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Le tennis prend l'eau

Montreux Situés au bord du lac à Territet, les six courts du club de tennis nécessitent une rénovation. Investissement: 900'000 frs. L'Exécutif invoque la dimension sociale de ce club, l'un des plus anciens de Suisse, fondé en 1890, qui compte 400 membres.

Le club a développé le tennis pour les enfants et le sport scolaire. Capelapictures.info.

Stéphane Armenti

Coïncidence du calendrier. La semaine où le Montreux Tennis Club (MTC) accueille l'Elixim Ladies Open, important tournoi féminin doté de 60'000 dollars, le projet municipal de rénovation de ses six courts arrive sur la table du Conseil communal, ce 4 septembre. «Ils ont 40-50 ans, justifie Marlyse Curchod, présidente du MTC, quand il pleut, l'eau ne s'évacue plus et la rénovation est une nécessité absolue». Un investissement de 900'000 frs est demandé. L'idée: verser en une fois la subvention annuelle de frs 45'000 frs, puis rien durant 20 ans.

Saison prolongée

Idéalement situé au bord du lac, à Territet, ce club - l'un des plus anciens de Suisse, fondé en 1890 - est une institution dans la région. Après avoir accueilli onze éditions de la Coupe Davis entre 1923 et 1955, il renoue avec le haut niveau, via ce tournoi, qui a vu passer Timea Bacsinszky. Mais si ces compétitions seront valorisées avec de nouveaux terrains, ce sont avant tout les habitants de la région qui pourront en bénéficier. Le club compte 400 membres. D'où la dimension sociale de ce projet mise en avant par l'Exécutif. Avec une surface en terre battue synthétique, la saison durera de mars à novembre, soit deux mois de plus qu'aujourd'hui. Autre avantage: «Quand il pleut, tout le monde doit attendre que le court sèche. Des jeunes doivent rentrer chez eux le mercredi après-midi parce que les terrains sont mouillés. Ça ne sera plus le cas avec notre nouveau revêtement», assure Marlyse Curchod.

Rien pour les actionnaires

Lors du pré débat, au Conseil communal, seul un élu s'étonne de voir une subvention octroyée sur les 20 prochaines années. «Et si le club fait des bénéfices?», questionne Dominik Hunziker. Pour cet UDC, un subside communal est plutôt destiné à une institution qui a des difficultés économiques. «La Commune soutient ce club parce que cela fait partie de ses objectifs: encourager la pratique sportive, explique au Régional Caleb Walther, municipal des sports. Le MTC répond à cet objectif en ouvrant largement le tennis à tous, enfants, adolescents, adultes. Par rapport aux bénéfices, si dans les années futures, le club fait de bons exercices financiers, il va les répercuter en diminuant leur prix ou va investir dans ses infrastructures. Ce club n'est pas une société à but lucratif, ils ne vont pas distribuer leur bénéfice à leurs actionnaires...».

Subventionner une élite ?

Quid de l'image élitiste du tennis bénéficiant d'aide publique? «Il suffit d'aller voir sur place pour voir que cela a changé, observe l'édile. Cela s'est démocratisé: il n'y a plus besoin de parrainage pour entrer dans le club, ils font aussi des efforts pour les enfants et les jeunes en organisant beaucoup d'activités, du sport scolaire par exemple». Marlyse Curchod confirme: «En 1890, quand le club a été fondé, il fallait un passeport anglais pour y entrer. Il y a 50 ans, il fallait être parrainé. Aujourd'hui, tout cela n'existe plus. Pour moi, c'est important que le club soit accessible à tout le monde. Nous avons par exemple développé le Kids tennis et 346 enfants participent à nos activités».

Audiorama vendu, les questions demeurent

800'000 frs, c'est le prix de vente de l'Audiorama, bâtiment historique Belle Epoque, ancien Grand Hôtel de Territet, tel que voté lors de cette même séance. Par 51 pour, 22 contre 5 abstentions, non sans questionner la probité de l'acheteur, Thierry Boutin de la société Palatin SA, présent dans la salle ce soir-là. Selon Alexandre Staeger, de Montreux Libre, «une simple recherche sur Internet indique qu'il a été condamné en France pour un délit d'initié. La sanction a été une amende de 1,2 million d'euros, ce qui est loin d'être anodin». Arguments balayés par le municipal PLR des finances Pierre Rochat: «L'acquéreur n'a pas à être qualifié. Il est prêt à investir les 800'000 frs et depuis deux ans, il manifeste de l'intérêt pour cet achat. Ce sont ces éléments qui importent». Aussi en débat, le prix de vente bas, qui étonne (lire Le Régional 951).

Date:12.09.2019
Parution: 964

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