Télécharger
l’édition n°954
au format PDF
Région Lausanne Région Lavaux Région Riviera Région Chablais Région Oron
Dernière minute
La semaine prochaine
Bonus du net

Le maintien à domicile gagnant

Vevey En latin, «Alterum» signifie alternatives. C'est le nom d'une PME pas comme les autres qui donne à la fois une chance aux plus de 50 ans de reprendre une activité et aux seniors d'être accompagnés par un ou une «alterumien» proche de chez eux et en affinité avec leurs centres d'intérêts.

Service d'aide à domicile pour les seniors, Alterum n'engage que des collaborateurs de plus de 50 ans.DR

Magaly Mavilia

«Le but d'Alterum est le contact et la qualité de vie». Créée en 2017 par le Veveysan Julien Baertschi et les Lausannois Victor Ratiu et Blaise Dagon, cette PME basée à Vevey est active dans toute la Suisse romande. Ses valeurs? Donner le temps nécessaire à l'accompagnement des personnes âgées à domicile et favoriser une relation privilégiée et de confiance. «L'idée est de former, dans la mesure du possible, des «binômes» qui vont apprendre à se connaître et qui sont mis en lien en fonction des affinités de chacun», explique Julien Baertschi. Les services d'Alterum sont reconnus par certaines assurances et prestations complémentaires et l'entreprise travaille régulièrement en collaboration avec les centres médico-sociaux.

Du travail pour les plus de 50 ans

Julien Baertschi a décidé de n'engager que des collaborateurs de plus de 50 ans. Pourquoi? «J'avais envie de donner une chance à ceux qui peinent à trouver du travail. C'est une façon de lutter contre le chômage et de redonner une activité à ceux et celles qui, ayant perdu leur emploi, se sentent parfois inutiles. Mais je pense aussi qu'à cet âge-là, on est plus à même de comprendre les préoccupations de la génération qui nous a précédés. En engageant de «jeunes seniors», je peux aussi compter sur une certaine maturité et surtout de la stabilité. Ce qui est très rassurant pour les bénéficiaires.» Forte d'un réseau de plus de 500 collaborateurs, nommés «alterumiens» ou «alterumiennes», l'entreprise propose des accompagnants qui vivent le plus près possible de leurs «clients». Avantages? D'une part l'«alterumien» a peu de déplacement à faire et son binôme peut compter sur un soutien en cas de besoin. «Nous faisons un planning mais notre fonctionnement permet à l'employé ou à la personne âgée de le modifier facilement en cas de besoin.»

Nous ne sommes plus dans le paraître

Passionnée par le milieu médical, Paola Keel est bénévole à la section de soins palliatifs de l'hôpital de Lavaux. En passe de terminer une formation en réflexologie, Paola a entendu parler d'Alterum à la radio. «C'est exactement ce dont j'avais besoin et envie», raconte la «jeune senior» de 56 ans. En habitant à Grandvaux, je suis à 10 minutes de Violette et c'est bien pratique pour elle comme pour moi». Ce qui fascine cette Mexicaine très attachée aux valeurs familiales, c'est aussi le lien privilégié qui se développe avec des seniors. «Il y a une richesse énorme dans la relation à ce moment de la vie. Nous ne sommes plus dans le paraître mais dans l'être. Avec Violette, j'ai un peu l'impression de m'occuper de ma maman, qui a 93 ans. Je peux constater qu'elles partagent les mêmes préoccupations quotidiennes.»

Pour Paola, comme pour Julien, le plus important est de pouvoir maintenir l'autonomie. «Mon fils travaille dans un établissement médico-social et remarque à quel point il est douloureux de quitter son domicile», confie Paola. «Je souhaiterais que des initiatives comme celles d'Alterum se multiplient. Car je suis persuadée qu'en développant un travail d'équipe entre la famille, le corps médical et les accompagnants, nous pouvons apporter une vraie solution de société humaine. C'est un modèle encore un peu nouveau, mais j'y crois beaucoup. Il permet de conserver la dignité, la liberté et le choix de leur vie aux personnes âgées.»

Date:20.06.2019
Parution: 954

« J’ai remis mon permis de conduire à 89 ans »

Violette (prénom d’emprunt) est bien désolée d’avoir dû lâcher son permis de conduire l’automne dernier à la veille de ses 90 ans. «Je ne suis plus aussi autonome, mais je tiens à rester à la maison», souligne cette habitante de la région de Lavaux. «L’initiative de Julien Baertschi mérite qu’on lui fasse de la réclame», profite-t-elle de glisser au Régional entre deux questions. «C’est une excellente idée d’engager des gens de plus de 50 ans. Je n’ai rien contre les jeunes, mais je me rends compte que ma petite-fille, qui a 25 ans, n’a aucune idée des difficultés que je rencontre. Tout prends plus de temps qu’avant, je ne suis plus sûre de marcher seule et bien d’autres petites choses qui ne sont pas pour autant des raisons d’aller dans un établissement médico-social. Il y a beaucoup de gens qui souhaite rester chez eux et une organisation comme celle-ci est précieuse».

Dans ce dossier

Documents

Vidéo
Documents audio