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Deux Lutryennes au secours des déracinés

Entraide Des murs criblés de balles, des camps extrêmement précaires dans lesquels des familles tentent de survivre, la solidarité d'un petit pays longtemps en guerre, et tant de personnes dans la souffrance. Virginie l'a vécu en direct au Liban. Sa sœur Alexia l'a rejointe pour témoigner photographiquement. Elles recherchent 10'000 frs pour permettre à des enfants syriens d'avoir accès à l'éducation dans les camps de réfugiés.

Dans cette plaine de la Bekaa, la nouvelle génération qui stagne là dans le dénuement n'a pas accès à l'éducation. DR

Nina Brissot

«On ne peut pas choisir entre payer le bus pour que les enfants aillent à l'école, ou acheter du pain». C'est une mère Syrienne qui s'exprime, parquée avec sa famille dans la vallée de la Bekaa, près de Baalbek au Liban. Ils sont un peu plus d'un million à avoir trouvé refuge dans ce petit Liban qui, entre 1975 et 1990, a lui aussi vécu une guerre cruelle. Des familles, mais aussi beaucoup de femmes ou d'enfants seuls, ayant perdu leurs proches dans cette guerre syrienne qui se prolonge. Une situation plus que difficile pour beaucoup si l'on tient compte qu'en plus d'une pauvreté extrême, les réfugiés doivent se faire invisibles à cause des différents historiques qui ont toujours rendu les Syriens impopulaires aux yeux des Libanais. Mais entre la précarité et la mort, il n'y a même pas de choix.

En immersion

Titulaire d'un master en science des religions, Virginie Pache s'intéresse à la culture musulmane. Cette Lutryenne s'était justement fait connaitre par son travail de master sur l'adoption dans les pays musulmans d'une Barbie revue et voilée, appelée «La Fulla» (Le Régional 887). Elle s'est immergée dans ce milieu de déracinés réfugiés. Elle a visité les camps et durant 3 mois, en 2018, elle a rejoint sur place une ONG pour effectuer un travail de recherche sur la situation sociale des réfugiés syriens au Liban. Touchée au cœur par les conditions de vie sur place, par les nombreux témoignages de personnes déplacées, tombées dans la misère, meurtries par la guerre, elle a voulu, à sa manière dire les choses. Raconter l'effet sur l'humain des bombardements, des attaques au gaz sarin, voir la mort les cerner, vivre la terreur. Surtout, elle a réalisé que loin de tout, dans cette plaine de la Bekaa, la nouvelle génération qui stagne là dans le dénuement n'a pas accès à l'éducation. Comment pourra-t-elle alors reconstruire un pays lorsqu'aura cessé ce massacre et que les Syriens pourront retourner chez eux?

Témoigner

Lorsque sa sœur Alexia, diplômée de l'ECAL l'a rejointe, elles ont décidé de faire quelque chose à taille humaine pour aider ces enfants. Sachant qu'une image vaut 10'000 mots. Alexia a photographié de nombreuses scènes de survie. Les deux sœurs ont alors créé un ouvrage, très beau, très sobre, intitulé «Déracinés au Liban». Des scènes de vie ou de survie, des situations, des enfants, des visages. Virginie a recueilli de nombreux témoignages et en rend une partie dans le livre. A l'instar de cette Syrienne de 43 ans qui dans une conversation résume une situation: «Elles sont parties à cause de la guerre? Oui! Et c'était comment la guerre et le trajet jusqu'ici? Beaucoup, beaucoup de peur... Sur le chemin, tu vois les gens qui sont morts et ceux qui tuent dans la rue... tu vois la maman qui a perdu ses enfants et les cherche, quelle catastrophe»... Et la situation se prolonge. Certaines personnes sont là depuis 2011 déjà. Jusqu'à quand?

10'000 frs à trouver

Il y a aujourd'hui environ 500'000 enfants syriens qui vivent au Liban dont une majorité n'a accès à rien. Virginie et Alexia tentent de récolter au minimum 10'000 frs pour qu'une petite part de ces enfants puissent accéder à un minimum d'enseignement. Elles retourneront ensuite au Liban pour un suivi. Un financement participatif a été lancé et fonctionne bien, mais il est limité dans le temps. Pour compléter, elles récoltent encore des dons (voir encadré).

Date:27.06.2019
Parution: 955

Comment aider

Pour soutenir ce projet, il est possible de faire un versement sur le CCP CH60 0900 0000 1527 7784 9 - BIC : POFICHBEXXX/PostFinance, compte d'Alexia Pache et Virginie Pache, adresse : Côtes de Bochat 5, 1093 La Conversion. Pour les dons dès 50 frs correspondant à un mois d'école pour un enfant, un livre sera envoyé aux donateurs. Pour plus d'informations sur ce projet, voici leur site internet : https://impact-together.ch

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