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L'administration s'installe à la gare

Le Bouveret Après quatorze mois de travaux et 3,7 mios investis, l'administration de Port-Valais et ses services – dont contrôle des habitants, contributions, cadastre, constructions – ouvre leurs portes dans l'ancienne station de la ligne de chemin de fer Monthey-Saint-Gingolph. Cette ancienne gare réhabilitée témoigne du passé glorieux de la ligne du Tonkin, haut lieu du trafic ferroviaire du Chablais vers la France. Visite.

L'Exécutif de Port-Valais devant la nouvelle administration (de g. à dr): Pierre Zoppelletto, Kevin Woeffray, Inès Carruzzo, Patrice Tamborini, Philippe Albisser, Emilio Raccio (manque Gregory Bueche).

Textes et photo: Stéphane Armenti

«L'administration était à l'étroit dans la villa Nauplia, c'était une belle opportunité de racheter en 2016 la gare aux CFF pour 950'000 frs.» souligne Kevin Woeffray, membre de l'Exécutif de la commune de Port-Valais, en charge de l'aménagement urbain. L'édile a piloté ces travaux qui font de l'ancien arrêt, jadis très fréquenté sur la ligne du Tonkin (voir encadré), le nouveau siège de l'administration communale.

Travaux non invasifs

«Avec émotion, je remets le bâtiment à la Commune et à la population» a-t-il indiqué lors de son inauguration le 13 septembre en présence du Conseil communal (exécutif), des architectes, des corps de métiers et de représentants du Canton du Valais. Complètement rénové, le bâtiment de 1926 a été mis aux normes actuelles, notamment parasismique, isolation, électricité. Ceci en respectant l'architecture d'origine. «Nous avons gagné ce concours pour notre proposition d'interventions non-invasives», confirme Toufiq Ismail-Meyer, du bureau Comanala-Ismail Architectes à Delémont, vainqueur du concours. Pour preuve, les matériaux d'époque sont conservés: 430 m2 de parquet ont été enlevés, nettoyés et reposés. Les fenêtres isolées et rénovées sont replacées, idem pour 570 m2 de tuiles du toit. Ce qui fait dire à Maria Portmann, du services des bâtiments, monuments et archéologie du canton du Valais: «C'est un exemple de qualité de restauration».

Services centralisés

Du point de vue pratique, tous les services communaux - notamment contrôle des habitants, contributions, cadastre, constructions - sont centralisés dans le bâtiment rénové. Autre intérêt pour la population, le hall d'entrée est un espace modulable à disposition des sociétés locales pour des activités ponctuelles, comme les assemblées générales. «A l'époque du Tonkin, 45 personnes travaillaient ici», s'enthousiasme Pierre Zoppelletto, président de Port-Valais. Avec cette rénovation, nul doute que le bâtiment sera à nouveau le centre de la commune.

Date:19.09.2019
Parution: 965

L'âge d'or de la ligne du Tonkin

En 1926, quand la gare du Bouveret est bâtie, c'est une halte importante de la fameuse ligne du Tonkin. Celle-ci relie alors Saint-Maurice à Saint-Gingolph puis Evian par le sud du lac Léman. Elle permet au Bouveret et à la région de connaître un fort développement économique. «Les trains français venaient jusqu'à chez nous, s'enthousiasme Kevin Woeffray, municipal de Port-Valais. La gare était vraiment un centre névralgique. Il y avait un vrai essor autour d'elle: les douanes, le chef de gare, etc.». Des voyageurs aussi. Ils séjournent dans les hôtels proches, aujourd'hui fermés, dont l'hôtel de la Forêt et le Grand Hôtel de l'Aiglon. Le trafic des marchandises est aussi fort. Par exemple durant la seconde guerre mondiale, avec, selon Wikipédia, 300 wagons de marchandises qui transitent chaque jour par la gare du Bouveret. A l'époque, c'est le seul point de passage franco-suisse resté ouvert. Les autres gares étant contrôlées par les occupants allemands.

Avec la fermeture de la ligne sur la partie française, en 1988 pour les marchandises et en 1998 pour la ligne touristique transportant encore des voyageurs, toute cette activité économique s'arrête.

Aujourd'hui, les autorités du Chablais vaudois et valaisan et plusieurs associations plaident pour restaurer la quinzaine de kilomètres désaffectés mais toujours existants du traçé. «Chaque jour ce sont 17'000 voitures qui passent par Le Bouveret, déplore Kevin Woeffray, cela éviterait bien des nuisances de pouvoir transférer une partie de ce trafic vers le rail».

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