Télécharger
l’édition n°958
au format PDF
Région Lausanne Région Lavaux Région Riviera Région Chablais Région Oron
Dernière minute
La semaine prochaine
Bonus du net

«Ambiance de feu» au 100e des jeunesses

Savigny A trois jours de son terme, le bilan est positif pour le jubilé des jeunesses campagnardes vaudoises, qui se termine ce 21 juillet. Les visiteurs sont présents en nombre et l'atmosphère est au beau fixe. Reportage.

La fête bat son plein jusqu'au 21 juillet.

Texte et photos: Xavier Crépon

Au pied de la montagne, jeunes et moins jeunes discutent, échangent et se réunissent autour du verre de l'amitié. Nous ne sommes pas à l'alpage, mais bien en pleine cambrousse, au pied d'une gigantesque tonnelle de 16 mètres de hauteur à l'image des Alpes. Pendant plus de deux semaines, Savigny devient le lieu de pèlerinage des jeunesses campagnardes vaudoises, le temps de fêter leur 100e anniversaire. Un événement rassembleur, où toute jeunesse se doit d'être. C'est un jubilé pardi! Mais bien loin de l'idée que l'on peut s'en faire, cette fête n'est pas exclusive. Elle a réussi son pari en impliquant un beau mélange d'âges et de professions, tout en abolissant la barrière rats des villes - rats des champs.

Casser les stéréotypes

Non, fêter ne veut pas dire uniquement se piquer la ruche. Certes, vous retrouverez à Savigny de la bière et du vin comme partout ailleurs. Vous croiserez peut-être quelques éméchés, c'est possible. Mais si vous vous arrêtez là pour qualifier ces jeunesses flamboyantes, c'est que vous avez tout loupé. Car ce 100e est bien plus que cela. Promouvant le partage, le sport et la fête responsable, l'événement casse les stéréotypes parfois tenaces. «Les gens qui n'y connaissent rien nous traitent souvent de beaufs campagnards, de paysans, ou pire encore, d'alcooliques, déplore Yoann, 20 ans, membre de la jeunesse de Monnaz. C'est dommage, car cette fête est un vrai lieu de rencontres où toute la région s'y retrouve.» Les qualificatifs âpres et mesquins n'ont donc pas lieu d'être et les mentalités commencent à bouger. «Depuis la cantonale de Thierrens en 2003, les jeunesses ont été remises au goût du jour, relève Damien, 29 ans, ancien membre de Rueyres-Oppens pendant plus de 10 ans. Les personnes qui découvrent ce milieu se rendent compte qu'il ne s'agit pas que d'une place de fête arrosée à la bière. D'où un succès fou et une ambiance de feu à chaque édition.»

Un travail titanesque

Mais en quoi ce 100e marque-t-il les esprits? C'est surtout la taille des édifices et l'implication des bénévoles qui impressionnent. «J'ai fait trois cantonales, mais là c'est au-dessus de tout, s'exclame Damien. Il y a eu un vrai travail soigné de décoration avec ce thème de traditions vaudoises. Cette montagne gigantesque comme tonnelle, le caveau qui nous rappelle Lavaux et ce chalet des anciens laissant échapper un doux filet d'odeur de fondue, tout y est.»

Les 115 bénévoles n'ont pas chômé pendant deux ans pour tout préparer et accueillir 130'000 visiteurs. Au total, 50'000 heures de travail effectuées, de la sueur et de nombreuses ampoules. «C'est titanesque ce qu'ils ont fait, s'étonne Wendy, 23 ans, vainqueure du tournoi mixte de volley avec son équipe de Vuarrens. C'est vraiment un petit village avec superette, garderie et terrains de sport.» Fêtant la victoire, les joueurs euphoriques saluent l'engagement de tous ceux qui ont permis à cette fête d'avoir lieu. «Merci pour cette organisation incroyable, lance Florian, 20 ans, joueur de LNA à Lutry. Ils ont gagné le respect de tout le monde.» Comme le son des smashs des 384 équipes participantes au tournoi, ce 100e claque et restera gravé dans les mémoires.

Date:18.07.2019
Parution: 958

Dans ce dossier

Documents

Vidéo
Documents audio