de public. Le but est, à terme, d'augmenter la fréquentation de 25%, soit de passer de 60'000 à 80'000 visiteurs annuels. Mais Philippe Benoit se refuse à céder à la folie des grandeurs: «Actuellement, nous pouvons accueillir 800 personnes par jour dans d'excellentes conditions. Il n'est pas souhaitable que nous passions à 2'000, car nous misons avant tout sur le confort du public. Notre intention est de ne plus avoir à refouler du monde certains jours d'été, lorsqu'il fait mauvais à l'extérieur, mais aussi de réduire les temps d'attente. Au final, grâce aux transformations réalisées à l'intérieur de la mine (voir encadré), 1'300 à 1'400 personnes pourront être absorbées lors de jours records.»

Date:29.03.2018
Parution: 894

Le fruit de la fusion

En 2014, la Saline de Bex fusionnait avec les Salines du Rhin, donnant naissance à Salines Suisses SA. C'est cette société qui finance les 5 mios frs de travaux réalisés sur le site bellerin. Président du conseil d'administration de la Saline de Bex et membre de celui de Salines Suisses SA, Pierre-François Veillon raconte: «Dès la fusion, Bex a été reconnue comme berceau du sel et son réseau de galeries comme étant un patrimoine à préserver.» Grâce à cet appui, la Fondation des Mines de Sel de Bex, en charge du volet touristique, a pu aller de l'avant. Le front de la galerie principale du Bouillet a été agrandi, de manière à accueillir une nouvelle gare et une boucle de retournement. Une galerie piétonne a en outre été creusée. Les trains pourront dorénavant se croiser, il sera donc possible d'augmenter les cadences en cas de besoin.