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« On n'exerce pas pour recevoir des fleurs »

Vionnaz S'il n'y est pas né, son président Laurent Lattion défend tout de même avec passion les intérêts de Vionnaz. Cet informaticien de 46 ans s'attèle à concrétiser les projets de ses prédécesseurs et à en amener de nouveaux. Il a plaisir à côtoyer les quelque 2'691 âmes de sa « commune à taille humaine », comme il la qualifie, mais il en apprécie aussi les paysages, qu'il sillonne chaussures de randonnée aux pieds.

« Avec moi, on peut toujours discuter, même si ça ne m'empêche pas d'avoir un avis », déclare Laurent Lattion. DR

Entretien et photo : Valérie Passello

Pourquoi vous êtes-vous engagé en politique ?

> Pour mettre du temps et de l'énergie à disposition de la population. En ce qui me concerne, ça a aussi été une manière de m'intégrer, puisque je suis « hors sol ». Ayant grandi à Orsières, j'étais étranger à Vionnaz. Ce n'était pas un rêve d'enfant que de devenir président de commune, c'est un peu le hasard qui m'y a amené. Aux élections de 2004, je n'étais pas candidat, mais le PDC+ avait gagné un siège supplémentaire et il lui manquait quelqu'un. Du coup, j'ai été choisi par les parrains de la liste. Je suis rentré « par la petite porte ».

Président de commune est une position exposée, où l'on prend souvent des coups, vous aimez ça ?

> Non, je ne suis pas maso, évidemment! Mais il est clair que l'on n'exerce pas cette fonction pour recevoir des fleurs. On est là pour faire avancer les dossiers et pour donner des impulsions à l'évolution de la commune. Je suis d'un naturel assez soucieux, alors je n'aime pas les situations conflictuelles. Il y en a heureusement très peu à Vionnaz. Par contre, ce n'est pas la quantité qui pèse, mais l'occupation que ça donne à l'esprit. Je préfère que l'on vienne me voir directement, car cela me permet de répondre, d'argumenter et de m'améliorer aussi, car nous sommes tous perfectibles.

Que devez-vous sacrifier au plan privé pour assumer votre fonction ?

> C'est de l'équilibrisme pour ne péjorer ni la vie professionnelle, ni la vie personnelle et familiale, ni vie publique. Je ne peux pas dire que j'aie dû abandonner une activité particulière, même si j'ai moins de temps. J'essaie tout de même de ménager mes week-ends au maximum pour profiter de ma famille

Un président de commune doit souvent avoir le dernier mot. Quelles sont les limites de la démocratie selon vous ?

> Il est beaucoup plus difficile de devoir dire non à quelqu'un plutôt que oui. Après, modestement, je ne suis qu'un sur sept. Chacun a voix au chapitre. L'important est de respecter le principe de collégialité et le devoir de réserve. Une fois qu'une décision est arrêtée, ça n'intéresse personne que je sois pour ou contre à titre personnel. Ce qui est important, c'est d'expliquer à la population pourquoi la Municipalité l'a prise, en tenant compte de l'intérêt de la collectivité et pas d'intérêts personnels. Bien sûr que, comme le président est en tête de gondole, c'est généralement sur lui que les critiques retombent.

Le pouvoir selon vous, une drogue dure ? Une illusion ?

> Une drogue dure ? Le jour où j'aurai terminé mon mandat, on verra bien si j'arrive à me désintoxiquer! Rendez-vous dans quelques années, je ne vous dévoile pas quand... Je ne dirais pas que c'est addictif, mais en tout cas c'est très prenant et passionnant. Une illusion, je ne crois pas. Il y a des institutions qui existent et avec lesquelles on fonctionne, toujours dans l'intérêt de la collectivité.

Entre vos idéaux et la réalité de la fonction, avez-vous déchanté ?

> Quand on débute, on aimerait faire avancer les choses vite, puis on se rend compte qu'il y a des écueils techniques et administratifs. C'est peut-être là qu'il y a, si ce n'est une désillusion, en tout cas une prise de conscience que des dossiers pouvant paraître simples vus de l'extérieur, prennent un certain temps, pour des questions de procédures. Il y a aussi une complexification des tâches. Nous sommes des miliciens et parfois, nous prenons des décisions avec ce que j'appelle « le bon sens paysan ». Par la suite, on se rend compte que juridiquement, ce n'est pas tout à fait juste. Il faut aussi savoir reconnaître que l'on s'est trompé et en retirer les enseignements.

Si vous n'étiez pas ou plus président de commune, qu'aimeriez-vous être ?

> J'ai de la peine à imaginer l'après-présidence, mais je peux tout à fait concevoir que j'arriverai à m'adonner à mes activités favorites en-dehors de la maison de commune. Cela dit, je n'ai pas de plan de carrière précis ou d'ambition politique particulière.

Date:25.10.2018
Parution: 922

Ses valeurs

Votre devise

Au service de tous, à l’écoute de chacun.

Une réussite (personnelle ou politique)

La mise en service de trois projets de turbinage durant les cinq dernières années, et le quatrième en cours de construction. C’est un signal politique qui témoigne de la volonté de valoriser les énergies renouvelables. D’autant que ces projets, à terme, assurent un rendement financier à la commune. Les appartements adaptés «Les Hirondelles» et la refonte de la place du village donnent aussi entière satisfaction.

Un échec

Je peux tout au plus citer des décisions ou situations a priori défavorables, qui nous ont, in fine, permis de reculer pour mieux sauter. Par contre, nous avons de gros défis à relever, comme l’association des communes du Haut-Lac, les remontées mécaniques et le développement du tourisme. La mobilité dans le Haut-Lac est également un sujet de préoccupation et d’attention particulier.

Un lieu pour vous ressourcer

La combe d’Outanne et le vallon de Savalène. Les deux sont situés sur les hauts de Torgon et celui de Savalène en partie sur la commune de Vouvry, ce qui prouve qu’on est ouvert d’esprit (rires)! La montagne en général me permet de me ressourcer.

 

Un mordu de rando parfois impatient

Papa de quatre enfants de 12 à 19 ans, Laurent Lattion se dit « soucieux », ce qu'il considère plutôt comme une qualité. Il reconnaît être parfois « trop impatient », mais l'exercice de la présidence lui apprend à réfréner cette facette de sa personnalité. Discret, consciencieux et travailleur, il aime le contact direct et voit le dialogue comme un élément primordial de sa fonction. Arrivé à Vionnaz en 2002, il profite de la nature dès qu'il le peut. « La randonnée me permet de me vider la tête », sourit-il.

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