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« Le privé passe en second »

Forel Genevoise d'origine, Suzanne Audino n'est arrivée à Forel qu'après la naissance de ses deux enfants. Toujours intéressée par la politique, c'est naturellement qu'elle s'engage pour sa commune, d'abord au législatif, puis à l'exécutif. Un travail «intéressant et exigeant».

« Nous sommes toujours au front », confie Suzanne Audino,  syndique de Forel. DR

Propos recueillis par Valérie Blom

Pourquoi vous êtes-vous engagée en politique?

> Ce fut un concours de circonstances. Je suis entrée au Conseil communal comme conseillère, puis nommée à son bureau comme secrétaire remplaçante. Lors d'une séance interminable qui se poursuivait après minuit, j'ai décidé de me présenter comme vice-présidente. La suite a voulu qu'après la démission d'un municipal, j'ai été élue syndique lors d'une élection complémentaire. Dans ma jeunesse, autour de la table familiale, on a toujours beaucoup parlé de l'actualité et de la politique du moment. C'est donc naturel pour moi de m'y intéresser.

Syndic est une position exposée, où l'on prend souvent des coups, vous aimez ça?

> Nous sommes toujours au front. Lorsqu'il y a quelque chose qui cloche, le réflexe est de téléphoner à la syndique ou de lui envoyer un email. Cela fait partie de la fonction, au niveau d'une petite commune, nous sommes très accessibles. Prendre des coups, pour l'instant pas trop, cela risque peut-être de venir! Or, personne n'aime en recevoir et nous ne sommes pas élus pour cela. Si nous considérons que les échecs en font partie, alors nous ne pouvons pas réussir à tous les coups...

Que devez-vous sacrifier au plan privé pour assumer votre fonction?

> Le sacrifice est la vie privée et le manque de temps pour beaucoup de choses alors que j'ai de la chance d'être à la retraite. Impossible de placer un rendez-vous privé ou communal sans son agenda sous les yeux. En famille, tout se planifie en fonction du calendrier communal et il faut prévoir sa propre absence. Le privé passe en second.

Un syndic doit souvent avoir le dernier mot. Quelles sont les limites de la démocratie selon vous?

> Le mot de la fin n'est pas forcément le dernier mot. Les limites de la démocratie, c'est lorsque le citoyen met en doute la position de la Municipalité. Cela n'arrive pas souvent, mais c'est parfois le cas et il faut se positionner. La collégialité est alors importante. Par chance cela fonctionne très bien dans notre commune, le consensus est vite trouvé.

Le pouvoir selon vous, une drogue dure? Une illusion?

> Je n'ai pas du tout le sentiment d'avoir du pouvoir. Un roi, un président ont le pouvoir, mais à mon échelle dans une commune telle que la nôtre, je fais de la gestion de biens confiés et je le fais le mieux possible dans le but de faire évoluer les choses ou de maintenir les acquis.

Entre vos idéaux et la réalité de la fonction, avez-vous déchanté?

> Déchanté non, mais surprise quand même par l'ampleur de la tâche, même si j'étais déjà conseillère avant. Nous pensons Commune du matin au soir. Un travail intéressant, prenant et exigeant... Il est parfois difficile de décrocher. Pas de vacances sans départ de la maison! Sinon, nous restons confrontés aux obligations de la fonction.

Si vous n'étiez pas ou plus syndique, qu'aimeriez-vous être?

> Une simple retraitée, avec beaucoup de temps libre, pour s'adonner aux petits plaisirs de la vie. M'occuper des rosiers du jardin, rester tranquille et lire. Des lectures autres que celles que nous devons prendre connaissance régulièrement!

Date:01.11.2018
Parution: 923

Ses valeurs

Votre devise

Le dialogue avant toute chose, car tant que l’on peut se parler, il y a de l’espoir pour un consensus.

Une réussite (personnelle ou politique)

Je n’aime pas trop le mot réussite, mais plutôt satisfaction! Celle du chemin parcouru et d’être venue m’installer à Forel peut-être…

Un échec

Pour ma part encore aucun, mais des regrets et lorsque le train a passé, il a passé.

Un lieu pour vous ressourcer

La maison en tout premier lieu, la forêt et en été le lac. Une fois par semaine de participer aux leçons de gym, un lieu aussi pour se libérer le corps et l’esprit.

 

Une grand-maman heureuse

Née à Genève en 1953, arrivée dans le canton de Vaud en hiver 1956, Suzanne Audino a fait son école à Grancy et Cossonay, puis un apprentissage d'employée de commerce. Elle s'est mariée en 1972 et part pour Lucerne. Elle est engagée tout d'abord dans une petite PME comme employée dans une société qui s'occupait de la vente de cassettes audio. S'en est suivi un emploi à la direction générale de la CSS comme secrétaire.

Après cinq ans, elle revient en Suisse romande, à Préverenges, retour suivi de la naissance de ses deux enfants (en 1979 et en 1982). La famille déménage pour Forel en juillet 1981. A son arrivée, elle a intégré la société de gymnastique du village. Elle s'est ensuite engagée comme monitrice gym mères-enfants, et elle a été secrétaire au comité. Elle reprend le travail en 1987 dans une petite PME à Forel et en 1989 est engagée au Greffe de la commune jusqu'en 2005. La même année, elle se charge de l'agence d'assurances sociales Savigny-Forel, sise à Savigny. En janvier 2017, elle prend une retraite anticipée, à la suite de sa nomination en tant que syndique en juillet 2016. Son fils aîné est papa depuis 2015 d'un petit garçon, au grand bonheur de sa grand-maman.

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