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Le Bourg revit!

Villeneuve L'association citoyenne Viva-Cité lance le concept «First Friday», visant à dynamiser et animer la Grand-Rue, piétonne pour l'occasion, chaque premier vendredi du mois. Reportage le 5 juillet au cœur du Bourg, pour un coup d'envoi réussi.

La première édition du «First Friday» a attiré  environ 1'000 personnes, selon les organisateurs.

Textes et photo: Valérie Passello

Ici, des jeux de société. Là, le stand du Sauvetage de Villeneuve, où les passants s'essaient à la réanimation de mannequins. Plus loin, des musiciens en kilt soufflent dans leurs cornemuses. Quelque trente commerçants ont accepté de rester ouverts plus longtemps, en ce vendredi 5 juillet. Le monde afflue dans la Grand-Rue. Sur tous les visages, des sourires. Un coup de chance, il fait grand beau pour cette première édition du «First Friday». Des concerts vont débuter sur la scène mobile mise gracieusement à disposition par la Commune et le public trinque et fait joyeusement ripaille aux terrasses.

C'est l'association citoyenne Viva-Cité, créée en mars, qui est à la base du projet. Croisée dans la foule, la syndique Corinne Ingold s'enthousiasme: «C'est génial, les membres de ce comité ont une énergie folle. Ils ont accompli un énorme travail.» Des efforts payants pour le responsable presse de l'association, Valentin Brandani: «On ne s'attendait pas à une telle réussite. Nous pensions que cinq à six commerçants allaient jouer le jeu et qu'une centaine de curieux viendraient participer à la manifestation. Or, à un moment, je pense qu'il y avait bien 1'000 personnes.»

Désormais, le premier vendredi de chaque mois, la Grand-Rue deviendra piétonne et s'animera de 17h à 21h. «Nous avons distribué un tous-ménages aux Villeneuvois, mais nous aimerions aussi attirer des habitants de Roche, d'Aigle, du Bouveret ou de Montreux. L'idée c'est que les gens sachent qu'il se passe quelque chose de manière régulière, par tous les temps. En plus, tout est gratuit», ajoute Valentin Brandani.

Un bon coup de pub

Au kiosque, Joël est un client ravi: «Cela fait deux ans que j'habite ici. Villeneuve a un grand potentiel qui n'est pas exploité, tout est réuni pour qu'une telle manifestation soit un succès», estime-t-il. Le patron des lieux, Jeremy Rees, salue l'initiative: «On parle beaucoup de Vevey et Montreux, mais c'est comme si tout s'arrêtait à Chillon, c'est dommage. Ce genre d'événement peut amener des clients dans la Grand-Rue, leur montrer que c'est un endroit charmant.»

Sur le trottoir d'en face, le droguiste Christian Croset vend des boissons sans alcool sur un petit étal devant sa boutique. «Je ne suis pas sûr que cela devienne rentable, mais pour moi, il est important de participer. Certains vont peut-être découvrir la droguerie et revenir un autre jour, c'est de la publicité», analyse-t-il. Sa voisine Isabelle Aebi, fleuriste, partage cet avis: «Les gens viennent surtout pour flâner, boire et manger. Je savais qu'ils n'allaient pas forcément s'arrêter dans mon magasin. Mais j'adore quand il y a de l'animation!»

De l'animation, justement, il y en a même plus que prévu. Ayant entendu parler du «First Friday», une troupe lilloise d'acrobates est venue spontanément pour faire des démonstrations devant les bistrots. À la plus grande satisfaction du comité, reprend Valentin Brandani: «C'est très sympa et ça donne des idées. Plutôt que de prévoir uniquement des prestations musicales, nous nous sommes dit que nous pourrions aussi inviter des artistes de rue.»

Ajustements au fil des éditions

Au sud de l'artère, néanmoins, l'ambiance est plus feutrée. Un canapé trône sur le pavé, mais n'a pas trouvé d'utilisateur. «C'est un problème connu, admet l'organisateur. Il y a une septantaine de commerçants dans cette rue, mais les métiers de bouche sont davantage représentés du côté de la gare. Nous songeons à installer la scène dans cette partie plus calme la prochaine fois, afin d'y amener davantage de vie.» Pour l'heure, c'est un quiz qui a été organisé. Quatre tablées, constituées de candidats hélés au passage, s'affrontent autour de questions de culture générale, profitant de ce coin plus propice à la réflexion.

La convivialité et la bonne humeur ambiantes rappellent l'atmosphère d'une fête des voisins. Et pour cause, d'après Daniel: «Je connais tout le monde. Moi, j'habite juste à côté, mais ce serait bien que les gens de la périphérie s'intéressent et viennent aussi», remarque-t-il. Il faudra peut-être laisser encore l'Eau Froide couler sous les ponts pour que les «First Fridays» trouvent toutes leurs marques et drainent davantage de monde. Mais la première édition est sans conteste un succès, comme le résume Jacqueline, 86 ans: «C'est le moment que ça bouge. Je n'avais pas trop de souci, car tout le monde était positif et ça se révèle juste. Après, quant à savoir si cela tiendra sur la durée... Inch'Allah!»

Date:18.07.2019
Parution: 958

Comme à Hawaï

Le concept du «First Friday» est né à Honolulu, la capitale hawaïenne. Plus près de chez nous, il a été repris par la ville de Bienne. C'est là que les membres de Viva-Cité, accompagnés de Corinne Ingold, sont allés puiser l'inspiration. L'élue raconte: «J'ai été totalement séduite par l'ambiance au cœur de la vieille ville, il y avait énormément de monde.» En plus des commerces qui peuvent se présenter sur la voie publique, Viva-Cité mettra chaque mois à l'honneur une société locale, ainsi qu'un vigneron de la commune. Les citoyens peuvent, eux aussi, monter librement leur stand dans la rue. Les prochaines dates en 2019: les vendredis 2 août, 6 septembre, 4 octobre,

1er novembre et 6 décembre. Infos: www.viva-cité.ch

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