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Tarifs, rabais, critères de location : dans la jungle des salles communales

Salles communales Organiser une fête, un mariage, une conférence, un anniversaire, une manifestation ou un repas de société requiert de trouver des locaux adéquats. De nombreuses communes proposent des salles en location à des conditions diverses, offrant des rabais ou même la gratuité aux sociétés locales, ainsi que des tarifs préférentiels ou une priorité de réservation à leurs habitants. Mais de Vevey à Collombey, en passant par Lutry, Bourg-en-Lavaux, Oron, Montreux, Aigle ou Monthey, chacune a sa propre manière de procéder et il peut être difficile de s'y retrouver. Eclairage et coups de cœur.

Montreux-Riviera

Valérie Passello

«Notre patrimoine local est sous-estimé. Montreux a les moyens de soutenir davantage les sociétés, par exemple en leur offrant la jouissance gratuite des salles communales», estime Olivier Raduljica, conseiller communal. Le socialiste a développé cette idée dans un postulat, mais le plénum a finalement rejeté sa proposition en juin dernier.

«Le premier geste pour les sociétés locales est de créer et d'entretenir ces salles, considère le municipal montreusien du patrimoine Caleb Walther. Certaines ne comprennent pas qu'on leur fasse payer un loyer tout en leur versant une subvention, mais cela se clarifie très vite quand on explique qu'une administration doit savoir ce que lui coûtent et rapportent ses infrastructures et soutiens publics.» Olivier Raduljica ne s'en satisfait pas: «Ce que la commune donne d'une main, elle le reprend de l'autre. Or, ces organisations, dont les membres sont généralement tous bénévoles, ont sans doute mieux à faire que de dépenser de l'énergie pour assurer leur survie financière.»

Pour étayer ses dires, le postulant citait Vevey en exemple, car cette commune voisine offre la gratuité de la Salle Del Castillo une fois par année aux sociétés locales sans but lucratif. Vevey gère elle-même quatre salles et deux caveaux, qui lui rapportent un revenu brut d'environ 20'000 frs par année, pour 120 à 130 locations en moyenne. À noter que la Salle Del Castillo appartient à la ville, mais est gérée par la Fondation des Arts et Spectacles. En plus de la grande salle elle-même, il est possible d'y louer d'autres locaux, comme l'Espace Camille Saint-Saëns ou le Salon Clara Haskil. En 2017 et 2018, 82 contrats de location y ont été signés, pour un total de 170 jours d'occupation. Le municipal de la culture Michel Agnant précise: «Pour l'instant, le service des gérances encaisse les loyers et les sociétés locales peuvent demander un remboursement auprès du service de la culture. C'est un système que nous voulons remanier, afin que les sociétés n'aient plus qu'un interlocuteur, qui soit, en outre, à même de les aiguiller vers la salle idoine.»

Si partout, de nombreux espaces peuvent être loués pour différents événements (cf. photo de page 1, la salle du Petit Palais Fairmont du Montreux Palace), notre enquête s'attarde sur ceux gérés par les communes elles-mêmes.

Gratuit à Pully, rabais à Aigle et Monthey

Et en matière de gestion et de mise à disposition de leurs différents locaux, les communes ont toutes leur politique propre. Exemple à Oron, où Francis Zbinden, vice-président de l'Union des Sociétés Locales de Palézieux, estime que la Commune a tout juste: «Nous sommes très satisfaits, car chaque société dispose gracieusement d'une salle pour une manifestation annuelle, ainsi que pour son assemblée générale. En cas d'événement supplémentaire, un prix spécial est pratiqué.» Idem à Pully, pour les membres de l'Association de Promotion Pully-Paudex-Belmont. La ville offre en outre la gratuité aux sociétés d'intérêt public dont le siège se trouve sur son territoire, ainsi qu'aux partis politiques pour des séances de préparation au Conseil communal. Ces derniers peuvent aussi utiliser gratuitement la grande salle de la Maison Pulliérane une fois par année.

Dans le Chablais, Aigle applique des tarifs préférentiels pour tous ses citoyens, y compris privés. Pour louer la salle de l'Aiglon pendant un jour, par exemple, un résident ou une société locale paiera 400 frs, un habitant d'une autre commune déboursera 600 frs et il en coûtera 900 frs à une société extérieure. Président d'«Aigle s'éclate», Pierre-Yves Brélaz juge le système adapté: «Pour nos manifestations, comme la Revue du Chablais, nous ne demandons ni gratuité de la salle, ni subventions. Pendant deux mois, nous louons l'entier des locaux, buvette comprise, ce qui représente une somme importante pour nous. Mais je trouverais indécent d'aller demander de l'argent public, alors que nous dégageons un bénéfice.» Tout comme Montreux néanmoins, Aigle subventionne de nombreuses sociétés, amenant un équilibre dans la balance. «Sur le principe, ajoute Pierre-Yves Brélaz, je trouve tout à fait normal que la commune facture une location pour l'entretien des bâtiments. Il y a simplement un cadre à déterminer au départ.»

À Monthey, le système de location des dix salles gérées par la commune est mixte, en fonction des locaux concernés. Les habitants jouissent de toute façon de prix plus bas que les résidents extérieurs. «Les sociétés locales, membres de Monthey tourisme depuis trois ans consécutivement, bénéficient du demi-tarif pour une manifestation en lien avec leur société, ainsi que d'une gratuité annuelle sur la salle de la Gare, la salle des Gouverneurs, la salle Centrale et la Maison du Sel, pour une manifestation sans recette», stipule le règlement. Les sociétés culturelles sans but lucratif ont aussi droit à utilisation offerte du Théâtre du Crochetan pour leur soirée annuelle, ainsi que d'une journée de répétition.

