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Patrimoine:
Une région et des couleurs

Monuments et sites Les 26e journées du patrimoine romand auront lieu les 14 et 15 septembre. Avec plus de 300 sites, d'ordinaire fermés au public, à visiter sur tout le territoire suisse, des ateliers, des conférences, des tables-rondes. Thème choisi cette année: la couleur, qui façonne tant l'extérieur que l'intérieur des plus belles et vieilles constructions, mais dont l'histoire et le sens sont rarement expliqués. L'occasion de comprendre d'où viennent ces couleurs et quels rôles elles ont dans l'identité des villes, quartiers ou édifices. Le Régional a sélectionné cinq lieux à découvrir à Lausanne, Chexbres, Rivaz, Vevey et St-Maurice.

CGN

Gabriel Rego Capela

Vous croyez connaître votre contrée sur le bout des doigts? Détrompez-vous! Le week-end qui s'ouvre pourrait vous surprendre. Les journées du patrimoine arrivent, et avec elles toutes sortes d'activités tournant autour du patrimoine bâti de Suisse. «Les portes de bâtiments de toutes les époques seront grandes ouvertes pour tous, dans l'ensemble du pays», annonce le Centre national d'information sur le patrimoine culturel (NIKE), qui assure la coordination des journées. L'agenda des activités est ambitieux: des centaines de sites à visiter, des ateliers, des conférences, des tables-rondes... De quoi attiser les curiosités!

Le rôle de la couleur

Le thème de l'année? Les couleurs. Celles-ci façonnent tant l'extérieur que l'intérieur de nos plus belles et vieilles constructions, mais peu s'interrogent sur leur histoire et leurs sens. «Nous choisissons chaque année un thème qui nous permet de montrer les différents aspects du patrimoine culturel national», explique Maria Christoffel, responsable de la campagne des Journées. Cette année sera donc l'occasion de (re)découvrir nos contrées au prisme de leurs couleurs: percer leurs mystères, comprendre d'où elles viennent et quels rôles elles ont dans l'identité de nos villes, quartiers ou édifices.

L'idée des journées du patrimoine germe en 1984, en France, pendant les «Portes ouvertes des monuments». Mais c'est en 1985, à Grenade, que l'initiative prend une ampleur européenne: le ministre français de la culture y proposera, à l'occasion de la seconde conférence du Conseil de l'Europe des ministres responsables du patrimoine architectural, d'élargir le concept au continent entier. La Suède, l'Irlande, la Belgique et d'autres encore rallieront l'appel, qui donnera naissance aux Journées européennes du patrimoine, en 1991. La Suisse rejoindra en cours de route. 26 éditions plus tard, la formule fonctionne toujours.

Un thème pour nourrir les débats

Au-delà de son intérêt artistique et culturel, son succès dépend aussi des sujets qu'elle illustre chaque année, et du lot de discussions qu'ils entraînent. Avec pour thème «Sans frontières», la dernière édition s'est par exemple interrogée sur les barrières souvent poreuses entre cantons ou nations, en mettant en valeur toutes sortes de spécificités locales ou régionales qui les transcendaient ou les relativisaient.

Cette année aussi, le thème aura de quoi nourrir les débats. Au vu de la révision de la loi sur l'aménagement du territoire, l'identité esthétique et culturelle du pays est plus que jamais d'actualité et les inquiétudes portant sur la rénovation ou la conservation de son patrimoine abondent. C'est un des rôles de ces Journées des 14 et 15 septembre que d'offrir des pistes de réflexions sur ces questions cruciales. Raison de plus pour ne pas les manquer!

Lausanne: Le chantier naval CGN

Ils remontent à la Belle Époque et naviguent sur les eaux du Léman depuis le début du 20e siècle: les huit bateaux munis de roues à aubes, dont cinq à vapeur, sont un joyau de la flotte CGN. Ce week-end, leurs secrets seront révélés au public, qui pourra visiter le chantier naval de la CGN à Lausanne. On y trouvera notamment le légendaire «Rhône», un bateau-salon à vapeur datant de 1927, actuellement en cale sèche pour rénovation. Les travaux nécessaires à sa remise en état seront présentés et expliqués par les artisans en présence.

Chexbres: L'atelier du verrier

Né en 1918, mort en 2008, Jean Prahin a été un des artisans les plus prolifiques de Romandie. Peintre verrier, ses œuvres peuvent se retrouver dans nombre d'églises romandes. Sa maison, nichée au cœur du Lavaux, à Chexbres, sera ouverte à tous pour l'occasion. Mais davantage qu'une maison, «La Paleyre» était avant tout son atelier. Le public pourra y trouver l'antre d'un passionné des couleurs et la minutie d'un artiste expert de l'iconographie et du symbolisme religieux. Une entrée dans l'intimité d'un maître de l'art sacré.

Rivaz: Un village vigneron

L'époustouflante beauté de Lavaux n'est jamais remise en cause. Mais que dire des villages qui le peuplent? Rivaz, bourg vigneron bordant le Léman, couronne l'éclat de sa région par les charmes de ses vieilles rues et maisons, qui semblent n'avoir jamais changé depuis des lustres. C'est pourquoi la restauration de ces bâtiments est une affaire complexe, liant l'harmonie des couleurs et des paysages à la préservation du patrimoine et des savoir-faire. Une visite guidée du village permettra au public d'explorer ces enjeux.

Vevey: L'église orthodoxe russe

L'église orthodoxe russe de Sainte Barbara est un des symboles de Vevey. Fruit de l'immigration aristocratique russe, sa construction est lancée à l'initiative du Comte Chouvalov, en l'honneur de sa fille Barbara, morte en couches avec son enfant. Consacrée en 1878, elle a eu droit, pour son 140e anniversaire, à une coupole redorée. Mais les restaurations ne sont pas finies: celles des fresques qui ornent l'intérieur de l'église commencent cette année. Le public pourra assister à ces travaux, tout en découvrant les arcanes de ces œuvres, grâce aux commentaires d'une historienne de l'art.

Saint-Maurice: Le trésor de l'abbaye

L'abbaye de Saint-Maurice est fondée en 515, par le saint et roi burgonde Sigismond. Vieille de plus de 1500 ans, elle est la plus ancienne abbaye d'Europe occidentale toujours en activité. De quoi renfermer bien des mystères. Son Trésor, patiemment accumulé au long des siècles, sera ouvert aux visites, accompagnées d'un guide. La pièce maîtresse sera la grande châsse de saint Maurice, reliquaire contenant les restes de ce martyr chrétien, qui a donné son nom à la ville. Actuellement en cours de restauration, ses couleurs dorées et argentées, serties de pierres précieuses, ne manqueront pas de fasciner.

Date:12.09.2019
Parution: 964

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