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« Oh oui, j'ai déchanté »

Montpreveyres Jacques Chappuis est syndic depuis mars 2017, à la suite de la démission de son prédécesseur, Ernest Dubi. Engagé pour sa commune, il s'élève notamment contre les directives du Canton à l'occasion de l'application de la nouvelle Loi sur l'aménagement du territoire.

Jacques Chappuis est passionné de football, il y a joué pendant vingt ans.

Entretien: Valérie Blom

Pourquoi vous êtes-vous engagé en politique ?

> Je n'estime pas m'être engagé en politique puisque je ne suis membre d'aucun parti. Au niveau d'un petit village, le poste de syndic évoque plutôt de donner du temps, de faire profiter la communauté de son expérience de vie et de s'engager pour le bien de la commune.

Syndic est une position exposée, où l'on prend souvent des coups, vous aimez ça ?

> Est-ce que l'on vous a déjà répondu oui? Cela m'étonnerait beaucoup, je ne connais personne qui aime prendre des coups, bien que cela fasse partie de la fonction. Ce n'est jamais agréable d'être remis en question et critiqué sur des décisions prises. Pourtant les remarques peuvent nous faire avancer quand elles sont bienveillantes et ne cherchent pas uniquement à faire mal. Jusqu'à présent, les atteintes n'ont pas été trop fortes, mais cela risque de changer avec l'application de la nouvelle Loi sur l'aménagement du territoire (LAT). Montpreveyres est en surdimensionnement, nos constructions sont donc figées jusqu'au nouveau Plan général d'affectation. C'est très compliqué à gérer avec le Canton, et certains propriétaires risquent de se sentir lésés.

Que devez-vous sacrifier au plan privé pour assumer votre fonction ?

> C'est vrai que la vie de famille en prend un sacré coup. Heureusement que nos enfants sont hors de la coquille, mais pour mon épouse, les soirées en solitaire sont nombreuses. Il y a des semaines intenses ou l'on se voit vraiment qu'au petit déjeuner.

Un syndic doit souvent avoir le dernier mot. Quelles sont les limites de la démocratie selon vous ?

> Cette affirmation n'est pas tout à fait vrai, puisque dans notre Municipalité, je tiens compte de l'avis de tous et à la fin c'est réellement le consensus qui prime. Depuis le début de ma fonction, je n'ai pas eu à imposer de décision et j'espère que cela n'arrivera jamais.

Le pouvoir selon vous, une drogue dure ? Une illusion ?

> Le pouvoir est une réalité, voire même une drogue dure, mais n'a pas sa place dans la fonction de municipal ou de syndic. Afin que cela fonctionne, il faut que ce soit dans la collégialité. Pour l'exécutif d'une commune, le pouvoir est une illusion puisque le Canton, à travers ses règlements, nous laisse au final très peu de marge décisionnelle.

Entre vos idéaux et la réalité de la fonction, avez-vous déchanté ?

> Oh, oui, j'ai déchanté! L'impact du Canton sur les communes est trop important. Nous avons très peu de marges de manœuvre, nous sommes ses exécutants. Les autorités cantonales nous disent souvent que nous avons le pouvoir de décision, mais elles oublient de terminer leur phrase par un «à condition que vous fassiez comme nous le voulons»... C'est flagrant dans le dossier de la LAT.

Si vous n'étiez pas ou plus syndic, qu'aimeriez-vous être ?

> Avoir le temps d'être grand-père. Je le suis, j'ai une petite-fille.

Date:04.10.2018
Parution: 919

Ses valeurs

Votre devise

Aider les plus faibles pour que l’ensemble soit fort. 

Une réussite (personnelle ou politique)

Si je regarde en arrière, je constate que j’ai bien réussi ma vie familiale et professionnelle, sans grand exploit. Même avec une baguette magique je n’y changerais rien. 

Un échec

L’application de la LAT, de devoir annoncer à mes concitoyens qui vont être lésés considérablement sans que j’aie pu négocier avec le Canton des applications logiques et raisonnables.

Un lieu pour vous ressourcer

Ma famille, mon chez moi et les Franches-Montagnes. 

 

Fan de foot

Jacques Chappuis est né en 1956 à Peney-le-Jorat où il a fait ses écoles et sa formation d'agriculteur. Il a quitté ce domaine d'activité en 1987 pour travailler à la société d'agriculture de Mézières et s'établir à Montpreveyres. En 1992, il a pris la charge de l'intendance et la responsabilité de tout ce qui ne touche pas la pédagogie à l'école Rudolf Steiner de Lausanne. «Je me suis marié en 1979, nous avons 3 garçons, dont 2 adoptés du Pérou.» Il a joué pendant vingt ans au football dans les clubs de la région (Moudon, Thierrens et Villars-Tiercelin). Il a aussi été entraineur et président de Villars-Tiercelin.

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