Le service plutôt que le bénéfice

Dans tous les cas, couverts, salles polyvalentes, carnotzets et autres refuges ne génèrent pas de revenus mirobolants pour les communes. Aigle dégageait en 2017 un bénéfice net de 26'045 frs, une fois retranchés les frais d'entretien et de fonctionnement. À Monthey et Collombey-Muraz, la réponse est la même: «La commune n'a pas pour but de tirer un bénéfice de ces locations, mais d'offrir un service à la population.» Le Veveysan Michel Agnant abonde: «Les loyers sont presque gravés dans le marbre! Ils ont été décidés par la Municipalité, simplement pour couvrir le fonctionnement.» Emmanuel Bérard, chef du service administration et finances collombeyroud, précise que ce n'est pas un revenu, mais un coût qui est induit pour sa commune.

La ville de Pully conclut environ 600 contrats de location annuels pour ses trois salles de conférence, sa grande salle, son foyer, sa salle de projection et ses trois refuges. Le revenu brut des locations était de 102'500 frs en 2017, mais le chef de la direction des gérances, Sébastien Cornuz, tempère: «De nombreuses prestations sont effectuées par nos services pour la mise en place des salles. La ville doit aussi en assumer les frais d'entretien.» Ces différents coûts n'ont ici pas été déduits du total.

Dans toutes les communes interrogées, les prix de location sont, de manière générale, relativement bas. À Lutry par exemple, le Caveau du Château, chaleureux et rustique, ou le Caveau Mafli, plus moderne mais tout aussi charmant, sont à la disposition des Lutryens pour 150 frs et à celle des résidents extérieurs pour 180 frs, un loyer auquel s'ajoute une somme de 30 frs pour le nettoyage. De quoi organiser une fête sans grever son budget.

Tarifs revus à la hausse

Au service des gérances de Bourg-en-Lavaux, Alessandra Vulliens remarque: «Les prix avaient été adaptés au moment de la fusion en 2011, mais aucun ajustement n'a été fait depuis. Nous pensons à les revoir à la hausse, notamment pour la Grande Salle d'Epesses.» Actuellement, cette dernière est louée aux habitants pour 200 frs, de 8h à 2h du matin le lendemain, et à 350 frs pour les non-résidents. Là encore, les montants semblent très raisonnables pour une salle dotée d'une scène et d'une cuisine équipée, pouvant accueillir jusqu'à 180 personnes.

Collombey-Muraz, quant à elle, remaniera ses tarifs en 2019, mais pour une autre raison, souligne Emmanuel Bérard: «Étant donné l'introduction de la taxe déchets au 1er janvier 2018, nous aimerions inclure dans la location des salles les aspects d'évacuation des déchets et de remise en état après la manifestation.»

À Montreux, indique Caleb Walther, «une démarche est en cours pour uniformiser les loyers pour les infrastructures sportives (réd: pas prises en compte dans cet article). Les tarifs doivent permettre une clarté financière, notamment en regard des associations que nous subventionnons et surtout, une équité de traitement. En-dehors de démarches d'harmonisation, les tarifs sont revus lorsqu'il y a de gros travaux qui changent substantiellement l'offre de la salle.» Enfin à Pully, les prix sont revus tous les trois à quatre ans, selon Sébastien Cornuz: «Le but est de les réajuster en fonction du marché, des travaux et du niveau de commodité offert au client», énumère-t-il.

Prière de consommer local

Outre les tarifs préférentiels appliqués pour les habitants, d'autres conditions peuvent être fixées. À Pully par exemple, un délai de réservation plus long est accordé aux citoyens. À Oron, explique l'administration, «nous privilégions les habitants si nous devons faire un choix.» Pour certains objets très prisés, comme le Couvert du Bochet de Collombey-Muraz, la course aux réservations est parfois rude. Si plusieurs personnes se sont pré-annoncées avant la date officielle, la commune ne donne pas la priorité aux Collombeyrouds, mais procède à un tirage au sort. Le cas de figure, indique le site internet de la commune, est «récurrent».

Dans la commune de Bourg-en-Lavaux, une autre condition est précisée, rapporte Alessandra Vulliens: «Lorsque des grandes salles sont louées, à l'occasion de mariages notamment, nous demandons aux organisateurs de faire appel à un traiteur du District de Lavaux-Oron. Ils sont priés d'en indiquer le nom sur le contrat de location. Bien sûr, nous ne sommes pas rigides. Si un autre traiteur a été choisi longtemps auparavant, nous réclamons, au moins, que les vins servis viennent d'un vigneron de la commune.» À Puidoux, cette condition s'adresse aux personnes venant de l'extérieur, qui ont «l'obligation de prendre un traiteur de Puidoux», stipule le règlement.

Date:15.11.2018
Parution: 925

Combien de salles dans votre commune ?

Pas toujours facile de s'y retrouver pour connaître l'offre à disposition près de chez soi. De manière générale, le site internet de chaque commune propose un onglet «salles à louer», donnant plus ou moins de renseignements sur les conditions et tarifs de location, parfois les disponibilités d'un local. Bien que non exhaustif, le site internet www.refuges.ch recense un grand nombre de salles, buvettes, cabanes et autres lieux pour l'organisation de manifestations, à sélectionner par canton et par capacité d'accueil. Sur le site de la Ville de Vevey, une brochure peut être téléchargée, indiquant les salles à louer, les tarifs et les contacts. De nombreux locaux n'ont pas été évoqués dans cet article, car ils sont gérés par des entités privées. Voici le nombre de salles communales pour chaque commune citée:

Aigle:9

Bourg-en-Lavaux:18

Collombey-Muraz:11

Lutry:7

Monthey:10

Montreux: non communiqué

Puidoux:6

Pully:9

Oron:17

Vevey:6

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