Sous-location En août, près de 11'000 annonces de type Airbnb ont été recensées dans les cantons de Vaud et Valais. Mais pour les hôteliers et les communes, les bailleurs d'Airbnb ne «jouent pas le jeu».
Magaly Mavilia
Le 21 août, la plateforme PilierPublic.com dénombrait 3'394 annonces de sous-location de type Airbnb dans le canton de Vaud, dont 750 pour le district Riviera-Pays-d'Enhaut, et 7'350 dans le canton du Valais, dont 465 pour le district de Monthey. «Le Valais est le champion des locations à court-terme, avec plus de 20 offres pour 1'000 habitants, constate Guilhem Tardy, fondateur de cette plateforme. Et tandis que le marché stagne dans les grands centres urbains comme Genève, le canton de Vaud affiche une hausse de 11,2% depuis fin 2018».
Concurrence déloyale
Dans le canton de Vaud, la proportion de lits Airbnb atteint 40% de la capacité hôtelière. Une concurrence saine, mais déloyale, estime l'Association Romande des Hôteliers (ARH) qui a publié un communiqué de presse en mai dernier. «Contrairement aux hôteliers, les hébergeurs privés «ne paient ni impôts sur leurs revenus, ni TVA, ni taxe de séjour, s'insurge l'ARH. Par ailleurs, ils ne sont pas soumis aux normes anti-feu, obligatoires pour les hôteliers». Cette revendication «ne fait pas d'Airbnb un ennemi mais souligne une inégalité de traitement que les législateurs cantonaux doivent corriger», espère le président de l'ARH Philippe Thuner. Un premier pas vient d'être fait dans ce sens puisque le Conseil fédéral a renoncé ce printemps à introduire dans la révision du droit du bail un consentement général à la sous-location répétée de courte durée. Ce qui signifie que toute sous-location doit être annoncée à la gérance ou au propriétaire ainsi qu'à la commune.
Casse-tête pour les communes
Les coordonnées des loueurs ne sont pas mentionnées sur Airbnb et il faut faire une «réservation» pour entrer en contact avec l'hébergeur. Difficile donc pour les communes d'avoir un contrôle sur l'acquittement de la taxe de séjour (environ 3 frs par jour). «Notre «appât», c'est la Riviera Card, ironise Serge Gard, trésorier de la taxe de séjour à la commune de Montreux. Tout hébergeur qui s'annonce va la recevoir pour son hôte qui bénéficiera de la gratuité des transports publics et de réductions jusqu'à 50% dans les musées. Mais le problème est loin d'être réglé et nous sommes en discussion avec le Canton pour trouver un outil de détection». Dans la région lausannoise, une loi intercommunale qui comprend Pully et Lutry stipule que «les logeurs sont responsables de la perception de la taxe de séjour et de son versement au Service de l'économie». Mais les contrôles ne sont pas pour autant facilités.
Manne non négligeable
Si des partenariats pour la perception automatisée des impôts touristiques existent entre Airbnb et cinq cantons suisses, ce n'est pas le cas avec les cantons de Vaud et Valais. Contactée par Le Régional, la porte-parole d'Airbnb Kirstin MacLeod précise: «Dans certains cantons, la complexité de la réglementation rend un tel accord difficile. Nous sommes en pourparlers mais, pour des raisons de confidentialité mutuelle, nous ne pouvons pas donner d'autres détails pour l'instant.» En 2018 en Suisse, Airbnb a collecté et reversé plus de 640'000 francs de taxes de séjours. En France, cela représentait une manne de plus de 24 millions d'euros.

