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Un ascenceur pour monter de la gare à St-Martin

Vevey La Ville se dote d'un plan directeur des mobilités douces, une première sur la Riviera. Objectifs: favoriser la marche et le vélo sur le territoire communal et le rendre plus accessible aux personnes à mobilité réduite, cela à l'horizon 2030. Parmi les mesures prioritaires, la création d'un ascenseur pour relier les deux niveaux de la ville et d'une nouvelle passerelle sur la Veveyse. Explications.

Certaines stations velospot ajoutées pour la Fête des Vignerons pourraient être maintenues – ici rue du Clos, avec des responsables du SeMo chargés de l'entretien de l'équilibrage et de l'entretien des vélos. A droite, la bande cyclable créée cette année.

Textes et photo : Priska Hess

«Nous avons pris le taureau par les cornes, en nous disant que si l'on voulait une ville vraiment favorable aux mobilités douces, il fallait un plan cadre. C'était le seul moyen de faire les choses de manière pertinente et efficace. La Ville de Vevey est la première de la Riviera à disposer désormais d'un tel outil», se félicite le délégué à l'Agenda 21 Michel Bloch. Cet outil, c'est le Plan directeur des mobilités douces (PDMD). Un document d'une cinquantaine de pages réalisé par un bureau bernois spécialisé et adopté en juin par la Municipalité, avec un programme d'actions à l'horizon 2030 visant à développer la marche et le vélo sur le territoire communal et posant les bases d'une accessibilité pour les personnes avec handicap ou à mobilité restreinte. «Cette étude s'intègre dans le Concept directeur de la ville, dont l'un des six objectifs est de développer la mobilité douce. Elle offre un regard structuré sur la base d'un inventaire et d'une hiérarchisation des réseaux, recense les points faibles actuels et établit les pistes d'amélioration à prendre en compte dans les projets urbanistiques à venir», résume le municipal Etienne Rivier, qui a repris ce dossier initié en 2018 par le Service de l'urbanisme sous la direction de Jérôme Christen, «mais dont l'idée avait germé sous la précédente législature», précise ce dernier.

Du potentiel... et des déficits

Dense et compacte, Vevey se prête particulièrement bien aux déplacements à pied et à vélo, avec des distances raisonnables d'un point à l'autre et une topographie globalement favorable. «Pourtant, le potentiel des modes doux, en particulier le vélo, est sous-exploité», constate l'étude. En cause, les coupures dues aux voies CFF, les falaises entre la gare et le plateau de St-Martin, et «de nombreux déficits» en termes d'infrastructures et de qualité des espaces publics du centre-ville. «Les cheminements piétons sont parfois tortueux et de nombreux obstacles rendent la déambulation difficile. La répartition de l'espace public entre usagers est un véritable enjeu». Autre problème: le manque de coordination entre les actions de promotion de la mobilité douce. L'étude émet des recommandations notamment sur les aménagements des cheminements piétons, des arrêts de bus et des zones 30, l'installation de bancs publics. Parmi les mesures infrastructurelles, l'amélioration de la signalétique, la sécurisation de tronçons, la modération du trafic avec création ou extension de zones 20 et 30 vers la gare et au centre-ville dans un premier temps. «Il s'agira aussi d'améliorer le stationnement des vélos. Il est d'ailleurs possible que nous maintenions certaines des stations velospot ajoutées pour la Fête des Vignerons», annonce Etienne Rivier.

Un tube pour vélos ?

Mesures remarquables prioritaires, la création d'un ascenseur pour relier la gare au plateau de l'église de St-Martin et d'une passerelle sur la Veveyse dans le prolongement du passage des Ateliers, au budget pour des montants de l'ordre de 600'000 et 400'000 frs respectivement. Les autres moyens de financement? «Des crédits-cadres pour les séries de petites mesures et des préavis pour les projets plus conséquents, détaille Michel Bloch. Nous étudions la possibilité de réaliser un tube pour vélos en guise de passage sous voie, les cyclistes n'ayant plus le droit d'emprunter le passage St-Antoine depuis sa réfection. Mais un tel projet représenterait plusieurs millions». Le tout doit s'assortir de mesures d'accompagnement telles que la communication, le développement de services. «Une vision multimodale est nécessaire» en développant les transports publics et en restreignant les transports motorisés individuels», souligne l'étude. Reste la question des trottinettes et autres rollers, non pris en compte dans l'étude, et de leur cohabitation avec les piétons. «Il s'agit plutôt d'accessoires que de modes de mobilité douce, car leur part modale n'est pas suffisamment significative», justifie le délégué à l'Agenda 21.

Sur www.leregional.ch Encore plus de vélos en libre service ?

Date:22.08.2019
Parution: 961

Encore plus de vélos en libre service ?

«La ville de Vevey compte 21 stations velospot, si l’on prend en compte les neuf qui ont été ajoutées pour la Fête des Vignerons » indique Christian Barbey, responsable d’atelier mécanique au SeMo Vevey (Semestre de motivation). Pour rappel, les jeunes du SeMo assurent l’équilibrage et l’entretien de l’ensemble des vélos en libre-service sur la Riviera, sur mandat d’Intermobility. «Nous avons pu constater durant la FEVI que les nouvelles stations ont été très utilisées, avec un bon retour des utilisateurs. Et de manière générale, plus il y a de vélos, plus il y a d’utilisations». De bonnes raisons pour maintenir ces neuf stations supplémentaires? «Nous étudions cette possibilité, au moins pour certains emplacements comme à la rue du Clos. Ce serait une bonne chose», estime le municipal Etienne Rivier. Le système velospot est aussi amené à évoluer ces prochains mois, avec une application smartphone et un code PIN pour emprunter les vélos. Autre nouveauté : ceux-ci seront adaptés et pourront être aussi utilisés en mode électrique, avec une batterie à recharger chez soi.

 

Montreux, Blonay St-Légier et La Tour-de-Peilz s'y mettent

Michel Bloch regrette “que l'on n'ait pas pu envisager une étude à l'échelle de la Riviera, vu la continuité entre Vevey et les communes voisines. Au lancement de l'étude, nous avions contacté la CORAT Riviera (réd: commission intercommunale chargée d'étudier les questions d'aménagement du territoire ) et le Service des affaires intercommunales, mais pour eux, cela n'était pas prioritaire. A défaut, nous avons invité des représentants des bureaux techniques et des Municipalités des communes voisines à se joindre à nos groupes de travail». Si Vevey est la première à disposer d'un Plan directeur des mobilités douces, d'autres communes se sont engagées dans une démarche apparentée. En 2017, les Verts avaient d'ailleurs déposé un postulat en ce sens dans les dix communes. «Nous avons réalisé une pré-étude avec des mesures simples à mettre en œuvre, comme la signalisation et le marquage au sol, et envisageons une cartographie indiquant où il faudra prévoir des améliorations en cas de travaux. L'idée serait aussi de corriger certains points noirs», explique le municipal montreusien Caleb Walther. Les communes de La Tour-de-Peilz, Blonay et St-Légier ont, elles, mandaté un même bureau spécialisé pour étudier ces questions, indique le syndic de La Tour-de-Peilz Alain Grangier. «Nous attendons encore un complément d'étude relatif aux interfaces et liaisons entre nos trois communes, puis nous nous réunirons pour envisager ensemble la mise en œuvre. Mais ce sera un travail de longue haleine».

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