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Bientôt sept municipaux ?

Vevey L'Exécutif pourrait passer de cinq à sept membres à partir de 2021. Une proposition de la droite qui reçoit un premier accueil favorable, y compris par la syndique. Avantages, selon l'Entente veveysanne: gestion des dossiers facilitée et meilleure représentativité des partis.

« Financièrement, nous en avons les moyens puisque nous payons déjà sept municipaux aujourd'hui ! » Yvan Luccarini, Décroissance-Alternatives

Textes: Amit Juillard

«Financièrement, nous en avons les moyens puisque nous en payons déjà sept aujourd'hui!» Hilarité dans les rangs du Conseil communal de Vevey, ce 12 septembre, davantage habitué aux passes d'armes parfois houleuses qu'aux rires. Par cette boutade, Yvan Luccarini rappelle que la Commune compte actuellement sept municipaux, dont trois suspendus et deux remplaçants. «Sans avoir d'avis sur la question», l'élu de Décroissance-Alternatives (DA) répond ainsi à une proposition de la droite «qui mérite un débat»: passer de cinq à sept édiles au sein de l'Exécutif dès la prochaine législature, en 2021.

«Vevey a mal à ses Municipaux depuis l'été 2016 en particulier mais, de manière générale et depuis plusieurs législatures, la Municipalité a beaucoup à faire et ne peut répondre à tout, faute de temps et d'énergie.» Quelques minutes plus tôt à la tribune, Patrick Bertschy (PLR) défend cette motion de l'Entente veveysanne (PLR, PDC, UDC, Verts-Libéraux).

«Nous souhaitons renforcer le statut de politicien de milice plutôt qu'une Municipalité professionnelle», affirme-t-il. En clair, augmenter le nombre de municipaux, mais réduire leur taux d'activité, de 60% à «par exemple 40%», pour leur permettre de garder une activité principale en dehors de l'administration. Leur réinsertion serait ainsi facilitée en cas de non-réélection. «D'autre part, vu l'augmentation constante du nombre de partis représentés au Conseil communal (réd: huit actuellement), cela garantirait une meilleure représentativité de la population», estime Patrick Bertschy. «Et permettrait d'apaiser le climat politique», avance Jean-Marc Roduit (PDC).

Une exception, avec Pully

Comme tous les autres partis, la gauche se dit ouverte à la discussion, mais les avis sont plus nuancés. Par exemple, la socialiste Isabel Jerbia avertit: «Il faut être conscient que ce serait toute l'administration qu'il faudrait revoir. Sept municipaux, ça veut dire de nouveaux chefs de service.» Et Alain Gonthier (DA) de souligner: «A sept, il faudra davantage de temps pour la coordination.» Au vote, une très large majorité – contre 4 non et 1 abstention – accepte la motion.

Jointe au lendemain de la séance, la syndique verte Elina Leimgruber promet le dépôt d'un préavis au plus tard au printemps 2020. «J'émets des réserves quant au pourcentage proposé. Vu notre charge de travail actuelle, avoir sept municipaux à seulement 40% me paraît difficile. A Montreux, c'est un 60%. Mais sur le fond, je vais dans le sens du Conseil communal.»

Selon nos recherches, seules Pully et Vevey fonctionnent avec une Municipalité à cinq membres parmi les huit villes de plus de 15'000 habitants du canton. En octobre 2014, un postulat similaire du PLR, demandant une Municipalité à sept, avait été refusé par le Conseil communal, suivant l'avis de l'Exécutif. A la fin du siècle dernier, une proposition identique avait été combattue par référendum. Le vent semble tourner.

Date:19.09.2019
Parution: 965

Municipalité in corpore mise en cause

«Démotivation», «insatisfaction», «problèmes de santé»: bon nombre des 13 chefs de services de la Ville de Vevey interrogés ont souffert de la crise qui secoue la Municipalité depuis près de deux ans, conclut l'audit mené à l'automne 2018 par Serdaly & Ankers et commandé par le Conseil d'Etat en mai de la même année. Pour mémoire, le Gouvernement avait suspendu Lionel Girardin, édile socialiste soupçonné de gestion déloyale, dans la foulée, puis ses collègues Michel Agnant et Jérôme Christen (Vevey Libre), accusés d'avoir violé leur secret de fonction, en décembre.

Le rapport, publié ce 6 septembre, mentionne en outre que «l'exposition au mobbing est importante pour trois collaborateurs». Pas de trace toutefois de harcèlement moral, verbal ou physique. La majorité des chefs de services «pose un regard très critique sur les agissements de certains municipaux, ainsi que sur la Municipalité». En cause notamment, «la communication envers l'extérieur» et «le manque de volonté des municipaux de résoudre les problèmes».

Les auditeurs se gardent néanmoins de pointer du doigt l'une ou l'autre des parties impliquées dans ce «conflit avéré»: «La responsabilité de la situation est partagée entre les membres de la Municipalité». Les deux camps – la syndique verte Elina Leimgruber et le PLR Etienne Rivier d'un côté, Michel Agnant et Jérôme Christen de l'autre – regrettent cette conclusion.

Le texte recommande entre autres à l'Exécutif de se faire accompagner en cas de retour des municipaux suspendus. A l'échelon cantonal, les auteurs suggèrent des modifications de la loi sur les communes. Objectifs: mieux définir la notion de collégialité ou encore permettre à l'Etat de suspendre ou de révoquer des municipaux sans requête de la Commune en certaines circonstances.

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