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Voyage d'entraide pour former la jeunesse

lutry Quoi de mieux pour comprendre le monde que d'aller vers les populations et d'aider ceux qui en ont besoin. Cela fait partie des prérogatives de l'Association Nouvelle Planète qui propose aux jeunes de passer leurs vacances d'été dans l'un des neuf pays où elle apporte de l'aide. Partie de Lutry, Chloé est allée un mois en Guinée Conakry. Un séjour marquant qui a laissé des traces. Témoignage.

Dans les champs,  il faut creuser, sarcler, planter et ramasser.  Or c'est la saison des pluies. Elles sont  journalières et denses.  DR

Nina Brissot

«Rien ne ressemble à ce que nous connaissons. Les routes sont des pistes. L'accès au village passe par la pirogue puis une longue marche de 40 minutes. A l'arrivée, tout le monde est là pour nous accueillir avec des chants et des danses. L'ambiance est chaleureuse et, bien que privée de tout superflu, la population se montre très heureuse». Chloé rêvait depuis l'âge de 12 ans de faire partie d'un voyage humanitaire. Elle a dû patienter jusqu'à ses 17 ans pour réaliser ce rêve. Dans les séances préparatoires, elle a pu se faire une idée de ce qu'on attendait d'elle et où aller. Avec onze autres jeunes, elle a choisi le village de Kapodo, à une demi-journée de Conakry en Afrique de l'Ouest, pour aider la population à maraîcher des champs et à construire un local de stockage pour les récoltes. Partie le 8 juillet, elle est revenue à Lutry le 28, après avoir vécu des moments très forts.

Conditions spartiates

Ils étaient trois garçons et huit filles entre 17 et 28 ans à se répartir les tâches que des coordinateurs locaux encadraient. Le couchage? Tous ensemble, sur des matelas posés sur le sol de l'école. La salle de bain? Un seau d'eau dans lequel on prend ce qu'il faut pour se laver. Luxe important, l'école comprend des toilettes, pas besoin de se rendre dans l'une des trois toilettes turques du village. Evidemment, il n'y a pas d'électricité. Mais, après une journée dans les champs, le sommeil vient vite. La journée commence par une bouillie de riz ou une omelette, avant le départ vers les champs ou la construction. Pour monter les murs, il faut qu'un nombre d'entre eux marchent jusqu'à la montagne chercher des pierres à casser pour en faire une sorte de sable à mélanger au ciment. D'autres vont chercher l'eau. Petit à petit, les murs du local qui sera couvert se montent, permettant de stocker les récoltes de la semaine qui ensuite seront transportées par pirogue jusqu'au marché du dimanche de l'autre côté du lac Samaya.

La pluie sert de douche

Dans les champs, il faut creuser, sarcler, planter et ramasser. Or c'est la saison des pluies. Elles sont journalières et denses. «Parfois, on restait exprès sous la pluie, ça nous permettait à la fois de nous doucher et de faire la lessive», explique Chloé avec un sourire. Petit problème, avec l'humidité ambiante, rien ne sèche... «Partout où nous nous déplacions, des enfants nous suivaient, ou nous donnaient la main en chantant, c'était très touchant». Dans les champs, ce sont surtout les femmes qui travaillent, les hommes pêchent ou font scooter taxi entre le lac et les villages. A 13h, le travail cesse et tout le monde retourne au village pour un repas partagé. Au menu, du riz, du poisson, du poulet, le tout recouvert d'oignons avec des patates et des choux. «C'est bon, mais très peu varié, heureusement il y a beaucoup de fruits exotiques très bons», se souvient Chloé.

Philosophie de vie

Une telle expérience est très marquante. «Quand je vois tout ce que nous possédons à titre individuel sans en avoir besoin, en comparaison d'une philosophie de vie basée sur l'entraide toutes générations confondues, ça donne le vertige. La plupart des villageois naissent et meurent sur place sans jamais rien voir d'autre. Le temps n'a pas de sens. Le rythme de vie non plus. C'est trop de différences. Je ne sais pas si je le referais. Pas tout de suite en tous les cas, d'autant plus que j'ai attrapé la malaria. Sur place les enfants sont touchés par la conjonctivite. Les décès sont fréquents et l'excision reste, par la fête qu'elle représente, une fierté des femmes». On est vulnérable quand on a 17 ans.

Nouvelle Planète

Basée à Lausanne, Nouvelle Planète est une organisation suisse à but non lucratif créée en 1986, neutre sur les plans confessionnel et politique. Nouvelle Planète agit sur deux plans. Le soutien des démarches de populations vivant en milieu rural en Afrique, Asie et Amérique latine pour améliorer leurs conditions de vie et les rendre plus autonomes, tout en protégeant leur environnement. Et l'organisation de voyages d'entraide qui permettent de découvrir des réalités perçues souvent comme lointaines. Le mot d'ordre est l'échange.

Infos sur: www.nouvelle-planete.ch

Date:12.09.2019
Parution: 964

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