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« Les batailles d'égo ne mènent à rien »

Blonay Pour le syndic Dominique Martin, la politique est avant tout un engagement citoyen. L'occasion d'aiguiser ses connaissances et la satisfaction de réaliser des projets concrets qui visent en premier lieu le bien de la communauté. Habité par la gratitude, il apprécie de vivre dans une région si «exceptionnelle», d'avoir eu un parcours de vie multiple et beaucoup de chance au niveau professionnel.

Orienté solutions et bien commun avant tout, le syndic Dominique Martin privilégie l'action et le bon sens.DR

Entretien : Magaly Mavilia

Pourquoi vous êtes-vous engagé en politique ?

>Je suis entré au Conseil communal en 1998 parce que j'avais envie de participer et de m'impliquer pour la collectivité. A une période de la vie, on reçoit de la société et je pense qu'il y a un temps pour s'investir.

Syndic est une position exposée, où l'on prend souvent des coups, vous aimez ça ?

>Dès que vous avez une implication et une responsabilité élevées, au niveau politique ou professionnel, vous êtes exposé à la critique, c'est logique. Mais il y a des reproches fondés et d'autres qui ne servent que la satisfaction personnelle. La critique débouche-t-elle sur une réflexion, une opportunité intéressante pour le bien commun ou émane-t-elle de la mauvaises foi? Ce qui m'intéresse dans cette fonction, c'est bien sûr la première attitude orientée solutions et centrée sur le bien du plus grand nombre.

Que devez-vous sacrifier sur le plan privé pour assumer votre fonction ?

>La vie sociale est un peu plus dissociée. Je travaille à temps partiel pour la Fédération vaudoise des entrepreneurs et ma fonction de syndic implique souvent une cinquantaine d'heures de travail par semaine. Je peux remercier ma famille et mes proches du soutien qu'ils apportent à la réalisation de mes différents mandats.

Un syndic doit souvent avoir le dernier mot. Quelles sont les limites de la démocratie selon vous ?

>Pour avancer, on doit avoir un certain nombre d'idées claires, c'est logique. Mais pour qu'un projet aboutisse, il doit être porté par l'ensemble de la Municipalité. Cela demande de la négociation mais permet de faire évoluer les projets.

Pour répondre à une demande, la problématique présuppose de trouver des solutions. Mais les reproches sont plus fréquents. Bien sûr, on peut ne pas être d'accord, mais dire non sans perspectives de solutions est totalement improductif pour la collectivité. Les batailles d'égo ne mènent à rien de concret. Lorsque l'objectif n'est pas au premier plan, il y a forcément une perte de temps, et par conséquent d'argent.

Le pouvoir selon vous, une drogue dure ? Une illusion ?

>C'est une grande illusion de dire que l'on a du pouvoir, la fonction de syndic implique beaucoup plus de responsabilités que de pouvoir réel. Bien sûr, il y a certains avantages: la possibilité d'avoir accès à énormément d'informations sur le plan communal, cantonal et fédéral et, par là même, de pouvoir bien argumenter le développement d'un projet. Bien sûr on peut trancher, cela m'arrive assez rarement. J'essaie le plus souvent de travailler à des solutions qui permettent au collège municipal de porter un futur projet.

Entre vos idéaux et la réalité de la fonction, avez-vous déchanté ?

>J'ai eu une première expérience en tant que municipal de 2011 à 2016 et je connaissais en grande partie la fonction. Je trouve très motivant d'être impliqué dans beaucoup de dossiers. De prioriser les projets. Le désenchantement vient plutôt de l'inflation législative et administrative qui complexifie et ralentit les projets. Aujourd'hui, tout doit être analysé sous l'angle légal et le bon sens tend à disparaître, ce qui pouvait régler bien des situations.

Si vous n'étiez pas ou plus syndic, qu'aimeriez-vous être ?

>Je pourrais avoir une vie sociale plus importante. Davantage de temps libre pour faire plus de sports et de randonnées. J'aime beaucoup le ski, le vélo, la lecture, mais aussi la gastronomie et le vin. Côté épicurien, la gastronomie m'enchante, travailler dans le vin, ce sont des choses qui me passionnent.

Date:21.06.2018
Parution: 906

Ses valeurs

Votre devise

Faire le mieux possible selon les éléments à disposition avec comme intérêts supérieurs, la commune et le citoyen.  



Une réussite (personnelle
ou politique)

La concrétisation de l’Espace Régional des Pléiades. Un projet attendu depuis des décennies et qui offre désormais à la communauté comme à la région et aux touristes un bel espace de détente. Avec un restaurant magnifique, des vestiaires, des dortoirs et des salles multifonctions pour les sociétés locales, les entreprises, des conférences, etc. 



• Un échec 

L’évolution législative, fédérale comme cantonale, qui tend à diminuer le pouvoir des communes. Ce qui est notamment regrettable sur le plan financier, car je reste convaincu que la proximité du terrain rend les dépenses plus facilement maîtrisables.



• Un lieu pour vous ressourcer

Les Préalpes, les Pléiades, la Dent de Jaman ou le Scex che piau, nous avons la chance d’avoir énormément d’endroits extraordinaires. Même furtivement sur l’autoroute entre Vevey et Lutry, la vue de ce paysage est juste un régal. C’est assez exceptionnel et cela fait du bien à l’âme. Tout comme un regard profond ou un grand sourire échangés avec une citoyenne ou un citoyen.

 

« Je suis passé à quelque chose de très calme »

Enfant de l'Ouest lausannois, Dominique Martin avoue avoir été pro lausannois très longtemps. L'intégration dans une village comme celui de Blonay a pris un certain temps. «Je suis passé à quelque chose de très calme», s'amuse-t-il à dire. De formation commerciale, Dominique Martin a travaillé principalement dans les milieux de la construction. Sa maîtrise du Suisse allemand lui permet d'accéder à des postes enrichissants et captivants. Son moteur dans la vie? La passion; de la moto, du sport, de l'humain, de la rencontre et du partage. A travers de nombreux projets menés, qu'il qualifie de magnifiques, sa fierté va à sa participation à l'élaboration d'un merlot 2009, Champion du monde l'année suivante.

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