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«La science m'a amenée à la spiritualité»

connaissance 3 Journaliste scientifique, biologiste et éditrice, Lia Rosso dédie son dernier ouvrage aux participants de Connaissance 3, «l'université des seniors». Préfacé par le Prix Nobel vaudois Jacques Dubochet, «La nature sauvage en nous» est un portail vers l'émerveillement. Et un beau cadeau en ouverture de la 43e saison de cours.

Le cours de Lia Rosso invite à l'émerveillement devant l'infiniment petit. Sur la photo, une de nos 100'000 milliards de cellules. DR

Magaly Mavilia

Passerelle entre le savoir universitaire et la société, l'Université des seniors a pour ambition d'apporter au grand public une formation et une information de niveau universitaire mais à la portée de chacun. Ainsi, les cours, séminaires et visites culturelles de Connaissance 3 ne sont pas limités aux seniors mais ouverts à tous, sans limite d'âge ni de formation préalable. Le seul prérequis est la curiosité.

La brochure des activités du semestre d'automne-hiver vient de paraître. Dans l'impossibilité de tout dire tant les sujets sont divers, Le Régional livre ses coups de cœur.

La nature sauvage en nous

«Ce livre est l'aboutissement de tous les cours que j'ai donnés à Connaissance 3. Et c'est pourquoi je l'ai dédié aux participants qui m'ont tant apporté». Le dernier ouvrage de Lia Rosso, Dre ès sciences de la vie et chercheuse en biologie cellulaire et moléculaire, «ne requiert aucune connaissance préalable, sinon un peu de curiosité et d'amour pour la vie», comme le soulignent les Editions Slatkine. Il en est de même pour les cours donnés depuis 2013 par cette «divulgatrice scientifique», comme elle aime à se nommer. «Elle ne se cache pas derrière des mots difficiles, c'est pourquoi ses cours ont tant de succès», nous confie Muriel Sudano, chargée d'information et webmaster de Connaissance 3.

Un livre préfacé par le Prix Nobel Jacques Dubochet, quel honneur: «Oui, mais je connais Jacques depuis longtemps et la rédaction du livre est antérieure à sa consécration», souligne Lia Rosso, également fondatrice de Rosso Editions qui a publié les carnets de Jacques Dubochet.

Le mystère au cœur du microsome

«On définit scientifique quelque chose qui est concret, mais comment expliquer certaines choses?, se demande Lia Rosso. La science m'a amenée à une certaine forme de spiritualité, que je nommerai plutôt l'étonnement ou le mystère. Le mot mystère n'est pas très scientifique mais la science nous y amène, ainsi qu'à une certaine humilité et un grand respect. Il faut plus d'humilité pour jouer avec la vie, les OGM et tout le reste, on ne se sait pas.» Dans son ouvrage comme dans ses cours, Lia Rosso nous amène à reconsidérer la vie différemment. C'est pourquoi son séminaire se donne sur le mode participatif: «J'aime beaucoup discuter avec les participants de ce que nous dit la science. Elle ouvre des pistes d'ordre social, spirituel, philosophique. En regardant les atomes, on touche au concept de l'énergie, dont on parle beaucoup sans savoir ce que c'est». Ainsi après une brève introduction des fondamentaux, Lia Rosso approfondit avec le public de nouveaux points de vue. L'idée tant débattue de l'intelligence et de la conscience de la nature. La scientifique invite donc les participants à «réfléchir ensemble à la place et à l'avenir de l'espèce humaine sur cette Terre».

Dans l'intimité des écrivains romands

Maître d'enseignement à l'UNIL, Anne-Lise Delacrétaz Maggetti propose, du 26 septembre au 7 novembre, une exploration de quelques auteurs romands à travers leur journal intime. Une invitation pour les seniors à reprendre la plume? «Je n'y ai pas pensé, avoue-t-elle. Mais j'ai imaginé que nous avons tous tenu un journal dans notre adolescence et donc que le sujet est parlant». Si le genre a pris ses lettres de noblesse au début du 20e siècle, il est longtemps resté dans l'ombre. Un homme comme Benjamin Constant n'aurait jamais eu l'idée de son vivant de publier son journal, c'était une question de pudeur. «Les premières publication des frères Goncourt ont choqué parce qu'elles entraient dans l'intimité des gens», souligne Anne-Lise Delacrétaz Maggetti.

Le développement d'une pensée

Mais le journal n'est pas qu'intime, il est aussi le reflet de réflexions et dépeint des situations sociales et politiques ou encore le développement d'une œuvre littéraire. A l'instar de Guy de Pourtalès qui a utilisé cette matière première pour nourrir son roman «Nous à qui rien n'appartient». A la fin de sa vie, Charles Ferdinand Ramuz a sélectionné un choix de notes de son journal en mettant l'accent sur tout ce qui concernait sa vie d'écrivain. Un regard à mettre en miroir avec l'intégralité de ses journaux publiés après sa mort chez Slatkine. «Il est intéressant de voir la différence entre l'entier de son journal et ce qu'en a retenu Ramuz pour composer une trajectoire un peu idéalisée de sa vie d'écrivain», relève l'intervenante.

Les seniors, un public de rêve

Anne-Lise Delacrétaz Maggetti se réjouit de la participation très impliquée des seniors. «J'enseigne à des étudiants en première année universitaire et la comparaison est frappante. Les seniors sont beaucoup plus stimulants. Ils sont curieux, cultivés et très libres dans leur façon de s'exprimer. Sans le souci qu'ont les jeunes de dire des bêtises. C'est un peu un public de rêve, très connecté aussi. Je sors de ces cours avec beaucoup plus d'énergie qu'en entrant.»

Le regard des jeunes sur le vieillissement

Si Connaissance 3 a pris naissance en 1976, la fondation éponyme a fêté ses 20 ans lors de l'année académique 2017-2018. Pour marquer l'événement, elle a mandaté les étudiants de première année en Bachelor cinéma à l'ECAL (Ecole cantonale d'art de Lausanne) à porter un regard libre sur les seniors. «Cette initiative reflète l'ouverture d'esprit de Connaissance 3, souligne Richard Szotyori, enseignant à l'ECAL, département cinéma. Patricia Dubois, responsable du projet pour Connaissance 3 ne nous a pas mandatés pour un film institutionnel, mais a accepté de prendre le risque du regard des jeunes et elle a demandé aux étudiants d'oser et de se sentir libres dans leur regard. C'est tout ce qui fait l'intérêt de ces courts-métrages.» A découvrir, entre autres, à La Tour-de-Peilz, le 5 novembre et au Cinéma Grain d'Sel de Bex, le 11 novembre.

Tout un programme sur quatre rencontres dès le 13 janvier 2020. ww.connaissance3.ch.

Extraits sur: www.leregional.ch et www.connaissance3.ch

Date:05.09.2019
Parution: 963