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Le municipal Girardin sauve son salaire, provisoirement

Vevey Le législatif reporte sa décision sur la suspension de la rémunération de l'édile sous enquête pénale et écarté de ses fonctions. En cause: le flou juridique de la situation et la crainte d'exposer la Ville à des dédommagements. Une commission devra se pencher plus en détail sur cette question.

«Arrêtons de  procrastiner» Alain Gonthier, Décroissance-Alternatives

Xavier Crépon

«À chaque fois, c'est la même chose, nous reportons cette suspension. Nous perdons du temps car certaines personnes mettent en œuvre des manœuvres dilatoires afin de protéger Monsieur Girardin. Ce sera bientôt la fin de l'année et le problème n'est toujours pas résolu.» Amer à l'issue du Conseil communal, ce 13 septembre, le municipal Jérôme Christen déplore la décision des élus de renvoyer le dossier pour étude complémentaire en commission ad hoc. Objectif: avoir davantage d'éléments concrets sur les conséquences que pourrait impliquer cette suspension de salaire.

Flou total

«Il faudra encore attendre un mois au minimum pour que le préavis soit à nouveau déposé devant le Conseil, déplore Alain Gonthier. Cela veut dire que son traitement se fera au plus tôt en novembre.» Lionel Girardin continuera donc à percevoir son salaire - 8'800 frs/mois pour un 60% - tant que les élus ne se seront pas prononcés. L'élu de Décroissance-Alternatives avait en juin déjà interpellé la Municipalité pour interrompre ce versement de manière provisionnelle. Mais selon l'exécutif, il existait encore trop d'incertitudes sur les compétences respectives des autorités pour prendre une décision. En réponse, le Conseil d'Etat rappelait qu'à défaut de base légale, la prérogative appartenait au législatif. Deux mois et demi après, la situation n'a pas changé et le flou est encore total. Le préavis est jugé sommaire par nombre d'élus et la Municipalité, divisée, peine à le défendre. «Il est difficile, pour la Municipalité d'écrire beaucoup plus sur le sujet, avance la syndique Elina Leimgruber. Nous sommes en train de défricher un nouveau terrain juridique, mais sur le fond, il s'agit avant tout d'une decision politique de la seule compétence du Conseil communal.»

Idem pour la majorité de la commission des finances (Cofin), qui s'estime incapable de rendre un avis sur la question et recommande aux élus de ne pas entrer en matière sur le préavis. Sa crainte est de voir la suspension de salaire devenir l'objet de recours juridiques et de procédures en dédommagement, ce qui pourrait encore faire augmenter la facture finale.

De toute façon perdants

Face à aux incertitudes, le Conseil devait d'abord se prononcer sur le caractère urgent d'une telle mesure, pour déterminer s'il fallait voter une suspension immédiate, ou alors renvoyer le dossier en commission ad hoc pour une étude complémentaire. «Quoi que nous décidions ce soir, ce n'est de toute façon pas bon pour Vevey, regrette l'UDC Werner Riesen. La vraie question, c'est combien va coûter cette affaire aux Veveysans? Nous sommes de toute façon perdants. Prenons donc le temps d'avoir suffisamment d'informations pour prendre la bonne décision.» Même son de cloche pour la socialiste Isabel Jerbia: «Nous devons connaître tous les éléments avant de nous prononcer. Avec si peu d'informations, nous nous devons de refuser.» À l'inverse, Alain Gonthier, lassé d'attendre, martèle: «La Municipalité nous avait annoncé que tout serait réglé en septembre et ce n'est toujours pas le cas. Arrêtons de procrastiner et mettons fin à ce scandale qui secoue notre législature, quitte à prendre quelques risques. Nous devons agir pour les veveysans.»

Partagés, les élus décident, de peu - 39 non, 31 oui, 3 abstentions - que la situation n'est pas urgente, et qu'il faut encore des informations complémentaires avant de prendre une décision finale. Ce sera donc à une commission ad hoc, et non plus la Cofin, de se pencher sur la question et de rendre son rapport.

Date:20.09.2018
Parution: 917

«La maison VMCV brûle» et Vevey appelle elle aussi à un audit

«La maison brûle, s'inquiète Clément Tolusso (Décroissance-Alternatives). Nous pouvons insuffler un peu d'énergie au conseil d'administration des VMCV en demandant un audit général.» Après Montreux, Vevey vote aussi une résolution d'audit. Cas echéant, à l'exécutif de décider à qui le confier, une société indépendante ou la Cour des comptes. La syndique Elina Leimgruber a tenu à répondre à l'interpellation du Groupe Décroissance-Alternatives: «L'engagement de chauffeurs se poursuit et nous travaillons activement pour faire un point de la situation sur l'entreprise.» Etonné que le conseil d'administration soit passé de huit à dix personnes, Clément Tolusso demandait également des précisions. «Nous sommes actuellement neuf membres. Cinq représentants des communes et quatre spécialistes, détaille la syndique, qui siège elle aussi au conseil d'administration. Nous avons engagé un administrateur de plus pour nous renforcer dans le domaine des finances et dans la tarification des transports publics ainsi qu'un contrôleur de gestion.» Selon Elina Leimgruber, les comptes 2017 étaient justes et il n'y a pas eu de «détournement d'argent public.» Des éclaircissements qui n'ont pas empêché le Conseil d'accepter à la majorité cette résolution. D'autres communes de la Riviera pourraient suivre.

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