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Le théâtre du Jorat veut faire peau neuve

Mézières Petit bijou plus que centenaire, la «Grange sublime», salle de 1'000 places, accuse le poids des années. Après un avant-projet à 15 mios refusé par le Canton, car jugé trop cher, sa Fondation prépare une nouvelle mouture qu'elle présentera au Conseil d'Etat au printemps 2020. Eclairage.

Malgré un refus l'année dernière, le Conseil d'Etat vaudois réaffirme sa confiance et son soutien à la Fondation du théâtre, présidée par Christian Ramuz, ici avec Michel Caspary, directeur.

Texte et photo: Xavier Crépon

Lieu phare de la culture depuis 1908 avec ses 1'000 places, le théâtre du Jorat dispose d'une des plus grandes salles de Suisse, mais il accuse le coup. Entre le froid qui s'immisce par les brèches des parois, l'humidité qui attire la mérule, le champignon du bois, ou encore une structure scénique trop petite qui doit être consolidée, la liste des problèmes s'allonge. Malgré un refus l'année dernière, le Conseil d'Etat vaudois réaffirme sa confiance et son soutien à la Fondation du théâtre dans sa récente réponse à une interpellation. Mais le nouvel avant-projet doit être plus raisonnable pour avoir des chances d'être accepté.

Un flop pour mieux repartir

En novembre 2018, la démission en bloc instantanée d'une partie des membres de la Fondation avait fait grand bruit. Après avoir passé deux ans à préparer un avant-projet incluant une reconstruction complète de la cage de scène à neuf, sa proposition avait été refusée par le Service des Monuments et Sites du Canton ainsi que par l'Office Fédéral de la culture. Cette rénovation, devisée à 15 mios de frs impliquant une destruction de plus de 40% du volume de la grange et une reconstruction avec une toiture bien plus haute que l'actuelle, était estimée incompatible avec le statut de bâtiment historique du théâtre. La Fondation et ses nouveaux membres reviennent donc avec un nouvel avant-projet, moins ambitieux, moins coûteux et surtout plus en adéquation avec les demandes de l'Etat.

Coût nettement inférieur

«Nous sommes dans une autre dynamique, affirme le président Christian Ramuz. Désormais, notre optique est surtout la conservation de notre théâtre plutôt que l'idée première de tout refaire à neuf.» La nouvelle mouture du projet contient trois volets. Au rez, la scène doit être adaptée pour permettre d'accueillir des productions de 150 personnes, et l'arrière-scène sera transformée en espace polyvalent avec dépôt matériel, atelier décors et vestiaires. L'annexe qui sert principalement de foyer des artistes mais également comme support de la structure sera elle refaite entièrement. Enfin, la création d'un sous-sol sous cette dernière assainira le théâtre contre les risques de feux et de champignons, avec l'inclusion d'espace de stockage et de nouvelles toilettes. «Nous voulons aussi colmater les fissures qui laissent passer les courants d'air dans la salle. C'est essentiel car le public, bien qu'attaché à ce lieu, souffre parfois des températures», déplore le directeur Michel Caspary. «Nous devons choyer nos spectateurs car le théâtre du Jorat est un lieu de pèlerinage pour les Vaudois. Ils doivent au moins y venir une fois par année», appuie Christian Ramuz. La performance est déjà de taille en l'état actuel, car le public fidèle revient régulièrement malgré ces aléas. Difficile de chiffrer ce projet, car il n'est pas définitivement fixé. Mais son coût devrait être nettement inférieur à 10 mios.

www.theatredujorat.ch

Date:12.09.2019
Parution: 964

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