Télécharger
l’édition n°959
au format PDF
Région Lausanne Région Lavaux Région Riviera Région Chablais Région Oron
Dernière minute
La semaine prochaine
Bonus du net

Immeuble neuf, mais dangereux

Bex Achevé il y a moins de cinq ans, un bâtiment locatif de 36 appartements présente d'importants défauts structurels. Ses habitants ont jusqu'au 30 septembre pour quitter les lieux.

La sécurité des locataires ne peut être assurée.

Texte et photo: Valérie Passello

À la Route d'Aigle 23 à Bex, seuls quelques pots de fleurs subsistent sur un balcon, la plupart des 36 appartements sont désormais vides. Les derniers locataires devront se reloger ailleurs d'ici au 30 septembre. Bien que récent –la construction s'est achevée au début 2015- l'édifice subit un phénomène de «flambage», selon le terme consacré. Il s'agit d'un tassement conduisant à la déformation des parois et des grands vitrages, qui bombent vers l'extérieur. D'ailleurs, des fissures sont visibles.

C'est justement ce signe qui a poussé les locataires à contacter la commission communale de salubrité et de contrôle des constructions. Son président Philippe Sarda raconte: «Nous nous sommes rendus sur place en début d'année. La structure nous a paru étrange. Personnellement je n'avais jamais vu une telle manière de faire, des dalles de bois sont jumelées bizarrement avec des armatures en béton. Nous avons demandé qu'un rapport de stabilité soit établi, pour nous assurer que les habitants étaient en sécurité, ce que le propriétaire a accepté.»

« Nous sommes très embêtés »

Verdict, l'habitation n'est pas sûre. En mars, les locataires ont d'abord reçu l'injonction de quitter les lieux au 30 juin. Sous le choc, ils ont finalement obtenu un délai supplémentaire de trois mois. La propriété appartient à la société Solufonds SA, pour le compte du fonds de placement Dominicé Swiss Property Fund, dont Michel Dominicé est l'associé senior. «Nous avons acheté ce bien à la fin 2014, alors qu'il était en cours de construction, précise ce dernier. Nous sommes très embêtés de découvrir ce défaut, qui n'était alors pas visible», déplore-t-il.

Dans le quartier, la rumeur court que l'immeuble sera rasé. Mais le financier rectifie: «Il va falloir consolider le bâtiment, lui faire comme un corset, afin de stopper la dégradation. Nous prendrons les mesures que n'importe quel propriétaire responsable est tenu de prendre dans pareille situation.»

Mais le propriétaire s'est-il retourné ou se retournera-t-il contre le constructeur? Réponse de Michel Dominicé : «Entre-temps, l'entreprise de construction a fait faillite. C'est maintenant une question d'assurances.» En vertu de la confidentialité, il ne souhaite pas s'exprimer davantage sur les procédures engagées ou à venir.

Date:08.08.2019
Parution: 959

Dans ce dossier

Documents

En images

Vidéo
Documents audio