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En avant vers le «quatre saisons»

Leysin Un comité de pilotage sera créé pour déterminer l'avenir des deux centres sportifs de la station. La forme que prendra l'offre dépendra en grande partie des financements obtenus. L'investissement total pourrait aller jusqu'à 60 mios, dont environ 15% à la charge de la commune.

Situé au bas du village de Leysin, le centre sportif de Crettex-Jaquet est l'un des deux à devoir subir un assainissement.

Texte et photo: Valérie Passello

Voilà une dizaine d'années que Leysin réfléchit à la meilleure manière de rénover ses deux centres sportifs. Il ne s'agirait pas seulement de les assainir, mais également d'y ajouter une plus-value, par un élargissement de l'offre avec des activités praticables toute l'année. Crettex-Jaquet, qui abrite notamment la patinoire au bas du village, date de 1976. Au cœur de la station, le centre sportif de la Place Large, où se trouvent la piscine et des tennis, a été inauguré en 1989 et montre aussi des signes de vieillissement. L'idée est de concentrer les activités purement sportives à Crettex-Jaquet et de remplacer le centre existant de la Place Large par un nouveau bâtiment, permettant de lui donner une orientation ludo-sportive, avec une offre aquatique comme élément central. «Par ce projet intégré, la commune de Leysin souhaite jouer le rôle de pionnière afin d'affronter la problématique de l'adaptation aux changements climatiques et à l'évolution des modes de consommation des loisirs», étaie la Municipalité. Afin de conduire le projet baptisé «Leysin 4 saisons –Avenir des centres sportifs», un comité de pilotage sera constitué. Il comprendra des représentants de la Municipalité, un membre de la Commission du sport du Conseil communal, un représentant de Gestion Sportive Leysin SA, le directeur de Chablais Sports et celui de l'Association Touristique Aigle-Leysin-Col des Mosses. Le 27 juin, le Conseil communal a validé un crédit de 150'000 frs en ce sens par 27 oui, 6 non et une abstention.

Une vieille querelle refait surface

Considérant les études réalisées jusqu'ici, l'Exécutif part du postulat du maintien des deux centres, «permettant une meilleure répartition de l'offre en matière de sports et de loisirs». Un partenariat public-privé est envisagé. Favorable au projet, Claude Gaulis, de Leysin Pour Tous, prévient néanmoins: «Accepter un crédit pour un centre intégré et bien ficelé n'hypothèque pas les alternatives. Cela dit, nous avons tous entendu parler de projets réalisés en vase clos, par des gens qui ne sont pas des utilisateurs. Il est très important d'avoir l'optique des clubs sportifs, qui devront, à un moment, être intégrés à la démarche. D'une manière ou d'une autre, la population mérite aussi d'être questionnée.» Le syndic leysenoud Jean-Marc Udriot acquiesce: «On ne peut pas arriver avec un concept tout fait sans consulter la population et le Conseil communal, c'est sûr et certain.» Même si l'objet passe largement la rampe, plusieurs élus se montrent critiques. Julien Clapasson, de Leysin Libre, remarque: «Pour attirer un partenaire privé, il faudrait un projet plus novateur et plus centralisé. Beaucoup dans le village trouvent aberrant qu'il y ait plusieurs sites. Accepter ce préavis enterre définitivement l'idée d'un centre unique. Nous aurions, au moins, aimé avoir une comparaison entre les deux variantes.» Partageant cet avis, l'UDC Jean-Blaise Clapasson ajoute: «D'une part, les études ont toujours évoqué un réaménagement des centres. Or, le texte présenté ce soir parle du remplacement du centre de la Place Large. D'autre part, une séparation des deux sites aurait un impact écologique désastreux.»

La solidarité sinon rien

Jean-Marc Udriot réagit avec fermeté: «La Municipalité ne veut pas revivre ce qui s'est passé lors de la construction des deux centres. Le même débat a provoqué des conflits qui ont duré des années. Il faut être solidaires, sinon on n'aura jamais rien», assène-t-il. L'élu rappelle que le vote ne porte pas sur un emplacement, mais bien sur la mise en place d'un groupe de travail. «La variante d'un centre unique reviendra de toute façon dans les débats du comité de pilotage. Et à un moment, il faudra trancher», ajoute-t-il. Le but est d'arriver devant le Législatif en 2020, avec un concept global abouti. Mais la démarche n'en est qu'à ses débuts. La recherche d'un partenaire privé devra être engagée, de même que la discussion avec les services de l'Etat. Le montant articulé pour la rénovation des deux centres est de l'ordre de 60 mios, alors que la commune peut envisager un investissement de 8 à 9 mios. En plus des financements privés, elle table sur des aides dans le cadre de la Loi cantonale sur l'appui au développement et sur un soutien de la Confédération dans le cadre de la Nouvelle politique régionale. La réalisation future dépendra donc du montage financier obtenu. Le syndic précise encore: «Cette démarche s'inscrit dans les mesures du concept Alpes Vaudoises 2020. C'est aussi l'un des objectifs de la législature que de mettre le projet sur les rails pour les générations futures.»

Date:11.07.2019
Parution: 957

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