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Ces gratte-ciel auxquels a échappé la Romandie

Corseaux Gratte-ciel et autres tours construits ou projetés de Lausanne à Aminona de 1930 à 1970 sont au cœur de la nouvelle exposition présentée à la Villa «Le Lac» Le Corbusier. Pour un autre regard sur ces édifices au cœur des actuels enjeux urbanistiques.

La tour de Bel-Air à Lausanne, premier gratte-ciel de Suisse.

Priska Hess

Elle devait culminer à 280 mètres sur le site de Beaulieu à Lausanne. Hyperboloïde, avec un escalier intérieur hélicoïdal, elle devait abriter neuf étages destinés à la Faculté de HEC, dans le cadre du déplacement extra-muros de l'Université de Lausanne. Et dans sa partie supérieure, surmontée d'une flèche d'acier, un restaurant de luxe, une brasserie et même un carnotzet. Conçue par Jean Tschumi, à qui l'on doit notamment le siège de Nestlé à Vevey, en vue de l'Exposition nationale de 1964, cette tour d'observation ne verra jamais le jour, le décès de l'architecte suisse dans le train Paris-Vallorbe ayant mis un terme au projet. «Si elle avait été édifiée, elle aurait été la plus belle réalisation de Suisse jusqu'à ce jour. Il a fallu attendre 2010 pour qu'une tour de ce style soit réalisée, la fameuse tour de télévision à Canton en Chine», narre avec passion Patrick Moser, conservateur de la Villa «Le Lac» Le Corbusier à Corseaux. Jusqu'au 27 octobre, la petite maison, inscrite au Patrimoine mondial de l'Unesco et tout en horizontalité, accueille une exposition tout en verticalité sur les gratte-ciel et autres building construits ou projetés de 1930 à 1970 à Lausanne, Vevey, Montreux et Aminona. «En Suisse, on n'a jamais aimé les tours – on préfère les gratte-ciel naturels que sont les montagnes. Pourtant, construire en hauteur est aujourd'hui une nécessité si l'on recherche des solutions urbanistiques pérennes».

Un gratte-ciel sur la Place du Marché

L'exposition présente cinq tours «retenues pour leur représentativité, leurs qualités esthétiques et la beauté formelle des documents d'archives», précise Patrick Moser. Avec des dessins, des plans et des photographies, mais pas de maquettes. «Il n'en existe pas forcément. Et celle de la tour de Beaulieu de Tschumi fait presque la moitié de la Villa «Le Lac» et n'aurait pas pu y entrer!». Aux côtés de cette œuvre du célèbre architecte, on pourra découvrir l'énigmatique «Cité Moderne» destinée, selon la légende, à remplacer la Grenette à la Place du Marché. Mais aussi l'histoire de la tour de Bel-Air à Lausanne, premier gratte-ciel de Suisse, et celle des 23 tours d'inspiration tibétaine sur les hauts d'Aminona, dont seules trois furent finalement construites, piètre avant-goût de cette station de montagne imaginée par l'architecte André Gaillard. Enfin la Tour d'Ivoire, avec ses balcons évoquant le vent dans les voiles, érigée du temps où Montreux rêvait d'être un «petit Monaco». Décriée lors de sa construction et encore en note 7 «altérant le site» au recensement architectural, elle est aujourd'hui «un emblème de la ville qu'il serait impensable de démolir», relève Patrick Moser.

Exposition à voir jusqu'au 27 octobre : www.villalelac.ch

Date:27.06.2019
Parution: 955

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