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Débat houleux sur le climat

Bourg-en-Lavaux Gauche-droite, droite-gauche: les élus se sont adonnés à une vigoureuse partie de ping-pong au dernier Conseil communal. Un vrai débat politique qui, s'il rassemble les partis dans le fond, a fait réagir sur la forme. En cause, une motion sur l'urgence climatique, un terme qui est d'ailleurs loin de faire l'unanimité.

«Faire le point de la situation serait tout à fait utile et nous permettrait d'établir des solutions adaptées» Florence Gross, PLR-ICDDr

Magaly Mavilia

A la suite des mobilisations en faveur de la protection du climat, le groupe socialiste et indépendants de gauche a déposé une motion qui a suscité de vifs débats au Conseil communal du 24 juin. De son côté, le syndic Jean-Pierre Haenni, qui s'est senti un peu «pressé» par cette motion, a annoncé un projet tout ce qu'il y a de plus durable pour chauffer et rafraîchir l'hôpital de Lavaux et les futurs bâtiments du plateau de la gare en pompant l'eau du lac. «Le Canton a donné son accord de principe et l'hôpital de Lavaux est intéressé, confirme l'édile. Mais il est trop tôt pour en dire davantage».

Motion «peu applicable»

S'inquiéter du climat et agir à son échelle, tout le monde approuve ou presque. Mais ce qui a fâché la droite à la lecture de la motion déposée par Jonas Cuénoud (conseiller communal PSIG - Parti socialiste et Indépendants de gauche), c'est la reprise mot pour mot d'une motion déposée à Yverdon. Une situation «peu comparable avec notre commune», selon la conseillère PLR-ICD (Indépendants Centre Droite) Florence Gross qui, tout en pointant les incohérences, comme ajouter des points d'eau dans une commune qui regorge de fontaines,- a tendu la perche à la gauche en suggérant de muer cette motion «peu applicable» en un postulat. «Faire le point de la situation serait tout à fait utile et nous permettrait d'établir des solutions adaptées».

La marge de manœuvre d'une commune classée à l'UNESCO est mince et, de fait, «la motion était effectivement un peu contraignante», reconnaît Jonas Cuénod. Mais le conseiller PSIG suggère de petites actions: davantage de places de parc pour les vélos et, pourquoi pas, des véhicules communaux électriques.

Urgence, quelle urgence?

Climatosceptique, un élu de droite se demande si la commune a les moyens financiers de se préoccuper d'une urgence qui n'en est peut-être pas une. «Le climat ne nous a pas attendus pour accuser des variations, affirme le conseiller PLR ICD (Indépendants Centre Droite) Jérémy Berthet. Vous pouvez cesser toute production de CO2, cela ne va rien changer. Il faut cesser d'être alarmiste.»

Pour la gauche et Bel Action, les mesures d'économies ne vont pas forcément à l'encontre des intérêts financiers. Bien au contraire, selon Valérie Hill (BEL Action): «Aujourd'hui, le coût de l'inaction dépasse largement celui de faire». Et l'élue de s'appuyer sur les récentes études d'économistes «de droite» et des montants alarmants des catastrophes naturelles et de leurs effets collatéraux, comme l'a d'ailleurs annoncé la RTS dans son TJ du 1er juillet: «D'ici à 2030, les pertes économiques (du réchauffement climatique) représenteraient quelque 2'400 milliards de dollars à l'échelle mondiale.»

Alors que faire?

Des panneaux solaires dans le bourg de Cully? Difficile, reconnaît Valérie Hill qui suggère toutefois de prendre en compte diverses possibilités constructives à la base de tout projet. Poser des pavés drainants pour minimiser les inondations, utiliser des matériaux respirants, penser à la végétalisation dans le milieu bâti pour endiguer les grosses chaleurs et, à l'instar des vignerons bio, laisser l'herbe pousser dans les vignes pour éviter le ravinement. Tout un programme qui n'a pas fini de faire parler de lui dans la commune viticole.

Date:04.07.2019
Parution: 956

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